Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Les rapporteurs du Muwatta’ – et je n’ai pas connaissance qu’il se fonde, sous quelque forme que ce soit, sur cette formulation – ; or Maʿmar a rapporté de Yahyā ibn Abī Kathīr, d’après le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui –, un ḥadith entièrement identique. Nous avons déjà rappelé, dans le commentaire de la sourate « Al-Māʾidah », que ʿUmar frappa Qudāmah pour l’affaire du vin avec un fouet « complet », c’est-à-dire d’un fouet de force moyenne.

Onzièmement : Les savants ont divergé au sujet du fait de dévêtir ou non le condamné au ḥadd de la fornication. Mālik, Abū Ḥanīfa et d’autres estiment qu’il doit être dénudé ; quant à la femme, on lui laisse ce qui couvre sa pudeur sans pour autant l’immuniser contre les coups. Al-Awzāʿī dit : l’imâm a le choix ; s’il le veut, il dénude, s’il le veut, il laisse vêtu. Al-Shaʿbī et Al-Nakhaʿī affirment qu’on ne le dénude pas ; on lui laisse au contraire une tunique. Ibn Masʿūd a dit : « Il n’est licite, dans cette communauté, ni de dénuder ni d’étendre (le condamné) », et tel est aussi l’avis d’Ath-Thawrī.

Douzièmement : Les savants ont également divergé quant à la manière de frapper l’homme et la femme. Mālik dit : l’homme et la femme sont égaux pour tous les ḥudūd ; on ne fait se lever ni l’un ni l’autre et, selon lui, on ne frappe qu’au dos. Les juristes de l’école de l’opinion (Aṣḥāb ar-Raʾy) ainsi qu’Ash-Shāfiʿī estiment qu’on fouette l’homme debout – avis que partage ʿAlī ibn Abī Ṭālib, qu’Allah l’agrée. Al-Layth ibn Saʿd, Abū Ḥanīfa et Ash-Shāfiʿī déclarent : pour l’ensemble des ḥudūd comme pour la taʿzīr, on fouette le condamné dénudé, debout, sans l’étendre, à l’exception du ḥadd de la calomnie où il est frappé vêtu. Al-Mahdawī rapporte la même opinion de Mālik dans le Tahṣīl. On retire toutefois le rembourrage et la fourrure de ses vêtements. Ash-Shāfiʿī ajoute : « S’il est plus approprié de l’étendre, on l’étendra. »

Treizièmement : Ils ont divergé sur les parties du corps où l’on frappe dans les ḥudūd. Mālik dit : pour toutes les peines légales, on ne frappe que le dos, et il en est de même pour la taʿzīr. Ash-Shāfiʿī et ses disciples soutiennent qu’on évite le visage et les parties intimes mais qu’on peut frapper le reste des membres ; cet avis est également rapporté de ʿAlī. Ibn ʿUmar montra du doigt les jambes d’une esclave qu’il fit flageller pour fornication.

Ibn ʿAṭiyyah déclare : il y a consensus sur le fait d’épargner le visage, la ʿawrah et les parties vitales.

Ils ont divergé sur le coup porté à la tête : la majorité dit qu’il faut l’éviter. Abū Yūsuf déclare qu’on peut la frapper. Cela est rapporté de ʿUmar et de son fils, tous deux disant qu’on peut frapper la tête. ʿUmar – qu’Allah l’agrée – frappa Ṣabīgh à la tête ; il s’agissait alors d’une taʿzīr et non d’un ḥadd.

Parmi les preuves de Mālik figure la pratique qu’il constata chez les gens, ainsi que la parole du Messager – paix et salut sur lui : « La preuve, sinon un ḥadd sur ton dos », propos qui sera rapporté plus loin.

