Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quatorzièmement – Le coup prescrit doit être douloureux sans provoquer ni plaie ni incision, et le bourreau ne doit pas lever le bras au-delà de son aisselle. Telle est l’opinion de la majorité des savants et c’est également l’avis de ʿAlî et d’Ibn Masʿûd – qu’Allah les agrée.

On amena à ʿUmar – qu’Allah l’agrée – un homme passible d’un ḥadd. On apporta un fouet intermédiaire, ni trop dur ni trop souple, et il dit à l’exécuteur : « Frappe en veillant à ne point découvrir ton aisselle et accorde à chaque membre sa juste part. »

On lui amena aussi un buveur de vin. Il dit alors : « Je vais t’envoyer vers un homme qui ne fera preuve d’aucune indulgence à ton égard. » Il le confia à Muṭîʿ b. al-Aswad al-ʿAdawî et lui ordonna : « Demain matin, applique-lui le ḥadd. »

ʿUmar vint alors que Muṭîʿ le frappait très violemment ; il s’exclama : « Tu as tué l’homme ! Combien de coups lui as-tu portés ? » – « Soixante », répondit-il. ʿUmar ordonna : « Retranche-lui vingt coups. »

Abû ʿUbayda commente la parole : « Retranche-lui vingt coups » ; il veut dire : considère la violence des coups déjà portés comme la compensation des vingt qui restent et ne les lui administre pas. Ce ḥadîth montre que la flagellation du buveur de vin doit être légère.

Quinzièmement – Les savants ont divergé quant à savoir quel ḥadd comporte les coups les plus rudes :
• Mâlik, ses disciples et al-Layth b. Saʿd disent : la flagellation est identique dans tous les ḥudûd ; il s’agit d’un coup modéré, intermédiaire entre la douceur et la violence. Tel est aussi l’avis d’al-Shâfiʿî – qu’Allah lui fasse miséricorde.
• Abû Ḥanîfa et ses compagnons disent : la taʿzîr est la plus sévère des flagellations ; la flagellation pour le zinâ est plus dure que celle infligée pour le vin, et celle du buveur est plus dure que celle du qadhf.
• Al-Thawrî dit : la flagellation pour le zinâ est plus dure que celle du qadhf, et celle du qadhf plus dure que celle du vin.

Mâlik fonde son argument sur le fait que le nombre de coups a été fixé par révélation, sans qu’aucun texte authentique n’en atteste ni l’allègement ni l’alourdissement. Abû Ḥanîfa se fonde sur l’acte de ʿUmar, puisqu’il a, dans la taʿzîr, infligé des coups plus sévères que dans le zinâ. Quant à al-Thawrî, il fait valoir que, le zinâ comportant le plus grand nombre de coups, il est impossible que le qadhf soit plus douloureux, et de même pour le vin, dont le ḥadd n’a été établi que par ijtihâd ; or les questions d’ijtihâd n’ont pas la même force que celles fixées par texte.

Seizièmement – Le ḥadd qu’Allah a prescrit pour le zinâ, le vin, le qadhf et autres doit être appliqué devant les magistrats, et nul ne doit l’exécuter si ce n’est les personnes vertueuses et d’élite que l’Imâm choisit à cette fin. Tel était également l’agissement des Compagnons – qu’Allah les agrée – chaque fois qu’un cas se présentait. La raison en est que

