n’est pas recevable, car il s’appuie sur un argument contraire à la grande majorité.
De plus, l’énoncé ne fait pas autorité : quand bien même il serait établi que le muṣḥaf d’Ubayy porte cette leçon, on pourrait en déduire qu’il est admissible de lire :
« Ce Jour-là, Allah leur donnera pleinement – la Vérité – leur rétribution », où « leur rétribution » (dīnahum) serait alors mis en apposition à « la Vérité ». Quant à la lecture : « dīnahumu l-ḥaqqa », « al-ḥaqqa » devient l’épithète de leur rétribution, et le sens en est fort approprié ; Allah – exalté soit-Il – mentionne en effet les malfaisants et informe qu’Il les rétribuera selon la stricte justice, comme Il dit :
« Et ne rétribuons-Nous (ainsi) que le dénégateur ? » (Sabaʾ, 17).
La rétribution qu’Allah – Très-Haut – réserve au mécréant et au malfaiteur se fait donc selon la vérité et l’équité, tandis que Sa rétribution envers le bienfaiteur se fait selon la bienveillance et la faveur.
« Et ils sauront qu’Allah est le Vrai, le Manifeste. » – « al-Ḥaqq » et « al-Mubīn » sont deux des Noms sublimes du Seigneur – exalté soit-Il – ; nous les avons exposés ailleurs, en particulier dans le Kitāb al-Asnā.
[An-Nūr, 24 : 26]
« Les impures sont pour les impurs, et les impurs pour les impures ; les bonnes sont pour les bons, et les bons pour les bonnes. Ceux-là sont innocentés de ce qu’ils (les calomniateurs) disent ; ils auront pardon et généreuse subsistance. »
Ibn Zayd a dit : « Le sens est : les femmes impures pour les hommes impurs, et inversement ; de même les femmes vertueuses pour les hommes vertueux, et inversement. »
Mujāhid, Ibn Jubayr, ʿAṭāʾ et la plupart des exégètes ont déclaré : « Il s’agit des paroles : les propos impurs reviennent aux hommes impurs, et les hommes impurs aux propos impurs ; de même, les bonnes paroles reviennent aux gens bons, et les gens bons aux bonnes paroles. »
An-Naḥḥās, dans son Maʿānī al-Qurʾān, dit : « C’est l’une des meilleures explications de ce verset. La preuve en est la suite : “Ceux-là sont innocentés de ce qu’ils disent”, c’est-à-dire que ʿĀʾishah et Ṣafwān sont blanchis des propos des hommes et des femmes impurs. »
On a également dit que ce verset s’appuie sur la parole divine : « Le fornicateur n’épouse qu’une fornicatrice ou une associatrice… » (An-Nūr, 3). Les “impures” sont alors les femmes débauchées, les “bonnes” les chastes, et il en est de même pour les hommes. An-Naḥḥās a aussi opté pour cette interprétation, qui rejoint celle d’Ibn Zayd.
« Ceux-là sont innocentés de ce qu’ils disent » – il s’agit ici de la catégorie en général.
D’autres ont dit qu’il s’agit précisément de ʿĀʾishah et de Ṣafwān ; le pluriel est alors employé comme dans la parole : « S’il a des frères… » (An-Nisāʾ, 11), alors que le sens visé est « deux frères », ainsi que l’a expliqué Al-Farā’.