Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La majorité des récitateurs ont lu le mot « خُطُواتِ » (khuṭuwāti) en prononçant la lettre ṭā’ avec ḍamma. ʿĀṣim et al-Aʿmaš, eux, l’ont lue en la maintenant au repos (sukūn).

La majorité également ont récité l’expression « مَا زَكَى » (mā zakā) avec un kāf allégé, c’est-à-dire sans redoublement ; le sens en est : « il n’aurait jamais été guidé, n’aurait pas embrassé l’Islam, ni connu la rectitude ».
On a aussi dit que « مَا زَكَى » signifie : « il ne se serait jamais amendé ». On dit en arabe : zakā yazkū zakā’an, c’est-à-dire « il s’est amélioré ».
Al-Ḥasan et Abū Ḥaywah ont, quant à eux, accentué la consonne (zak-kā), pour souligner que la purification, l’assainissement et la guidance dont vous bénéficiez ne proviennent que de Sa grâce, et nullement de vos œuvres.

Al-Kisāʾī a déclaré : le passage – « Ô vous qui croyez ! Ne suivez pas les traces de Satan » – constitue une parenthèse. Puis la phrase : « aucun d’entre vous ne se serait jamais purifié » répond à l’énoncé, répété deux fois, « et si ce n’était la grâce d’Allah sur vous… ».

Vingt-et-unième point
Parole du Très-Haut :
« Et que les gens de largesse et d’aisance parmi vous ne jurent pas… » (la ʾāya).

Le récit le plus connu rapporte que ce verset fut révélé à propos d’Abū Bakr ibn Abī Quḥāfa – qu’Allah l’agrée – et de Miṣṭaḥ ibn Uthātha. Celui-ci, fils de la cousine d’Abū Bakr, comptait parmi les pauvres émigrés ayant participé à Badr. Il se nommait Miṣṭaḥ ibn Uthātha ibn ʿAbbād ibn al-Muṭṭalib ibn ʿAbd Manāf ; d’aucuns disent que son nom était ʿAwf et que « Miṣṭaḥ » était un surnom.

Abū Bakr, en raison de leur parenté et de l’indigence de Miṣṭaḥ, subvient à ses besoins. Lorsque survint l’affaire de la calomnie (al-ifk) et que Miṣṭaḥ prononça ce qu’il prononça, Abū Bakr jura de ne plus rien dépenser pour lui ni de lui procurer aucun bienfait, à jamais.

Miṣṭaḥ vint alors s’excuser, disant : « Je ne faisais que fréquenter les assemblées de Ḥassān ; j’entendais (les propos) sans rien dire. » Abū Bakr lui rétorqua : « Tu as pourtant ri et pris part à ce qui a été dit », puis il resta ferme sur son serment. C’est alors que le verset fut révélé.

Ad-Ḍaḥḥāk et Ibn ʿAbbās rapportent qu’un groupe de croyants avaient décidé de couper toute assistance à quiconque avait parlé de la calomnie, déclarant : « Par Allah ! Nous ne secourrons plus ceux qui se sont mêlés de l’affaire de ʿĀʾisha ». Le verset descendit donc à leur sujet également. La première version demeure cependant la plus authentique, tout en indiquant que l’injonction demeure valable pour la communauté jusqu’au Jour dernier : qu’un homme de générosité et d’aisance ne se laisse pas emporter par le courroux au point de jurer de ne plus jamais aider celui qui a fauté.

Il est rapporté dans le Ṣaḥīḥ qu’au moment où Allah – Béni et Très-Haut – fit descendre les dix versets débutant par : « En vérité, ceux qui ont propagé la calomnie sont un groupe parmi vous… », Abū Bakr, qui entretenait Miṣṭaḥ par souci de parenté et à cause de sa pauvreté, dit : « Par Allah ! Je ne l’aiderai désormais plus en rien après ce qu’il a dit au sujet de ʿĀʾisha ». Alors Allah fit descendre :
« Que les gens de largesse et d’aisance parmi vous ne jurent pas… »
jusqu’à Sa parole :
« N’aimez-vous donc pas qu’Allah vous pardonne ? »

ʿAbd Allāh ibn al-Mubārak déclara : « Voilà le verset le plus porteur d’espérance dans le Livre d’Allah, Exalté soit-Il ».

Abū Bakr – qu’Allah l’agrée – s’exclama alors : « Par Allah ! J’aime qu’Allah me pardonne ». Il revint donc vers Miṣṭaḥ, reprit la pension qu’il lui versait et dit : « Je ne la lui retirerai plus jamais ».

