Quatorzièmement –
Parole du Très-Haut :
« Et si, lorsque vous l’avez entendu, vous aviez dit : “Il ne nous appartient pas d’en parler ; Gloire à Toi ! C’est là une calomnie énorme.” Allah vous exhorte à ne plus jamais revenir à rien de semblable, si vous êtes croyants. Allah vous expose les versets ; Allah est Omniscient, Sage. »
Il s’agit là d’un blâme adressé à l’ensemble des croyants : il vous incombait de dénoncer cette accusation, de ne pas la relayer les uns aux autres sous forme de récit ou de transmission, et de tenir Allah – Exalté soit-Il – au-dessus de l’idée qu’une telle chose puisse se produire de la part de l’épouse de Son Prophète – paix et salut sur lui. Vous deviez juger pareille parole comme une pure calomnie. En effet, la véritable calomnie consiste à attribuer à quelqu’un ce qu’il ne porte pas en lui, tandis que la médisance consiste à mentionner chez quelqu’un ce qui s’y trouve réellement ; ce sens est rapporté dans un ḥadith authentique du Prophète – paix et salut sur lui. Ensuite, Allah – Très-Haut – les a admonestés afin qu’ils ne retombent jamais dans une situation semblable. Le terme « an » (que) est ici complément de cause ; on le comprend comme : « par aversion à l’idée de… » ou expression similaire.
Quinzièmement –
Parole du Très-Haut :
« … si vous êtes croyants. »
C’est une mise en demeure et une insistance, semblable à l’expression : « Il convient que tu fasses telle ou telle chose, si tu es un homme. »
Seizièmement –
Parole du Très-Haut :
« Allah vous exhorte à ne plus jamais revenir à rien de semblable. »
Il s’agit ici du cas d’‘Āʾicha ; car rien de comparable ne peut viser que la même personne, ou quelqu’un de son rang parmi les épouses du Prophète – paix et salut sur lui –, puisqu’une telle accusation porte atteinte à l’honneur du Messager d’Allah – paix et salut sur lui – et à sa famille, ce qui constitue, de la part de celui qui s’y livre, un acte de mécréance.
Dix-septièmement –
Hishām ibn ‘Ammār rapporte avoir entendu Mālik dire : « Celui qui injurie Abū Bakr et ‘Umar est châtié, tandis que celui qui injurie ‘Āʾicha est mis à mort ; car Allah – Très-Haut – dit : “Allah vous exhorte à ne plus jamais revenir à rien de semblable, si vous êtes croyants.” Quiconque injurie ‘Āʾicha contredit le Coran, et celui qui contredit le Coran est passible de la peine capitale. »
Ibn al-‘Arabī dit : « Les compagnons de l’imâm al-Shāfi‘ī affirment que celui qui insulte ‘Āʾicha – qu’Allah l’agrée – est châtié comme le serait tout croyant, et que l’expression : “si vous êtes croyants” n’implique pas que l’acte constitue en soi une mécréance. Elle s’entend plutôt comme dans la parole du Prophète – paix et salut sur lui : “Ne croit pas vraiment celui dont le voisin n’est pas à l’abri de son mal.” Si la privation de foi, dans l’injure faite à ‘Āʾicha, devait être littérale, il en serait de même pour la parole prophétique : “Le fornicateur, lorsqu’il fornique, n’est pas croyant.” Or il n’en est rien. »
Nous disons : « Il n’en est pas comme vous le prétendez, car… »