Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Troisièmement – La Parole du Très-Haut :

« Et ceux qui accusent leurs épouses… »

Ce verset est d’application générale pour toute forme d’accusation : qu’il dise « Tu as commis l’adultère », ou « Ô femme adultère », ou « Je l’ai vue forniquer », ou encore « Cet enfant n’est pas de moi », le verset englobe l’ensemble de ces cas. Le liʿân devient alors obligatoire si le mari ne produit pas quatre témoins ; tel est l’avis de la majorité des savants, de la plupart des juristes et d’un groupe de gens du ḥadith. Il est rapporté de Mālik une opinion identique.

Mālik soutenait néanmoins que le liʿân n’est institué que lorsque le mari déclare : « Je t’ai vue commettre la fornication », ou qu’il renie une grossesse ou un enfant issu d’elle.

Abū al-Zinād, Yaḥyā b. Saʿīd et al-Battī tiennent le même propos que Mālik : le liʿân n’est pas dû par la simple calomnie ; il n’est prescrit qu’en cas de vision directe ou de rejet d’une grossesse assorti de la revendication d’avoir procédé à l’istibrāʾ (vérification de l’inocuité de l’utérus). Tel est l’avis le plus répandu chez les malikites, et Ibn al-Qāsim le rapporte.

L’opinion correcte demeure toutefois la première, en raison de la portée générale de la Parole divine : « Et ceux qui accusent leurs épouses… »

Ibn al-ʿArabī dit : « Le sens apparent du Coran suffit à rendre le liʿân obligatoire du seul fait de l’accusation, sans condition de vision. Fondez-vous donc sur cela, d’autant que, dans le ḥadith authentique, lorsque l’on demanda : “Que penses-tu d’un homme qui trouve un autre avec son épouse ?”, le Prophète ﷺ répondit : “Va donc et amène-la”, sans lui imposer de préciser qu’il avait vu l’acte. »

Ils sont en outre unanimes à reconnaître que l’aveugle peut recourir au liʿân s’il accuse son épouse ; si la vision avait été une condition, l’aveugle n’aurait pu l’invoquer, dit Abū ʿUmar. Ibn al-Qaṣṣār rapporte néanmoins de Mālik que le liʿân de l’aveugle n’est valide que s’il déclare : « J’ai senti son sexe dans le sien. »

L’argument de Mālik et de ceux qui le suivent repose sur le récit qu’Abū Dāwūd transmet d’après Ibn ʿAbbās : Hilāl b. Umayya – l’un des trois dont le repentir fut agréé – revint un soir de sa terre et trouva auprès de sa famille un homme ; il vit de ses yeux et entendit de ses oreilles, mais ne le dérangea pas avant l’aube. Puis il se rendit auprès du Messager d’Allah ﷺ et dit : « Ô Messager d’Allah, je suis venu chez ma famille la nuit et j’ai trouvé un homme auprès d’elle ; j’ai vu de mes yeux et entendu de mes oreilles. » Le Messager d’Allah ﷺ fut contrarié par ses propos et en fut fortement affecté, puis fut révélé : « Et ceux qui accusent leurs épouses et n’ont pour témoins qu’eux-mêmes… », et il cita le ḥadith. Ce texte établit que le liʿân jugé par le Messager d’Allah ﷺ portait sur la vision effective ; il ne convient donc pas de l’étendre au-delà. Ainsi, quiconque accuse son épouse sans mentionner avoir vu l’acte encourt la peine légale, conformément à la Parole du Très-Haut : « Et ceux qui accusent les femmes chastes… »

Quatrièmement – S’il nie la grossesse, il procède au liʿân, car c’est plus grave que la simple vision. Il doit, ce faisant, mentionner l’absence de rapports et l’istibrāʾ postérieur. Nos savants ont divergé au sujet de l’istibrāʾ ; al-Mughīra et Mālik, dans l’une de ses deux opinions, ont déclaré

الثَّالِثَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَالَّذِينَ يَرْمُونَ أَزْواجَهُمْ) " عَامٌّ فِي كُلِّ رَمْيٍ، سَوَاءٌ قَالَ: زَنَيْتِ أَوْ يَا زَانِيَةُ أَوْ رَأَيْتُهَا تَزْنِي، أَوْ هَذَا الْوَلَدُ لَيْسَ مِنِّي، فَإِنَّ الْآيَةَ مُشْتَمِلَةٌ عَلَيْهِ. وَيَجِبُ اللِّعَانُ إِنْ لَمْ يَأْتِ بِأَرْبَعَةِ شُهَدَاءَ، وَهَذَا قَوْلُ جُمْهُورِ الْعُلَمَاءِ وَعَامَّةِ الْفُقَهَاءِ وَجَمَاعَةِ أَهْلِ الْحَدِيثِ. وَقَدْ رُوِيَ عَنْ مَالِكٍ مِثْلُ ذَلِكَ. وَكَانَ مَالِكٌ يَقُولُ: لَا يُلَاعِنُ إِلَّا أَنْ يَقُولَ: رَأَيْتُكِ تَزْنِي، أَوْ يَنْفِي حَمْلًا أَوْ وَلَدًا مِنْهَا. وَقَوْلُ أَبِي الزِّنَادِ وَيَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ وَالْبَتِّيِّ مِثْلُ قَوْلِ مَالِكٍ: إِنَّ الْمُلَاعَنَةَ لَا تَجِبُ بِالْقَذْفِ وَإِنَّمَا تَجِبُ بِالرُّؤْيَةِ أَوْ نَفْيِ الْحَمْلِ مَعَ دَعْوَى الِاسْتِبْرَاءِ، هَذَا هُوَ الْمَشْهُورُ عِنْدَ مَالِكٍ، وَقَالَهُ ابْنُ الْقَاسِمِ. وَالصَّحِيحُ الْأَوَّلُ لِعُمُومِ قَوْلِهِ: " وَالَّذِينَ يَرْمُونَ أَزْواجَهُمْ ". قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَظَاهِرُ الْقُرْآنِ يَكْفِي لِإِيجَابِ اللِّعَانِ بِمُجَرَّدِ الْقَذْفِ مِنْ غَيْرِ رُؤْيَةٍ، فَلْتُعَوِّلُوا عَلَيْهِ، لَا سِيَّمَا وَفِي الْحَدِيثِ الصَّحِيحِ: أَرَأَيْتَ رَجُلًا وَجَدَ مَعَ امْرَأَتِهِ رَجُلًا؟ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (فَاذْهَبْ فَأْتِ بِهَا) وَلَمْ يُكَلِّفْهُ ذِكْرَ الرُّؤْيَةِ. وَأَجْمَعُوا أَنَّ الْأَعْمَى يُلَاعِنُ إِذَا قَذَفَ امْرَأَتَهُ. وَلَوْ كَانَتِ الرُّؤْيَةُ مِنْ شَرْطِ اللِّعَانِ مَا لَاعَنَ الْأَعْمَى، قَالَهُ أبو عمر وَقَدْ ذَكَرَ ابْنُ الْقَصَّارِ عَنْ مَالِكٍ أَنَّ لِعَانَ الْأَعْمَى لَا يَصِحُّ إِلَّا أَنْ يَقُولَ: لَمَسْتُ فَرْجَهُ فِي فَرْجِهَا. وَالْحُجَّةُ لِمَالِكٍ وَمَنِ اتَّبَعَهُ مَا رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ: جَاءَ هِلَالُ بْنُ أُمَيَّةَ وَهُوَ أَحَدُ الثَّلَاثَةِ الَّذِينَ تِيبَ عَلَيْهِمْ، فَجَاءَ مِنْ أَرْضِهِ عِشَاءً فَوَجَدَ عِنْدَ أَهْلِهِ رَجُلًا، فَرَأَى بِعَيْنِهِ وَسَمِعَ بِأُذُنِهِ فَلَمْ يَهِجْهُ حَتَّى أَصْبَحَ، ثُمَّ غَدَا عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، إِنِّي جِئْتُ أَهْلِي عِشَاءً فَوَجَدْتُ عِنْدَهُمْ رَجُلًا، فَرَأَيْتُ بِعَيْنِي وَسَمِعْتُ بِأُذُنِي، فَكَرِهَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ما جَاءَ بِهِ وَاشْتَدَّ عَلَيْهِ، فَنَزَلَتْ: " وَالَّذِينَ يَرْمُونَ أَزْواجَهُمْ وَلَمْ يَكُنْ لَهُمْ شُهَداءُ إِلَّا أَنْفُسُهُمْ " الْآيَةَ، وَذَكَرَ الْحَدِيثَ. وَهُوَ نَصٌّ عَلَى أَنَّ الْمُلَاعَنَةَ الَّتِي قَضَى فِيهَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّمَا كَانَتْ فِي الرُّؤْيَةِ، فَلَا يَجِبُ أَنْ يَتَعَدَّى ذَلِكَ. وَمَنْ قَذَفَ امْرَأَتَهُ وَلَمْ يَذْكُرْ رُؤْيَةً حُدَّ، لِعُمُومِ قَوْلِهِ تَعَالَى: " وَالَّذِينَ يَرْمُونَ الْمُحْصَناتِ". الرَّابِعَةُ- إِذَا نَفَى الْحَمْلَ فَإِنَّهُ يَلْتَعِنُ، لِأَنَّهُ أَقْوَى مِنَ الرُّؤْيَةِ ولا بد من ذكر عدم الوطي وَالِاسْتِبْرَاءِ بَعْدَهُ. وَاخْتَلَفَ عُلَمَاؤُنَا فِي الِاسْتِبْرَاءِ، فَقَالَ الْمُغِيرَةُ وَمَالِكٌ فِي أَحَدِ قَوْلَيْهِمَا:

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