Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Il comprend vingt-huit questions »
Première question –
La parole du Très-Haut :
« Ceux qui ont rapporté la calomnie sont un groupe d’entre vous. »

Le mot « ʿuṣbah » (groupe) est le prédicat de la particule « inna ». Il est toutefois permis de le mettre à l’accusatif comme complément circonstanciel ; dans ce cas, le prédicat serait : « À chacun d’eux revient la part de péché qu’il a acquise. »

La cause de la révélation de ce verset est le long récit de l’Ifk relatif à l’affaire de ʿÂʾisha – qu’Allah l’agrée. Ce récit authentique et très célèbre dispense qu’on le cite en entier ; un résumé en sera donné plus loin. Al-Bukhârî l’a rapporté de façon suspendue, et son récit est le plus complet.

Il rapporte ainsi : Usâma, d’après Hishâm ibn ʿUrwa, d’après son père, d’après ʿÂʾisha… Il le rapporte aussi, par la chaîne de transmission de Muḥammad ibn Kathîr, d’après son frère Sulaymân, dans le hadith de Masrûq, d’après Umm Rumân – la mère de ʿÂʾisha – qui dit : « Lorsque ʿÂʾisha fut mise en accusation, elle s’évanouit. »

Mûsâ ibn Ismâʿîl rapporte, dans le hadith d’Abû Wâʾil : Masrûq ibn al-Ajdaʿ m’a raconté que Umm Rumân, la mère de ʿÂʾisha, lui dit : « Tandis que j’étais assise avec ʿÂʾisha, une femme des Anṣâr entra et s’écria : “Qu’Allah traite Untel et Untel comme ils le méritent !” Je lui demandai : “Qu’y a-t-il ?” Elle dit : “Je fais partie de ceux qui ont colporté cette histoire.” – “Quelle histoire ?” demandai-je. Elle répondit : “Celle-ci, celle-là…”

ʿÂʾisha dit alors : “Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – en a-t-il eu connaissance ?” – “Oui”, répondit-elle. “Et Abû Bakr ?” – “Oui.” Là-dessus, ʿÂʾisha s’effondra, sans connaissance. Lorsqu’elle reprit ses esprits, elle était prise d’une violente fièvre (2). Je la couvris de ses vêtements. Le Prophète – paix et salut sur lui – vint et demanda : « Qu’a-t-elle donc ? » Je répondis : « Ô Messager d’Allah, la fièvre l’a saisie. » Il dit : « Serait-ce à propos d’un propos qui circule à son sujet ? » – « Oui », répondis-je.

ʿÂʾisha s’assit alors et déclara : « Par Allah ! Si je jure, vous ne me croirez pas, et si je me tais, vous ne m’excuserez pas. Mon cas et le vôtre ressemblent à Jacob et ses fils (3) : “Allah est Celui dont on implore le secours contre ce que vous décrivez.” »

Elle poursuit : « Le Prophète partit sans rien dire, puis Allah fit descendre mon innocence. » Et elle dit : « Louange à Allah, non à la louange de quiconque, pas même à la tienne. »

Abû ʿAbdillâh al-Humaydî rapporte : « Certains des maîtres du ḥadîth de Bagdad que nous avons rencontrés disaient : le caractère mursal de ce récit est plus manifeste, car Umm Rumân est décédée du vivant du Messager d’Allah – paix et salut sur lui –, tandis que Masrûq n’a pas connu le Prophète – paix et salut sur lui –, cela sans contestation. »

Al-Bukhârî rapporte encore, par la voie de ʿUbaydullâh ibn ʿAbdillâh ibn Abî Mulayka, que ʿÂʾisha récitait : « Lorsque vous le receviez… »

