Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quatorzièmement – Parmi les conditions requises, selon l’imâm Mâlik – qu’Allah lui fasse miséricorde – pour que les témoins déposent valablement, figure l’obligation de le faire dans une seule et même séance ; s’ils se séparent, le témoignage n’est plus recevable.

‘Abd al-Malik a, pour sa part, jugé que leur déposition est acceptée qu’ils soient réunis ou dispersés. Mâlik considère que le fait de se réunir constitue un acte cultuel prescrit, avis auquel adhère également Ibn al-Ḥasan. ‘Abd al-Malik estime, quant à lui, que l’essentiel est la production du témoignage et son rassemblement, lequel est acquis dans les deux cas. Cette dernière opinion est celle de ‘Uthmân al-Battî, d’Abû Thawr, et c’est celle qu’a retenue Ibn al-Munḏir, eu égard à la parole du Très-Haut : « puis s’ils ne produisent pas quatre témoins » ainsi qu’à Sa parole : « faute d’avoir produit les témoins » (An-Nûr : 13), sans qu’il soit fait mention de témoins réunis ou séparés.

Quinzièmement – Si la totalité des quatre témoins se présente mais qu’ils ne satisfont pas à la condition d’équité (‘adâlah), al-Ḥasan al-Baṣrî et ash-Sha‘bî considèrent qu’aucune peine légale (ḥadd) n’est appliquée ni aux témoins ni à la personne accusée ; tel est aussi l’avis d’Aḥmad, d’an-Nu‘mân et de Muḥammad ibn al-Ḥasan. Mâlik dit : lorsque quatre personnes témoignent d’un acte de fornication (zinâ) contre quelqu’un et que l’une d’entre elles est disqualifiée ou se révèle être un esclave, tous sont flagellés. Sufyân ath-Thawrî, Aḥmad et Isḥâq, à propos de quatre aveugles qui attesteraient la fornication d’une femme, estiment qu’ils doivent être frappés.

Seizièmement – Si l’un des témoins se rétracte alors que l’accusé pour fornication a déjà été lapidé, un groupe de savants affirme : il acquitte le quart de la diya et rien n’est dû par les autres ; tel est l’avis de Qatâda, Ḥammâd, ‘Ikrima, Abû Hâshim, Mâlik, Aḥmad et des juristes hanafites. Ash-Shâfi‘î dit : s’il déclare avoir agi délibérément pour entraîner sa mort, les ayants-droit disposent du choix : soit ils exécutent la peine de mort, soit ils pardonnent et perçoivent le quart de la diya ; en outre, la peine prescrite (ḥadd) est appliquée à son encontre. Selon al-Ḥasan al-Baṣrî, il est mis à mort et les trois autres versent les trois quarts de la diya. Ibn Sîrîn précise : s’il dit « je me suis trompé, je visais une autre personne », il est redevable de la diya complète ; mais s’il dit « je l’ai fait volontairement pour le faire tuer », alors (il est passible de la peine de mort), avis partagé par Ibn Shubrumah.

Dix-septièmement – Les savants ont divergé au sujet de la peine de diffamation (qaḏf) : relève-t-elle des droits d’Allah ou des droits des créatures, ou bien mêle-t-elle les deux ? Première opinion : c’est un droit d’Allah – tel est l’avis d’Abû Ḥanîfa. Deuxième : c’est un droit de l’homme – tel est l’avis de Mâlik et d’ash-Shâfi‘î. Troisième : elle participe des deux – opinion défendue par certains auteurs tardifs.

L’enjeu pratique de cette divergence est le suivant : s’il s’agit d’un droit d’Allah et que l’affaire parvient à l’imâm, celui-ci exécute la peine même si la personne diffamée ne la réclame pas ; le repentir profite alors au calomniateur vis-à-vis d’Allah, et la peine est réduite de moitié pour l’esclave, comme dans le cas du zinâ. Si elle relève d’un droit humain, l’imâm ne l’applique qu’à la demande de la victime ; elle est levée par le pardon de celle-ci, et le repentir n’est d’aucun effet pour le calomniateur tant que la personne diffamée ne l’a pas absous.

