Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Douzièmement –
Parole du Très-Haut :

« lorsque vous le receviez de vos langues »

Mohammad b. al-Samayqa‘ l’a récité en prononçant la lettre tā’ ḍamma, en laissant le lām atone et en prononçant le qāf ḍamma – dérivé du verbe al-ilqā’ (jeter, transmettre) ; c’est une récitation explicite.

Ubayy et Ibn Mas‘ūd ont lu : « idh tatalaqqawnahu » avec deux tā’ – issu de al-talqī (recevoir).

La majorité des Sept a lu avec une seule tā’ et en faisant entendre la dhāl sans assimilation ; cela aussi relève de al-talqī.

Abū ‘Amr, Ḥamza et al-Kisā’ī ont lu en assimilant la dhāl à la tā’.

Ibn Kathīr a lu en faisant entendre la dhāl et en assimilant la tā’ à la tā’ ; c’est une lecture malcommode, car elle impose la rencontre de deux lettres muettes, contrairement à l’assimilation dans la lecture de ceux qui prononcent : « fa-lā tanājaw » et « wa-lā tanābazū », où intervient auparavant une alif muette ; son caractère de lettre de prolongation y rend l’assimilation harmonieuse, ce qui n’est pas le cas avec la dhāl muette.

Ibn Ya‘mur et ‘Ā’isha – qu’Allāh les agrée tous deux, eux qui étaient les plus savants en la matière – lisaient : « idh talaqqawnahu » en ouvrant la tā’, en cassant le lām et en prononçant le qāf ḍamma.

Le sens de cette lecture provient de l’expression arabe : walaqa l-rajulu yaliqu walqan, lorsqu’un homme ment et persévère dans son mensonge ; on a ici employé la forme transitive pour attester de la non-transitive.

Ibn ‘Aṭiyya dit : « À mon avis, il a voulu dire : idh taliqūna fīhi ; la préposition a donc été omise et le pronom s’est rattaché. »

Al-Khalīl et Abū ‘Amr disent : l’origine du mot walq est la célérité ; on dit : « jā’at al-ibilu taliqu » – les chameaux sont arrivés en hâte.

Le poète a dit :
« Quand ils virent une armée fondre sur eux de nuit,
ils accoururent en essaims de Syrie, rapides (walaq).
Certes al-Ḥuṣayn est agile, rapide (zaliq) et prompt (zummaliq),
l’ayant apporté une chamelle robuste
venue de Syrie, rapide (taliq). »

On dit : un homme zaliq, zummaliq – sur le modèle de hudabid – ou zumāliq, zum̆maliq (avec redoublement du mīm) ; c’est celui qui éjacule avant d’avoir des rapports.
Le rimeur a dit :
« Certes al-Ḥuṣayn est agile, prompt (zaliq, zummaliq). »

Le walq désigne aussi un coup d’estoc plus léger ; l’expression « walaqahu b-sayfi walqāt » signifie : il lui porta des coups d’épée ; c’est donc un terme polysémique.

Treizièmement –
Parole du Très-Haut :

« et vous le disiez de vos propres bouches »

Il s’agit d’une hyperbole, d’une mise en demeure et d’une insistance. Le pronom dans « taḥsabūnahu » renvoie au propos lui-même, au fait d’en parler et de le propager. « Hayyinan » signifie : une chose aisée, insignifiante, dont vous pensiez qu’aucun péché ne vous atteindrait. « Or, auprès d’Allāh, il est grave en culpabilité ». C’est analogue à la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui – au sujet des deux hommes de la tombe :

« Ils sont certes châtiés, mais ils ne sont pas châtiés pour une chose considérée grave par vous. »

