Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il s’agit là de l’application d’un principe juridique révélé et d’un acte cultuel par lequel on se rapproche d’Allah ; il faut donc veiller à en conserver scrupuleusement l’exécution, la mesure, le lieu et les conditions, de telle sorte qu’aucune de ses clauses ni de ses règles ne soit transgressée. Le sang du musulman et son inviolabilité sont en effet d’une extrême gravité ; il convient donc d’en tenir le plus grand compte autant que faire se peut.

Le Ṣaḥīḥ rapporte d’après Ḥuḍayn b. al-Munḏir Abū Sāsān : « J’ai assisté à ʿUthmān b. ʿAffān lorsqu’on lui amena al-Walīd, lequel avait accompli la prière de l’aube en deux rakʿa avant de dire : “Voulez-vous que je vous en ajoute ?” Deux hommes témoignèrent alors contre lui ; l’un d’eux, Ḥumrān, affirma qu’il avait bu du vin, et l’autre qu’il l’avait vu vomir. ʿUthmān déclara : “Il n’a pas vomi sans l’avoir bel et bien bu.” Puis il dit : “Ô ʿAlī, lève-toi et inflige-lui la peine légale.” ʿAlī répondit : “Lève-toi, ô Ḥasan, et administre-la.” Ḥasan dit alors : “Que celui qui en a goûté la douceur en supporte la rigueur !” (allusion au fait que le coupable lui-même devait exécuter la peine). Comme il semblait ne pas vouloir s’en charger, ʿAlī reprit : “Ô ʿAbd Allâh b. Jaʿfar, lève-toi et inflige-la.” Il le fouetta tandis que ʿAlī comptait les coups… » – Le reste du ḥadith a déjà été cité dans la sourate al-Mâʾidah.

Considère donc l’ordre de ʿUthmān adressé à l’Imâm ʿAlî : « Lève-toi et fouette-le. »

Dix-septième point : Allah – Exalté soit-Il – a précisé le nombre de coups de fouet pour l’adultère et pour la calomnie, et le caractère arrêté du châtiment de la boisson enivrante à quatre-vingts coups est établi par l’action de ʿUmar en présence de l’ensemble des Compagnons, comme il a été exposé dans la sourate al-Mâʾidah. Il n’est donc pas permis de dépasser ces limites en aucun cas.

Ibn al-ʿArabî dit : « Tout cela vaut tant que les gens ne se sont pas ligués dans le mal et que les désobéissances n’ont pas embelli à leurs yeux au point qu’ils en fassent une habitude enracinée, qu’ils les traitent avec indulgence et ne s’interdisent plus aucun acte blâmable. À ce moment-là, la fermeté devient obligatoire et la peine légale se voit augmentée en raison de la gravité accrue du péché. On amena ainsi à ʿUmar un homme ivre pendant le mois de Ramaḍān ; il le fouetta de cent coups : quatre-vingts pour l’ivresse et vingt pour la violation de la sacralité du mois. Telles doivent être les peines composées, proportionnées à la gravité des forfaits et à la profanation des inviolabilités sacrées.

Un homme ayant joué avec un enfant, le gouverneur le fit frapper de trois cents coups de fouet ; lorsque cette affaire parvint à Mâlik, il ne la désapprouva pas. Que dirait-il s’il voyait notre époque, avec la profanation des interdits, la légèreté à l’égard des péchés, l’étalage public des turpitudes, la vénalité des peines légales et leur exécution par des esclaves investis de la fonction de juges ? Il en mourrait de chagrin et ne fréquenterait personne. Allah nous suffit ; quel Excellent Protecteur !

