Vingt-deuxième point – Ce verset constitue une preuve que la calomnie, bien qu’elle fasse partie des péchés majeurs, n’annule pas pour autant les œuvres. En effet, le Très-Haut a qualifié Mistah, après ses propos (diffamatoires), d’émigré et de croyant. Il en est ainsi pour l’ensemble des grands péchés ; aucune œuvre n’est définitivement réduite à néant, hormis dans le cas de l’association à Allah. Le Très-Haut a dit : « Si jamais tu associes, tes œuvres seront certes anéanties » (az-Zumar, 65).
Vingt-troisième point – Celui qui a juré de ne pas faire une chose et constate ensuite qu’il est préférable de la faire, qu’il la réalise donc puis procède à l’expiation de son serment, ou qu’il expie d’abord puis l’accomplisse, comme cela a été exposé dans la sourate « al-Mâʾidah ». Les juristes estiment que quiconque jure de s’abstenir définitivement d’une Sunna ou d’un acte recommandé entache sa probité, ce qui nuit à la recevabilité de son témoignage ; al-Bâjî le rapporte dans al-Muntaqâ.
Vingt-quatrième point – Parole du Très-Haut : « Que les gens de mérite et d’aisance parmi vous ne jurent pas… ». L’expression « lā yaʾtali » signifie : « qu’il ne prête pas serment » ; sa forme est « yaftaʿil » et provient de « al-ʾaliyyah » (le serment). Elle apparaît également dans la parole du Très-Haut : « Pour ceux qui font vœu d’abstinence vis-à-vis de leurs épouses… » (al-Baqarah), déjà commentée. Un autre groupe d’exégètes y voit le sens de « se montrer avare ou négligent » ; on dit en arabe « alawtu fī kadha » lorsque l’on manque à quelque chose. De là encore le verset : « Ils ne négligent rien qui puisse vous causer du tort » (Âl ʿImrân, 118).
Vingt-cinquième point – Parole du Très-Haut : « N’aimez-vous donc pas qu’Allah vous pardonne ? ». Il s’agit d’une comparaison et d’un argument : tout comme vous aimez qu’Allah efface vos fautes, pardonnez de même à ceux qui sont en dessous de vous. Ce sens rejoint la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui : « Celui qui ne fait pas miséricorde ne recevra pas miséricorde ».
Vingt-sixième point – Certains savants ont déclaré : « C’est là le verset le plus porteur d’espérance du Livre d’Allah », en raison de la délicatesse avec laquelle Allah s’adresse, par cette formule même, aux diffamateurs parmi les pécheurs. D’autres ont dit que le verset le plus porteur d’espérance est la parole du Très-Haut : « Annonce aux croyants qu’ils auront de la part d’Allah une faveur immense » (al-Ahzâb, 47). Or, Allah – exalté soit-Il – a expliqué ailleurs la nature de cette « faveur immense » : « Quant à ceux qui ont cru et accompli des œuvres pies, ils seront dans les jardins luxuriants ; ils y trouveront auprès de leur Seigneur tout ce qu’ils désireront. Tel est le bienfait immense » (ach-Shûrâ, 22). Ainsi, Il a détaillé le contenu de cette faveur dans ce verset, tout en en annonçant la bonne nouvelle aux croyants dans l’autre. Parmi les versets suscitant l’espérance figure également Sa parole : « Dis : “Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès contre vous-mêmes…” » (az-Zumar, 53).