الرَّابِعَةَ عَشْرَةَ- مِنْ شَرْطِ أَدَاءِ الشُّهُودِ الشَّهَادَةَ عِنْدَ مَالِكٍ رَحِمَهُ اللَّهُ أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ فِي مَجْلِسٍ وَاحِدٍ، فَإِنِ افْتَرَقَتْ لَمْ تَكُنْ شَهَادَةً. وَقَالَ عَبْدُ الْمَلِكِ: تُقْبَلُ شَهَادَتُهُمْ مُجْتَمِعِينَ وَمُفْتَرِقِينَ. فَرَأَى مَالِكٌ أَنَّ اجْتِمَاعَهُمْ تَعَبُّدٌ، وَبِهِ قَالَ ابْنُ الْحَسَنِ. وَرَأَى عَبْدُ الْمَلِكِ أَنَّ الْمَقْصُودَ أَدَاءُ الشَّهَادَةِ وَاجْتِمَاعُهَا وَقَدْ حَصَلَ، وَهُوَ قَوْلُ عُثْمَانَ الْبَتِّيِّ وَأَبِي ثَوْرٍ وَاخْتَارَهُ ابْنُ الْمُنْذِرِ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: " ثُمَّ لَمْ يَأْتُوا بِأَرْبَعَةِ شُهَداءَ" وقوله: " فَإِذْ لَمْ يَأْتُوا بِالشُّهَداءِ" [النور: ١٣] وَلَمْ يَذْكُرْ مُفْتَرِقِينَ وَلَا مُجْتَمِعِينَ. الْخَامِسَةَ عَشْرَةَ- فَإِنْ تَمَّتِ الشَّهَادَةُ إِلَّا أَنَّهُمْ لَمْ يَعْدِلُوا، فَكَانَ الْحَسَنُ الْبَصْرِيُّ وَالشَّعْبِيُّ يَرَيَانِ أَنْ لَا حَدَّ عَلَى الشُّهُودِ وَلَا عَلَى الْمَشْهُودِ، وَبِهِ قَالَ أَحْمَدُ وَالنُّعْمَانُ وَمُحَمَّدُ بْنُ الْحَسَنِ. وَقَالَ مالك: إذا شهد عليه أربعة بالزنى فإن كان أحدهم مسخوطا «١» عَلَيْهِ أَوْ عَبْدًا يُجْلَدُونَ جَمِيعًا. وَقَالَ سُفْيَانُ الثَّوْرِيُّ وَأَحْمَدُ وَإِسْحَاقُ فِي أَرْبَعَةِ عُمْيَانٍ يَشْهَدُونَ على امرأة بالزنى: يضربون. السادسة هشرة- فَإِنْ رَجَعَ أَحَدُ الشُّهُودِ وَقَدْ رُجِمَ الْمَشْهُودُ عليه في الزنى، فقالت طائفة: يغرم ربع الدية ولا شي عَلَى الْآخَرِينَ. وَكَذَلِكَ قَالَ قَتَادَةُ وَحَمَّادٌ وَعِكْرِمَةُ وَأَبُو هَاشِمٍ وَمَالِكٌ وَأَحْمَدُ وَأَصْحَابُ الرَّأْيِ. وَقَالَ الشافعي: إن قال تعمدت لِيُقْتَلَ، فَالْأَوْلِيَاءُ بِالْخِيَارِ إِنْ شَاءُوا قَتَلُوا وَإِنْ شَاءُوا عَفَوْا وَأَخَذُوا رُبْعَ الدِّيَةِ، وَعَلَيْهِ الْحَدُّ. وَقَالَ الْحَسَنُ الْبَصْرِيُّ: يُقْتَلُ، وَعَلَى الْآخَرِينَ ثَلَاثَةُ أَرْبَاعِ الدِّيَةِ. وَقَالَ ابْنُ سِيرِينَ: إِذَا قَالَ أَخْطَأْتُ وَأَرَدْتُ غَيْرَهُ فَعَلَيْهِ الدِّيَةُ كَامِلَةً، وَإِنْ قال تعمدت قتل [به» ]، وَبِهِ قَالَ ابْنُ شُبْرُمَةَ. السَّابِعَةَ عَشْرَةَ: وَاخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي حَدِّ الْقَذْفِ هَلْ هُوَ مِنْ حُقُوقِ اللَّهِ أَوْ مِنْ حُقُوقِ الْآدَمِيِّينَ أَوْ فِيهِ شَائِبَةٌ مِنْهُمَا، الْأَوَّلُ- قَوْلُ أَبِي حَنِيفَةَ. وَالثَّانِي- قَوْلُ مَالِكٍ وَالشَّافِعِيِّ. وَالثَّالِثُ- قَالَهُ بَعْضُ الْمُتَأَخِّرِينَ. وَفَائِدَةُ الْخِلَافِ أَنَّهُ إِنْ كَانَ حَقًّا له تَعَالَى وَبَلَغَ الْإِمَامَ أَقَامَهُ وَإِنْ لَمْ يَطْلُبْ ذَلِكَ الْمَقْذُوفُ، وَنَفَعَتِ الْقَاذِفَ التَّوْبَةُ فِيمَا بَيْنَهُ وَبَيْنَ اللَّهِ تَعَالَى، وَيَتَشَطَّرُ فِيهِ الْحَدُّ بِالرِّقِّ كالزنى. وَإِنْ كَانَ حَقًّا لِلْآدَمِيِّ فَلَا يُقِيمُهُ الْإِمَامُ إِلَّا بِمُطَالَبَةِ الْمَقْذُوفِ، وَيَسْقُطُ بِعَفْوِهِ، وَلَمْ تَنْفَعِ القاذف التوبة حتى يحلله المقذوف.
(١). كذا في ب وط وك. وفى ج وا: مسقوطا. (٢). من ب وك.

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