قِيَامٌ بِقَاعِدَةٍ شَرْعِيَّةٍ وَقُرْبَةٍ تَعَبُّدِيَّةٍ، تَجِبُ الْمُحَافَظَةُ عَلَى فِعْلِهَا وَقَدْرِهَا وَمَحَلِّهَا وَحَالِهَا، بِحَيْثُ لَا يتعدى شي مِنْ شُرُوطِهَا وَلَا أَحْكَامِهَا، فَإِنَّ دَمَ الْمُسْلِمِ وَحُرْمَتَهُ عَظِيمَةٌ، فَيَجِبُ مُرَاعَاتُهُ بِكُلِّ مَا أَمْكَنَ. رَوَى الصَّحِيحُ عَنْ حُضَيْنِ «١» بْنِ الْمُنْذِرِ أَبِي ساسان قال: شهدت عثمان ابن عَفَّانَ وَأُتِيَ بِالْوَلِيدِ قَدْ صَلَّى الصُّبْحَ رَكْعَتَيْنِ ثُمَّ قَالَ: أَزِيدُكُمْ؟ فَشَهِدَ عَلَيْهِ رَجُلَانِ، أَحَدُهُمَا حُمْرَانُ أَنَّهُ شَرِبَ الْخَمْرَ، وَشَهِدَ آخَرُ أَنَّهُ رَآهُ يَتَقَيَّأُ، فَقَالَ عُثْمَانُ: إِنَّهُ لَمْ يَتَقَيَّأْ حَتَّى شَرِبَهَا، فَقَالَ: يَا عَلِيُّ قُمْ فَاجْلِدْهُ، فَقَالَ عَلِيٌّ: قُمْ يَا حَسَنُ فَاجْلِدْهُ. فَقَالَ الْحَسَنُ: وَلِّ حَارَّهَا «٢» مَنْ تَوَلَّى قَارَّهَا (فَكَأَنَّهُ وَجَدَ عَلَيْهِ) فَقَالَ: يَا عَبْدَ اللَّهِ بْنَ جَعْفَرٍ، قُمْ فَاجْلِدْهُ، فَجَلَدَهُ وَعَلِيٌّ يَعُدُّ ... الْحَدِيثَ. وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي الْمَائِدَةِ. فَانْظُرْ قَوْلَ عُثْمَانَ لِلْإِمَامِ عَلِيٍّ: قُمْ فَاجْلِدْهُ. السَّابِعَةَ عَشْرَةَ- نَصَّ الله تعالى على عدد الجلد في الزنى وَالْقَذْفِ، وَثَبَتَ التَّوْقِيفُ فِي الْخَمْرِ عَلَى ثَمَانِينَ مِنْ فِعْلِ عُمَرَ فِي جَمِيعِ «٣» الصَّحَابَةِ- عَلَى مَا تَقَدَّمَ فِي الْمَائِدَةِ «٤» - فَلَا يَجُوزُ أَنْ يُتَعَدَّى الْحَدُّ فِي ذَلِكَ كُلِّهِ. قَالَ ابْنُ العربي: " وهذا ما لم يتابع النَّاسُ فِي الشَّرِّ وَلَا احْلَوْلَتْ لَهُمُ الْمَعَاصِي، حَتَّى يَتَّخِذُوهَا ضَرَاوَةً» وَيَعْطِفُونَ عَلَيْهَا بِالْهَوَادَةِ فَلَا يَتَنَاهَوْا عَنْ مُنْكَرٍ فَعَلُوهُ، فَحِينَئِذٍ تَتَعَيَّنُ الشِّدَّةُ وَيُزَادُ الْحَدُّ «٦» لِأَجْلِ زِيَادَةِ الذَّنْبِ. وَقَدْ أُتِيَ عُمَرُ بِسَكْرَانَ فِي رَمَضَانَ فَضَرَبَهُ مِائَةً، ثَمَانِينَ حَدَّ الْخَمْرِ وَعِشْرِينَ لِهَتْكِ حُرْمَةِ الشَّهْرِ. فَهَكَذَا يَجِبُ أَنْ تُرَكَّبَ الْعُقُوبَاتُ عَلَى تَغْلِيظِ الْجِنَايَاتِ وَهَتْكِ الْحُرُمَاتِ. وَقَدْ لَعِبَ رَجُلٌ بِصَبِيٍّ فَضَرَبَهُ الوالي ثلاثمائة سوط فلم يغير [ذلك «٧» ] مَالِكٌ حِينَ بَلَغَهُ، فَكَيْفَ لَوْ رَأَى زَمَانَنَا هَذَا بِهَتْكِ الْحُرُمَاتِ وَالِاسْتِهْتَارِ بِالْمَعَاصِي، وَالتَّظَاهُرِ بِالْمَنَاكِرِ وَبَيْعِ الْحُدُودِ وَاسْتِيفَاءِ الْعَبِيدِ لَهَا فِي مَنْصِبِ الْقُضَاةِ، لَمَاتَ كَمَدًا وَلَمْ يُجَالِسْ أَحَدًا، وَحَسْبُنَا الله ونعم الوكيل".
(١). بحاء مهملة مضمومة وضاد معجمة. (٢). قال النووي في شرح هذا الحديث" الحار: الشديد المكروه والقار: البارد الهني الطيب. وهذا مثل من أمثال العرب، ومعناه: ول شدتها وأوساخها من تولى هنيئها ولذاتها، والضمير عائد إلى الخلافة والولاية، أي كما أن عثمان وأقاربه يتولون هنئ الخلافة ويختصون به يتولون نكدها وقاذوراتها. ومعناه: ليتول هذا الجلد عثمان بنفسه أو بعض خاصة أقاربه الأدنين". (٣). أي في حضرتهم. (٤). راجع ج ٦ ص ٢٩٧. (٥). الضراوة: العادة وشدة الشهوة. [ ..... ] (٦). في ب وج وط وك: الجلد. (٧). زيادة عم ابن العربي.

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