الثَّانِيَةَ عَشْرَةَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِذْ تَلَقَّوْنَهُ بِأَلْسِنَتِكُمْ) قِرَاءَةُ مُحَمَّدِ بْنِ السَّمَيْقَعِ بِضَمِّ التَّاءِ وَسُكُونِ اللَّامِ وَضَمِّ الْقَافِ، مِنَ الْإِلْقَاءِ، وَهَذِهِ قِرَاءَةٌ بَيِّنَةٌ. وَقَرَأَ أُبَيٌّ وَابْنُ مَسْعُودٍ: " إِذْ تَتَلَقَّوْنَهُ" مِنَ التَّلَقِّي، بِتَاءَيْنِ. وَقَرَأَ جُمْهُورُ السَّبْعَةِ: بِحَرْفِ التَّاءِ الْوَاحِدَةِ وَإِظْهَارِ الذَّالِ دُونَ إِدْغَامٍ، وَهَذَا أَيْضًا مِنَ التَّلَقِّي. وَقَرَأَ أَبُو عَمْرٍو وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ: بِإِدْغَامِ الذَّالِ فِي التَّاءِ. وَقَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ: بِإِظْهَارِ الذَّالِ وَإِدْغَامِ التَّاءِ فِي التَّاءِ، وَهَذِهِ قِرَاءَةٌ قَلِقَةٌ، لِأَنَّهَا تَقْتَضِي اجْتِمَاعَ سَاكِنَيْنِ، وَلَيْسَتْ كَالْإِدْغَامِ فِي قِرَاءَةِ مَنْ قَرَأَ: " فَلَا تَنَاجَوْا. وَلَا تَنَابَزُوا" لِأَنَّ دُونَهُ الْأَلِفَ السَّاكِنَةَ، وَكَوْنُهَا حَرْفَ لِينٍ حَسُنَتْ هُنَالِكَ مَا لَا تَحْسُنُ مَعَ سُكُونِ الذَّالِ. وَقَرَأَ ابْنُ يَعْمُرَ وَعَائِشَةُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا- وَهُمْ أَعْلَمُ النَّاسِ بِهَذَا الْأَمْرِ- " إِذْ تَلَقَّوْنَهُ" بِفَتْحِ التَّاءِ وَكَسْرِ اللَّامِ وَضَمِّ الْقَافِ، وَمَعْنَى هَذِهِ الْقِرَاءَةِ مِنْ قَوْلِ الْعَرَبِ: وَلَقَ الرَّجُلُ يَلِقُ وَلْقًا إِذَا كَذَبَ وَاسْتَمَرَّ عَلَيْهِ، فَجَاءُوا بِالْمُتَعَدِّي شَاهِدًا عَلَى غَيْرِ الْمُتَعَدِّي. قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَعِنْدِي أَنَّهُ أَرَادَ إِذْ تَلِقُونَ فِيهِ، فَحُذِفَ حَرْفُ الْجَرِّ فَاتَّصَلَ الضَّمِيرُ. وَقَالَ الْخَلِيلُ وَأَبُو عَمْرٍو: أَصْلُ الْوَلْقِ الْإِسْرَاعُ، يُقَالُ: جَاءَتِ الْإِبِلُ تَلِقُ، أَيْ تُسْرِعُ. قَالَ: لَمَّا رَأَوْا جَيْشًا عَلَيْهِمْ قَدْ طَرَقْ ... جَاءُوا بِأَسْرَابٍ مِنَ الشَّأْمِ وَلِقْ إِنَّ الْحُصَيْنَ زَلِقٌ وَزُمَّلِقْ ... جَاءَتْ بِهِ عَنْسٌ «١» مِنَ الشَّأْمِ تَلِقْ يُقَالُ: رَجُلٌ زَلِقٌ وَزُمَّلِقٌ، مِثَالُ هُدَبِدٌ، وَزُمَالِقٌ وَزُمَّلِقٌ (بِتَشْدِيدِ الْمِيمِ) وَهُوَ الَّذِي يُنْزِلُ قَبْلَ أَنْ يُجَامِعَ، قَالَ الرَّاجِزُ: إِنَّ الْحُصَيْنَ زَلِقٌ وَزُمَّلِقٌ وَالْوَلْقُ أَيْضًا أَخَفُّ الطَّعْنِ. وَقَدْ وَلَقَهُ يَلِقُهُ وَلْقًا. يُقَالُ: وَلَقَهُ بِالسَّيْفِ وَلَقَاتٍ، أَيْ ضَرَبَاتٍ، فَهُوَ مُشْتَرَكٌ. الثَّالِثَةَ عَشْرَةَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَتَقُولُونَ بِأَفْواهِكُمْ) مُبَالَغَةٌ وَإِلْزَامٌ وَتَأْكِيدٌ. الضمير فِي (تَحْسَبُونَهُ) عَائِدٌ عَلَى الْحَدِيثِ وَالْخَوْضِ فِيهِ والإذاعة له. و (هَيِّناً) أي سيئا يَسِيرًا لَا يَلْحَقُكُمْ فِيهِ إِثْمٌ. (وَهُوَ عِنْدَ اللَّهِ) فِي الْوِزْرِ (عَظِيمٌ) . وَهَذَا مِثْلُ قَوْلِهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ فِي حَدِيثِ الْقَبْرَيْنِ: (إِنَّهُمَا لَيُعَذَّبَانِ وَمَا يُعَذَّبَانِ فِي كَبِيرٍ) أَيْ بِالنِّسْبَةِ إِلَيْكُمْ.
(١). العنس: الناقة القوية.

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