Abû ‘Abd Allâh Ibn Abî Ṣufrah déclara : « L’avis correct est que l’époux qui accusa sa femme était ‘Uwaymir, et que la mention de Hilâl b. Umayya procède d’une erreur. »
Aṭ-Ṭabarî dit : « Il est répréhensible que, dans le ḥadîth, on cite Hilâl b. Umayya ; en réalité, l’accusateur est ‘Uwaymir b. Zayd b. al-Jadd al-‘Ajlânî, qui prit part à la bataille de Uḥud aux côtés du Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui. Il accusa son épouse d’adultère avec Sharîk b. as-Saḥmâ’. As-Saḥmâ’ (ainsi nommée en raison de sa peau sombre) est la mère de Sharîk, lui-même fils de ‘Abdah b. al-Jadd b. al-‘Ajlân. C’est ce que rapportent les spécialistes des récits. »
On rapporte encore que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — récita du haut de la chaire, un vendredi, ce verset : « Et ceux qui accusent les femmes chastes… ». ‘Âṣim b. ‘Adî al-Anṣârî s’écria : « Que ma personne te soit sacrifiée ! Si l’un d’entre nous trouve un homme allongé sur le ventre de sa femme, puis s’exprime et rapporte ce qu’il a vu, on le fouette de quatre-vingts coups, les musulmans le taxent de pervers et son témoignage n’est plus accepté. Comment, dans une telle situation, pourrions-nous apporter quatre témoins ? Et le temps de réunir ces témoins, l’homme aura déjà satisfait son besoin ! » Le Prophète répondit : « C’est ainsi qu’il a été révélé, ô ‘Âṣim b. ‘Adî. »
‘Âṣim sortit alors, se soumettant et obéissant. Il rencontra Hilâl b. Umayya qui répétait : « Inna lil-lâhi wa-innâ ilayhi râji‘ûn ! » — « Certes, nous appartenons à Allâh et c’est à Lui que nous retournons. » Il lui demanda : « Qu’y a-t-il ? » Hilâl répondit : « Du mal ! J’ai trouvé Sharîk b. as-Saḥmâ’ sur le ventre de mon épouse Khaula, en plein adultère. » (Dans cette version, celle que l’on trouva avec Sharîk serait l’épouse de Hilâl, Khaula, fille de ‘Âṣim b. ‘Adî.) Toutefois, l’avis authentique est le contraire, comme on l’a expliqué plus haut.
Al-Kalbî affirme : « L’opinion la plus solide est que celui qui surprit Sharîk avec sa femme fut bien ‘Uwaymir al-‘Ajlânî, tant les récits rapportent que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — procéda au li‘ân entre l’‘Ajlânî et son épouse. Tous s’accordent pour dire que l’homme adultère était Sharîk b. ‘Abdah — sa mère étant as-Saḥmâ’. ‘Uwaymir, Khaula bint Qays et Sharîk étaient des cousins paternels de ‘Âṣim. L’événement eut lieu en Sha‘bân de la neuvième année de l’Hégire, au retour du Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — de l’expédition de Tabûk, rapporte aṭ-Ṭabarî. »
Ad-Dâraqutnî relate, d’après ‘Abd Allâh b. Ja‘far : « J’étais présent auprès du Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — lorsqu’il fit pratiquer le li‘ân entre ‘Uwaymir al-‘Ajlânî et son épouse, au retour de l’expédition de Tabûk. ‘Uwaymir récusa la grossesse que portait sa femme et déclara qu’elle était de Sharîk b. as-Saḥmâ’. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — lui dit alors : “Amène-moi ton épouse, car le Coran est descendu à votre sujet.” Il procéda au li‘ân entre eux, après la prière de l’après-midi, près du minbar, sur un tissu à franges. »
Dans une autre chaîne rapportée par al-Wâqidî, via aḍ-Ḍaḥḥâk b. ‘Uthmân, d’après ‘Imrân b. Abî Anas, ‘Abd Allâh b. Ja‘far dit… puis mentionna le récit.