«فيه ثمان وَعِشْرُونَ مَسْأَلَةً» : الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّ الَّذِينَ جاؤُ بِالْإِفْكِ عُصْبَةٌ مِنْكُمْ) " عُصْبَةٌ" خَبَرُ " إِنَّ" . وَيَجُوزُ نَصْبُهَا عَلَى الْحَالِ، وَيَكُونُ الْخَبَرُ " لِكُلِّ امْرِئٍ مِنْهُمْ مَا اكْتَسَبَ مِنَ الْإِثْمِ" . وَسَبَبُ نُزُولِهَا مَا رَوَاهُ الْأَئِمَّةُ مِنْ حَدِيثِ الْإِفْكِ الطَّوِيلِ فِي قِصَّةِ عَائِشَةَ رِضْوَانُ اللَّهِ عَلَيْهَا، وَهُوَ خَبَرٌ صَحِيحٌ مَشْهُورٌ، أَغْنَى اشْتِهَارُهُ عَنْ ذِكْرِهِ، وَسَيَأْتِي مُخْتَصَرًا. وَأَخْرَجَهُ الْبُخَارِيُّ تَعْلِيقًا، وَحَدِيثُهُ أَتَمُّ. قَالَ: وَقَالَ أُسَامَةَ عَنْ هِشَامِ بْنِ عُرْوَةَ عَنْ أَبِيهِ عَنْ عَائِشَةَ، وَأَخْرَجَهُ أَيْضًا عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ كَثِيرٍ عَنْ أَخِيهِ سُلَيْمَانَ مِنْ حَدِيثِ مَسْرُوقٍ عَنْ أُمِّ رُومَانَ أُمِّ عَائِشَةَ أَنَّهَا قَالَتْ: لَمَّا رُمِيَتْ عَائِشَةُ خَرَّتْ مَغْشِيًّا عَلَيْهَا. وَعَنْ مُوسَى بْنِ إِسْمَاعِيلَ مِنْ حَدِيثِ أَبِي وَائِلٍ قَالَ: حَدَّثَنِي مَسْرُوقُ بْنُ الْأَجْدَعِ قَالَ حَدَّثَتْنِي أُمُّ رُومَانَ وَهِيَ أُمُّ عَائِشَةَ قَالَتْ: بَيْنَا أَنَا قَاعِدَةٌ أَنَا وَعَائِشَةُ إِذْ وَلَجَتِ امْرَأَةٌ مِنَ الْأَنْصَارِ فَقَالَتْ: فَعَلَ اللَّهُ بفلان وفعل [بفلان] فقالت أم رومان: وما ذاك؟ قالت إننى فِيمَنْ حَدَّثَ الْحَدِيثَ! قَالَتْ: وَمَا ذَاكَ؟ قَالَتْ كَذَا وَكَذَا. قَالَتْ عَائِشَةُ: سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ؟ قَالَتْ نَعَمْ. قَالَتْ: وَأَبُو بَكْرٍ؟ قَالَتْ نَعَمْ! فَخَرَّتْ مَغْشِيًّا عَلَيْهَا، فَمَا أَفَاقَتْ إِلَّا وَعَلَيْهَا حُمَّى بِنَافِضٍ «٢» فَطَرَحْتُ عَلَيْهَا ثِيَابَهَا فَغَطَّيْتُهَا: فَجَاءَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: (مَا شَأْنُ هَذِهِ؟) فَقُلْتُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، أَخَذَتْهَا الْحُمَّى بِنَافِضٍ. قَالَ: (فَلَعَلَّ فِي حَدِيثٍ تُحُدِّثَ بِهِ) قَالَتْ نَعَمْ. فَقَعَدَتْ عَائِشَةُ فَقَالَتْ: وَاللَّهِ، لَئِنْ حَلَفْتُ لَا تصدقونني! ولين قلت لا تعذروننى! مَثَلِي وَمَثَلُكُمْ كَيَعْقُوبَ وَبَنِيهِ «٣» ، وَاللَّهُ الْمُسْتَعَانُ عَلَى مَا تَصِفُونَ. قَالَتْ: وَانْصَرَفَ وَلَمْ يَقُلْ شَيْئًا فَأَنْزَلَ اللَّهُ عُذْرَهَا. قَالَتْ: بِحَمْدِ اللَّهِ لَا بِحَمْدِ أَحَدٍ وَلَا بِحَمْدِكَ. قَالَ أَبُو عَبْدِ اللَّهِ الْحُمَيْدِيُّ: كَانَ بَعْضُ مَنْ لَقِينَا مِنَ الْحُفَّاظِ الْبَغْدَادِيِّينَ يَقُولُ: الْإِرْسَالُ فِي هَذَا الْحَدِيثِ أَبْيَنُ، وَاسْتُدِلَّ عَلَى ذَلِكَ بِأَنَّ أُمَّ رُومَانَ تُوُفِّيَتْ فِي حَيَاةِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَمَسْرُوقٌ لَمْ يُشَاهِدِ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِلَا خِلَافٍ. وَلِلْبُخَارِيِّ مِنْ حديت عُبَيْدِ اللَّهِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي مُلَيْكَةَ أَنَّ عَائِشَةَ كَانَتْ تَقْرَأُ: " إِذْ تَلَقَّوْنَهُ
(١). يلاحظ أن المسائل سبع وعشرون في جميع الأصول. (٢). أي برعشه. (٣). إذ قال في محنته: والله المستعان ... إلخ.

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