Et la femme également : on leur appliqua donc la peine légale.
On les nomma :
– Ḥassân ibn Thâbit,
– Misṭaḥ ibn Uthâtha,
– Ḥamna bint Ǧaḥsh.
Dans le recueil d’al-Ṭaḥâwî on lit : « quatre-vingts, quatre-vingts » – c’est-à-dire quatre-vingts coups pour chacun.
Nos savants ont expliqué que ‘Abd Allâh ibn Ubayy ne fut pas châtié, car Allâh – Très-Haut – lui a préparé, dans l’Au-delà, un châtiment immense ; s’il avait été puni ici-bas, cela eût diminué et allégé son tourment futur. En outre, Allâh – Exalté soit-Il – a attesté l’innocence de ‘Â’isha – qu’Allâh l’agrée – et proclamé le mensonge de quiconque l’a accusée ; l’objectif du ḥadd étant précisément de manifester la fausseté du calomniateur et l’innocence de la personne diffamée, ce but était déjà atteint, comme le dit le Très-Haut :
« S’ils ne produisent pas quatre témoins, alors, auprès d’Allâh, ce sont eux les menteurs. »
Quant à ces musulmans, ils furent flagellés afin que leur péché de diffamation soit expié et qu’aucune responsabilité ne leur reste à supporter dans l’Au-delà ; le Prophète ﷺ a, en effet, déclaré au sujet des peines légales : « Elles constituent une expiation pour celui sur qui elles sont exécutées », ainsi que cela est rapporté dans le ḥadith de ‘Ubâda ibn al-Ṣâmit.
Il est aussi possible de dire que l’on abandonna la peine à l’encontre d’ibn Ubayy pour ménager son clan, par considération pour son fils, et afin d’éteindre l’étincelle de la fitna que cela aurait pu rallumer ; ses prémices étaient déjà apparues chez Sa‘d ibn ‘Ubâda et chez les siens, comme l’atteste le Ṣaḥîḥ de Muslim. – Allâh sait mieux.
Septième point
Parole d’Allâh :
« Pourquoi, lorsque vous l’avez entendu, les croyants et les croyantes n’ont-ils pas pensé du bien à propos d’eux-mêmes ? »
Ceci est un reproche du Dieu Très-Pur aux croyants quant au soupçon qu’ils nourrirent lorsque les instigateurs du mensonge proférèrent leurs propos.
Ibn Zayd dit : « Les croyants se dirent qu’un croyant ne peut commettre l’adultère avec sa mère. »
Al-Mahdawî rapporte la même explication. Le terme « law-lâ » signifie ici « hal-lâ » (Pourquoi donc ?).
On a encore dit : le sens est qu’il appartenait aux croyants et croyantes vertueux de prendre eux-mêmes pour mesure ; si un tel acte leur paraît inconcevable à eux-mêmes, il l’est à plus forte raison pour ‘Â’isha et Ṣafwân.
On rapporte que ce raisonnement sain fut effectivement adopté par Abû Ayyûb al-Anṣârî et son épouse : il entra un jour auprès d’elle et elle lui dit : « Ô Abû Ayyûb, as-tu entendu ce qui se propage ? » – « Oui, répondit-il, et c’est un pur mensonge. Serais-tu toi, ô Umm Ayyûb, capable d’une telle chose ? » – « Par Allâh, non ! » – « Eh bien, ‘Â’isha, par Allâh, est meilleure que toi », dit-il, et elle acquiesça.
Un tel comportement – et tout ce qui y ressemble – est précisément ce à propos de quoi Allâh a réprimandé les croyants, parce que tous ne l’adoptèrent pas.
Huitième point
Parole d’Allâh :
« … à propos d’eux-mêmes ( bi-anfusihim ). »
Al-Naḥḥâs explique : le sens de « bi-anfusihim » est « au sujet de leurs frères ». Allâh impose donc aux musulmans que, lorsqu’ils entendent quelqu’un accuser une personne et lui imputer une turpitude qui n’est pas connue de lui, ils doivent la réprouver et le démentir ; Il a menacé celui qui néglige cette obligation ou qui relaie la calomnie.