رُوَاةِ الْمُوَطَّإِ وَلَا أَعْلَمُهُ يَسْتَنِدُ بِهَذَا اللَّفْظِ بِوَجْهٍ مِنَ الْوُجُوهِ، وَقَدْ رَوَى مَعْمَرٌ عَنْ يحيى ابن أَبِي كَثِيرٍ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِثْلُهُ سَوَاءً. وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي " الْمَائِدَةِ" ضَرَبَ عُمَرُ قُدَامَةَ «١» فِي الْخَمْرِ بِسَوْطٍ تَامٍّ. يُرِيدُ وَسَطًا. الْحَادِيَةَ عَشْرَةَ- اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي تجريد المجلود في الزنى، فَقَالَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَغَيْرُهُمَا: يُجَرَّدُ، وَيُتْرَكُ عَلَى الْمَرْأَةِ مَا يَسْتُرُهَا دُونَ مَا يَقِيهَا الضَّرْبَ. وَقَالَ الْأَوْزَاعِيُّ: الْإِمَامُ مُخَيَّرٌ إِنْ شَاءَ جَرَّدَ وَإِنْ شَاءَ تَرَكَ. وَقَالَ الشَّعْبِيُّ وَالنَّخَعِيُّ: لَا يُجَرَّدُ وَلَكِنْ يُتْرَكُ عَلَيْهِ قَمِيصٌ. قَالَ ابن مسعود: لا يحل في هذه الْأَمَةِ تَجْرِيدٌ وَلَا مَدٌّ، وَبِهِ قَالَ الثَّوْرِيُّ. الثَّانِيَةَ عَشْرَةَ- اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي كَيْفِيَّةِ ضَرْبِ الرِّجَالِ وَالنِّسَاءِ، فَقَالَ مَالِكٌ: الرَّجُلُ وَالْمَرْأَةُ فِي الْحُدُودِ كُلِّهَا سَوَاءٌ، لَا يُقَامُ وَاحِدٌ مِنْهُمَا، وَلَا يُجْزِي عِنْدَهُ إِلَّا فِي الظَّهْرِ. وَأَصْحَابُ الرَّأْيِ وَالشَّافِعِيُّ يَرَوْنَ أَنْ يُجْلَدَ الرَّجُلُ وَهُوَ وَاقِفٌ، وَهُوَ قَوْلُ عَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ رَضِيَ اللَّهُ عنه. وقال الليث [بن سعد «٢» ] وَأَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ: الضَّرْبُ فِي الْحُدُودِ كُلِّهَا وَفِي التَّعْزِيرِ مُجَرَّدًا قَائِمًا غَيْرَ مَمْدُودٍ، إِلَّا حَدَّ الْقَذْفِ فَإِنَّهُ يُضْرَبُ وَعَلَيْهِ ثِيَابُهُ. وَحَكَاهُ الْمَهْدَوِيُّ فِي التَّحْصِيلِ عَنْ مَالِكٍ. وَيُنْزَعُ عَنْهُ الْحَشْوُ وَالْفَرْوُ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: إِنْ كَانَ مَدُّهُ صَلَاحًا مُدَّ. الثَّالِثَةَ عَشْرَةَ- وَاخْتَلَفُوا فِي الْمَوَاضِعِ الَّتِي تُضْرَبُ مِنَ الْإِنْسَانِ فِي الْحُدُودِ، فَقَالَ مَالِكٌ: الْحُدُودُ كُلُّهَا لَا تُضْرَبُ إِلَّا فِي الظَّهْرِ، وَكَذَلِكَ التَّعْزِيرُ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَصْحَابُهُ: يُتَّقَى الْوَجْهُ وَالْفَرْجُ وَتُضْرَبُ سَائِرُ الْأَعْضَاءِ، وَرُوِيَ عَنْ عَلِيٍّ. وَأَشَارَ ابْنُ عُمَرَ بِالضَّرْبِ إِلَى رِجْلَيْ أمة جلدها في الزنى. قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَالْإِجْمَاعُ فِي تَسْلِيمِ الْوَجْهِ وَالْعَوْرَةِ وَالْمَقَاتِلِ. وَاخْتَلَفُوا فِي ضَرْبِ الرَّأْسِ فَقَالَ الْجُمْهُورُ: يُتَّقَى الرَّأْسُ. وَقَالَ أَبُو يُوسُفَ: يُضْرَبُ الرَّأْسُ. وَرُوِيَ عَنْ عُمَرَ وَابْنِهِ فَقَالَا: يُضْرَبُ الرأس. وضرب عمر رضى الله عنه صبيغا «٣» فِي رَأْسِهِ وَكَانَ تَعْزِيرًا لَا حَدًّا. وَمِنْ حُجَّةِ مَالِكٍ: مَا أَدْرَكَ عَلَيْهِ النَّاسَ، وَقَوْلُهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (الْبَيِّنَةُ وَإِلَّا حَدٌّ فِي ظَهْرِكَ) وسيأتي.
(١). في الأصول:" الجارود" وهو تحريف، لان الذي ضربه سيدنا عمر رضى الله عنه هو قدامة بن مظعون، وقد ذكر المؤلف رحمه الله تعالى قصته في ج ٦ ص ٢٩٧ فراجعه هناك، وراجع ترجمته في كتب الصحابة. (٢). من ب وج وط وك. (٣). هو صبيغ (كأمير) بن عسل، كان يعنت الناس بالغوامض والسؤالات، فنفاه سيدنا عمر إلى البصرة.

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