En effet, lorsque les démons se tiennent auprès de l’homme, ils sont prêts à le piquer de leurs insinuations ; mais s’ils ne sont pas présents, aucune de ces piques n’a lieu.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Ǧâbir, – qu’Allah l’agrée – : « J’ai entendu le Messager d’Allah – paix et bénédiction d’Allah sur lui – dire : “Le Démon assiste l’un de vous dans toutes ses affaires, jusqu’à même se tenir auprès de son repas. Si l’un de vous laisse tomber une bouchée, qu’il ôte ce qui y adhère de souillure, puis qu’il la mange et ne la laisse pas au Démon. Et lorsqu’il a terminé, qu’il lèche ses doigts, car il ne sait pas dans quelle partie de sa nourriture se trouve la bénédiction.” »
[Coran, Sûrat al-Mu’minûn (23), versets 99-100]
« Jusqu’à ce que, lorsque la mort vient à l’un d’eux, il dise : “Seigneur ! Fais-moi revenir ; peut-être accomplirai-je une œuvre vertueuse dans ce que j’ai délaissé.” – Non certes ! Ce n’est là qu’une parole qu’il prononce. Et derrière eux s’élève un Barzakh jusqu’au Jour où ils seront ressuscités. »
Paroles du Très-Haut :
« Jusqu’à ce que, lorsque la mort vient à l’un d’eux, il dise : ‘Seigneur ! Fais-moi revenir.’ »
Le discours revient ici aux polythéistes : ils disaient – selon Ses paroles –
« Lorsque nous serons morts… ce ne sont que des récits des Anciens. »
Puis Allah a plaidé contre eux, leur rappelant Sa puissance sur toute chose. Il dit donc qu’ils persévèrent dans leur attitude jusqu’à ce que, lorsque la mort atteint l’un d’eux, celui-ci se rende compte de son égarement et contemple les anges venus saisir son âme, comme Il – Exalté soit-Il – a dit :
« Si tu pouvais voir lorsque les anges ôtent la vie aux mécréants… » (Al-Anfâl, 50).
« Il dit : ‘Seigneur ! Fais-moi revenir’ », souhaitant retourner à la vie pour accomplir une action vertueuse dans ce qu’il a délaissé. Il se peut que cette parole ne soit qu’intérieur à l’âme, comme Allah – Puissant et Majestueux – dit :
« Ils disent en eux-mêmes : “Pourquoi Allah ne nous châtie-t-Il pas pour ce que nous disons ?” » (Al-Muǧâdila, 8).
Quant à son propos « ارجِعُونِ » (Faites-moi revenir), bien qu’il s’adresse à son Seigneur – qu’Il soit exalté – et non pas « ارجِعْنِي » (fais-moi revenir, au singulier), il le fait par magnificence à l’égard de l’Interpelé.
On a aussi dit : ils implorèrent Allah – Majestueux et Très-Haut – en premier lieu ; ainsi l’un d’eux dit : « Seigneur ! », puis il se tourna vers les anges et leur dit : « Faites-moi revenir sur terre » ; c’est l’opinion d’Ibn Ǧurayǧ.
Selon d’autres, « ارجِعُونِ » marque simplement l’insistance : « Fais-moi revenir, fais-moi revenir… »
Al-Muzanî expliqua la parole du Très-Haut :
« Jetez-le tous deux en Géhenne » (Qâf, 24) : son sens est : « Jette, jette. »
Ad-Ḍaḥḥâk dit : il s’agit ici des gens du polythéisme.
Je (l’auteur) dis : la demande de retour n’est pas réservée au mécréant ; le croyant peut également la formuler, comme cela apparaît à la fin de Sûrat al-Munâfiqûn, ainsi qu’il viendra. Ce verset démontre en outre que nul ne meurt sans connaître, de façon inéluctable, s’il fait partie des alliés