On y compte vingt-six questions :
Premièrement : Ce verset a été révélé au sujet de ceux qui profèrent l’accusation de fornication. Sa‘îd ibn Jubayr a dit : la cause en fut ce qui fut dit à propos de ‘Â’ishah, Mère des croyants, – qu’Allah l’agrée. D’autres ont soutenu : il fut révélé à propos des calomniateurs d’une façon générale, et non pas exclusivement lors de cet événement. Ibn al-Mundhir a déclaré : « Nous n’avons trouvé, dans les récits transmis du Messager d’Allah – que les bénédictions et la paix soient sur lui –, aucun texte attestant une accusation explicite ; l’apparence même du Livre d’Allah – Exalté soit-Il – se suffit à indiquer la calomnie qui entraîne la peine légale, et les savants sont unanimes à ce sujet. »
Deuxièmement : Sa parole – Très-Haut soit-Il – « ceux qui lancent (l’accusation) » désigne le fait d’injurier ; le mot « lancer » a été emprunté pour cet usage parce que le tort est porté par la parole, à l’instar du vers du poète al-Nâbighah : « La blessure de la langue est semblable à la blessure de la main » ; et d’un autre : « Il m’a lancé un reproche dont, lui et moi, nous étions innocents… ». On appelle cela également « qadhf » (calomnie) ; ainsi, dans le hadith : « Ibn Umayyah a calomnié son épouse au sujet de Sharîk ibn al-Sahmâ’ », c’est-à-dire : il l’en a accusée.
Troisièmement : Allah – Exalté soit-Il – a mentionné les femmes dans le verset parce qu’elles sont, par nature, l’objet d’un plus grand souci, et qu’une accusation d’inconduite lancée contre elles est plus abjecte et plus douloureuse pour les âmes. La calomnie visant les hommes entre, par le sens et par l’accord unanime de la communauté, dans la portée du verset. Il en est de même lorsque le Coran interdit explicitement la chair du porc : son gras, ses cartilages, etc., sont inclus par le sens et par le consensus.
Az-Zahrâwî rapporte que le terme vise : « les personnes chastes », ce qui englobe, par son expression même, hommes et femmes ; cela est corroboré par Sa parole : « … les femmes chastes parmi les femmes » (an-Nisâ’ : 24).
D’autres ont dit : par « al-muḥṣanât » il entend les parties intimes, comme dans Sa parole : « … elle garda sa partie intime » (al-Anbiyâ’ : 91) ; y sont donc incluses celles des hommes et des femmes.
On a encore avancé qu’Il ne mentionne la femme étrangère accusée que pour rattacher à ce cas celui de l’homme qui accuse son propre épouse ; Allah est plus savant.
La majorité lit « al-muḥṣanât » avec ouverture de la ṣâd, tandis que Yaḥyâ ibn Waththâb la prononce avec kasrah. Ici, « al-muḥṣanât » signifie les femmes chastes. La notion d’al-iḥṣân et ses degrés a déjà été exposée dans la sourate an-Nisâ’ ; louange à Allah.