الرَّابِعَةَ عَشْرَةَ- الضَّرْبُ الَّذِي يَجِبُ هُوَ أَنْ يَكُونَ مُؤْلِمًا لَا يَجْرَحُ وَلَا يُبْضِعُ، وَلَا يُخْرِجُ الضَّارِبُ يَدَهُ مِنْ تَحْتِ إِبْطِهِ. وَبِهِ قَالَ الْجُمْهُورُ، وَهُوَ قَوْلُ عَلِيٍّ وَابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا. وَأُتِيَ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ بِرَجُلٍ فِي حَدٍّ فَأُتِيَ بِسَوْطٍ بَيْنَ سَوْطَيْنِ وَقَالَ لِلضَّارِبِ: اضْرِبْ وَلَا يُرَى إِبْطُكُ، وَأَعْطِ كُلَّ عُضْوٍ حَقَّهُ. وَأُتِيَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ بِشَارِبٍ فَقَالَ: لَأَبْعَثَنَّكَ إِلَى رَجُلٍ لَا تَأْخُذُهُ فِيكَ هَوَادَةٌ، فَبَعَثَهُ إِلَى مُطِيعِ بْنِ الْأَسْوَدِ الْعَدَوِيِّ فَقَالَ: إِذَا أَصْبَحْتَ الْغَدَ فَاضْرِبْهُ الْحَدَّ، فَجَاءَ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَهُوَ يَضْرِبُهُ ضَرْبًا شَدِيدًا فَقَالَ: قَتَلْتَ الرَّجُلَ! كَمْ ضَرَبْتَهُ؟ فَقَالَ سِتِّينَ، فَقَالَ: أَقِصَّ عَنْهُ بِعِشْرِينَ. قال أبو عبيدة [قوله «١» ]: " أَقِصَّ عَنْهُ بِعِشْرِينَ" يَقُولُ: اجْعَلْ شِدَّةَ هَذَا الضَّرْبَ الَّذِي ضَرَبْتَهُ قِصَاصًا بِالْعِشْرِينِ الَّتِي بَقِيَتْ وَلَا تَضْرِبْهُ الْعِشْرِينَ. وَفِي هَذَا الْحَدِيثِ مِنَ الْفِقْهِ أَنَّ ضَرْبَ الشَّارِبِ ضَرْبٌ خَفِيفٌ. وَقَدِ اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي أَشَدِّ الْحُدُودِ ضَرْبًا وَهِيَ: الخامسة عشرة- فقال مالك وأصحابه والليت بْنُ سَعْدٍ: الضَّرْبُ فِي الْحُدُودِ كُلِّهَا سَوَاءٌ ضرب غير مبرح، ضرب بين ضربين. وهو قَوْلُ الشَّافِعِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ. وَقَالَ أَبُو حنيفة وأصحابه: التعزير أشد الضرب، وضرب الزنى أَشَدُّ مِنَ الضَّرْبِ فِي الْخَمْرِ، وَضَرْبُ الشَّارِبِ أَشَدُّ مِنْ ضَرْبِ الْقَذْفِ. وَقَالَ الثَّوْرِيُّ: ضَرْبُ الزنى أَشَدُّ مِنْ ضَرْبِ الْقَذْفِ، وَضَرْبُ الْقَذْفِ أَشَدُّ مِنْ ضَرْبِ الْخَمْرِ. احْتَجَّ مَالِكٌ بِوُرُودِ التَّوْقِيفِ على عدد الجلدات، ولم يرد في شي مِنْهَا تَخْفِيفٌ وَلَا تَثْقِيلٌ عَمَّنْ يَجِبُ التَّسْلِيمُ لَهُ. احْتَجَّ أَبُو حَنِيفَةَ بِفِعْلِ عُمَرَ، فَإِنَّهُ ضَرَبَ فِي التَّعْزِيرِ ضَرْبًا أَشَدَّ مِنْهُ فِي الزنى. احتج الثوري بأن الزنى لَمَّا كَانَ أَكْثَرَ عَدَدًا فِي الْجَلَدَاتِ اسْتَحَالَ أَنْ يَكُونَ الْقَذْفُ أَبْلَغَ فِي النِّكَايَةِ. وَكَذَلِكَ الخمر، لأنه لم يثبت الْحَدُّ إِلَّا بِالِاجْتِهَادِ، وَسَبِيلُ مَسَائِلِ الِاجْتِهَادِ لَا يَقْوَى قُوَّةَ مَسَائِلِ التَّوْقِيفِ. السَّادِسَةَ عَشْرَةَ- الْحَدُّ الذي أوجب الله في الزنى وَالْخَمْرِ وَالْقَذْفِ وَغَيْرِ ذَلِكَ يَنْبَغِي أَنْ يُقَامَ بَيْنَ أَيْدِي الْحُكَّامِ، وَلَا يُقِيمُهُ إِلَّا فُضَلَاءُ النَّاسِ وَخِيَارُهُمْ يَخْتَارُهُمُ الْإِمَامُ لِذَلِكَ. وَكَذَلِكَ كَانَتِ الصحابة تفعل كلما وقع لهم شي مِنْ ذَلِكَ، رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ. وَسَبَبُ ذَلِكَ أنه
(١). من ب وك.

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