Il saura alors s’il est du nombre des alliés d’Allah ou de Ses ennemis ; sans cette certitude il n’aurait pas sollicité d’être renvoyé, et les hommes en prennent conscience avant que la mort ne survienne et qu’ils n’en goûtent l’amertume.
« Peut-être accomplirai-je une œuvre vertueuse » (v. 100). – Ibn ‘Abbâs dit : il veut dire : « Que je témoigne qu’il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah. »
« Dans ce que j’ai délaissé » (v. 100), c’est-à-dire dans ce que j’ai négligé et dont je me suis abstenu parmi les actes d’obéissance. D’autres ont dit : « Dans ce que j’ai laissé [de biens] afin de pouvoir faire l’aumône. »
La particule « la‘alla » implique l’hésitation, alors que celui qui implore le retour est désormais convaincu du châtiment et a résolu, sans la moindre hésitation, de se vouer aux bonnes œuvres. L’éventualité exprimée renvoie soit au fait même d’être ramené à la vie d’ici-bas, soit à l’obtention du tawfîq ; autrement dit : « J’accomplirai des œuvres vertueuses si Tu m’en accordes la réussite », puisqu’il n’a aucune assurance de disposer de la faculté et du tawfîq dans le cas où il retournerait sur terre.
« Pas du tout ! » (kallâ) : parole de refus, signifiant que la réalité n’est pas telle qu’il l’imagine ; il ne sera pas exaucé quant à son retour en ce bas-monde ; ce ne sont que propos voués à se dissiper dans le vent.
On a également dit : même s’il était exaucé dans sa demande, il ne s’acquitterait pas de ce qu’il promet, comme le Très-Haut l’a déclaré : « Et s’ils étaient renvoyés, ils reviendraient sûrement à ce qui leur avait été interdit » (Al-An‘âm, 28).
D’autres ont rapporté au verset : « Kallâ, c’est là une parole qu’il prononcera » (v. 100) le sens suivant : elle renvoie à Allah – Très-Haut –, c’est-à-dire qu’il n’y a point de manquement dans Sa parole ; or Il a informé qu’Il ne retardera aucune âme lorsque son terme échoit, et qu’un tel mécréant ne croira pas.
D’autres disent encore : « C’est une parole qu’il prononcera » au moment de la mort, mais elle ne lui sera d’aucune utilité.
« Et derrière eux se dresse un Barzakh » (v. 100), c’est-à-dire devant eux, à portée de leur regard ; certains disent : derrière eux. Le Barzakh est la barrière séparant la mort de la résurrection, selon Ad-Dahhâk, Mujâhid et Ibn Zayd ; Mujâhid ajoute qu’il s’agit du voile entre la mort et un retour éventuel au bas-monde. Pour Ad-Dahhâk, c’est ce qui sépare la vie d’ici-bas de l’Au-delà. Ibn ‘Abbâs définit le Barzakh comme un voile ; As-Suddi : un terme (ajal) ; Qatâda : ce qu’il reste de la vie d’ici-bas. D’autres enfin y voient le délai accordé jusqu’au Jour de la Résurrection (rapport d’Ibn ‘Isâ). Al-Kalbî précise qu’il s’agit du terme compris entre les deux souffles (dans la Trompe), séparés par quarante ans.
Toutes ces opinions sont proches ; toute barrière entre deux choses est appelée barzakh. Al-Jawharî dit : « Le barzakh est la barrière entre deux réalités ; il représente ce qui sépare la vie d’ici-bas et l’Au-delà depuis la mort jusqu’à la résurrection. Quiconque meurt est donc entré dans le barzakh. »
Un homme dit en présence d’Ash-Sha‘bî : « Qu’Allah fasse miséricorde à untel ; il fait désormais partie des gens de l’Au-delà ! » Ash-Sha‘bî répondit : « Il n’est pas encore des gens de l’Au-delà ; il fait partie des gens du Barzakh, n’appartenant ni à ce monde ni à l’Au-delà. »
Le terme « yawm » a été annexé à « yub‘athûn » parce qu’il s’agit d’un complément de temps ; l’annexion a ici valeur de nom verbal (masdar).