وَقَرَأَ الْجُمْهُورُ " خُطُواتِ" بِضَمِّ الطَّاءِ. وَسَكَّنَهَا عَاصِمٌ وَالْأَعْمَشُ. وَقَرَأَ الْجُمْهُورُ: " مَا زَكى " بِتَخْفِيفِ الْكَافِ، أَيْ مَا اهْتَدَى وَلَا أَسْلَمَ وَلَا عَرَفَ رُشْدًا. وَقِيلَ: " مَا زَكى " أَيْ مَا صَلَحَ، يُقَالُ: زَكَا يَزْكُو زَكَاءً، أَيْ صَلَحَ. وَشَدَّدَهَا الْحَسَنُ وَأَبُو حَيْوَةَ، أَيْ أَنَّ تَزْكِيَتَهُ لَكُمْ وَتَطْهِيرَهُ وَهِدَايَتَهُ إِنَّمَا هِيَ بِفَضْلِهِ لَا بِأَعْمَالِكُمْ. وَقَالَ الْكِسَائِيُّ: " يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَتَّبِعُوا خُطُواتِ الشَّيْطانِ" مُعْتَرِضٌ، وَقَوْلُهُ: " مَا زَكى مِنْكُمْ مِنْ أَحَدٍ أَبَداً" جَوَابٌ لِقَوْلِهِ أَوَّلًا وثانيا: " وَلَوْلا فَضْلُ اللَّهِ عَلَيْكُمْ" . الْحَادِيَةُ وَالْعِشْرُونَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلا يَأْتَلِ أُولُوا الْفَضْلِ مِنْكُمْ وَالسَّعَةِ) الْآيَةَ. الْمَشْهُورُ مِنَ الرِّوَايَاتِ أَنَّ هَذِهِ الْآيَةَ نَزَلَتْ فِي قِصَّةِ أَبِي بَكْرِ بْنِ أَبِي قُحَافَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَمِسْطَحِ بْنِ أُثَاثَةَ. وَذَلِكَ أَنَّهُ كَانَ ابْنَ بِنْتِ خَالَتِهِ وَكَانَ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ الْبَدْرِيِّينَ الْمَسَاكِينِ. وهو مسطح بن أثاثة ابن عَبَّادِ بْنِ الْمُطَّلِبِ بْنِ عَبْدِ مَنَافٍ. وَقِيلَ: اسْمُهُ عَوْفٌ، وَمِسْطَحٌ لَقَبٌ. وَكَانَ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ يُنْفِقُ عَلَيْهِ لِمَسْكَنَتِهِ وَقَرَابَتِهِ، فَلَمَّا وَقَعَ أَمْرُ الْإِفْكِ وَقَالَ فِيهِ مِسْطَحٌ مَا قَالَ، حَلَفَ أَبُو بَكْرٍ أَلَّا يُنْفِقَ عَلَيْهِ وَلَا يَنْفَعَهُ بِنَافِعَةٍ أَبَدًا، فَجَاءَ مِسْطَحٌ فَاعْتَذَرَ وَقَالَ: إِنَّمَا كُنْتُ أَغْشَى مَجَالِسَ حَسَّانَ فَأَسْمَعُ وَلَا أَقُولُ. فَقَالَ لَهُ أَبُو بَكْرٍ: لَقَدْ ضَحِكْتَ وَشَارَكْتَ فِيمَا قِيلَ، وَمَرَّ عَلَى يَمِينِهِ، فَنَزَلَتِ الْآيَةُ. وَقَالَ الضَّحَّاكُ وَابْنُ عَبَّاسٍ: إِنَّ جَمَاعَةً مِنَ الْمُؤْمِنِينَ قَطَعُوا مَنَافِعَهُمْ عَنْ كُلِّ مَنْ قَالَ فِي الْإِفْكِ وَقَالُوا: وَاللَّهِ لَا نَصِلُ مَنْ تَكَلَّمَ فِي شَأْنِ عَائِشَةَ، فَنَزَلَتِ الْآيَةُ فِي جَمِيعِهِمْ. وَالْأَوَّلُ أَصَحُّ، غَيْرَ أَنَّ الْآيَةَ تَتَنَاوَلُ الْأُمَّةَ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ بِأَلَّا يَغْتَاظَ ذُو فَضْلٍ وَسَعَةٍ فَيَحْلِفَ أَلَّا ينفع من هذه صفته غابر الدهر. وروى الصَّحِيحِ أَنَّ اللَّهَ تَبَارَكَ وَتَعَالَى لَمَّا أَنْزَلَ: " إِنَّ الَّذِينَ جاؤُ بِالْإِفْكِ عُصْبَةٌ مِنْكُمْ" الْعَشْرَ آيَاتٍ، قَالَ أَبُو بَكْرٍ وَكَانَ يُنْفِقُ عَلَى مِسْطَحٍ لِقَرَابَتِهِ وَفَقْرِهِ: وَاللَّهِ لَا أُنْفِقُ عَلَيْهِ شَيْئًا أَبَدًا بَعْدَ الَّذِي قَالَ لِعَائِشَةَ، فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى: " وَلا يَأْتَلِ أُولُوا الْفَضْلِ مِنْكُمْ وَالسَّعَةِ" إِلَى قَوْلِهِ- " أَلا تُحِبُّونَ أَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَكُمْ" . قَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ الْمُبَارَكِ: هَذِهِ أَرْجَى آيَةٍ فِي كِتَابِ اللَّهِ تَعَالَى، فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ رضى الله عنه: وَاللَّهِ إِنِّي لَأُحِبُّ أَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لِي، فَرَجَعَ إِلَى مِسْطَحٍ النَّفَقَةَ الَّتِي كَانَ يُنْفِقُ عَلَيْهِ وَقَالَ: لَا أَنْزِعُهَا مِنْهُ أَبَدًا.

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