Il est écrit, dans l’ensemble des copies du Coran, sans alif.
Quant à la variante de lecture : « سَيَقُولُونَ اللَّهُ » (Ils diront : Allah), c’est parce que la question est formulée sans la préposition lâm ; la réponse a donc été donnée selon la même tournure. En revanche, pour la première occurrence, on lit « لِلَّهِ » (à Allah) car la question y comportait la lâm.
Quant à celui qui lit « لِلَّهِ » avec la lâm dans les deux dernières occurrences alors que la lâm ne figure pas dans la question, c’est que le sens de « قُلْ مَنْ رَبُّ السَّمَاوَاتِ السَّبْعِ وَرَبُّ الْعَرْشِ الْعَظِيمِ » est : « Dis : à qui appartiennent les sept cieux et le Seigneur du Trône sublime ? » ; la lâm étant sous-entendue dans la question, la réponse vient donc naturellement : « لِلَّهِ » (à Allah). La raison de la troisième occurrence est identique à celle de la deuxième.
Le poète a dit :
« S’il est dit : qui est le Seigneur des cols de montagne, des villages
et des coursiers racés à la robe lisse ? – je réponds : c’est Khâlid. »
C’est-à-dire : à qui appartiennent les cols de montagne ? – « المَزَالِف » désigne les « براغيل », ces contrées situées entre les terres cultivées et le désert ; l’unité est « مَزْلَفَة ».
Ces versets indiquent la légitimité de débattre avec les mécréants et d’établir contre eux la preuve, comme il a déjà été expliqué en s. al-Baqarah.
Ils soulignent que Celui qui a initié la création, l’invention, la mise à l’existence et l’innovation est, à juste titre, Celui qui mérite la divinité et l’adoration exclusive.
[Coran, s. al-Mu’minûn (23), v. 90-92]
« Bien au contraire, Nous leur avons apporté la vérité, et certes eux sont des menteurs ;
(90) Allah ne S’est point attribué d’enfant, et il n’existe point avec Lui de divinité ; autrement, chaque divinité se serait retirée avec sa propre création et les unes auraient pris le dessus sur les autres. Gloire à Allah, (Il est) au-dessus de ce qu’ils décrivent ;
(91) (Il est) le Connaisseur de l’Invisible et du visible ; exalté soit-Il au-dessus de ce qu’ils Lui associent. »
Parole du Très-Haut :
« Bien au contraire, Nous leur avons apporté la vérité » (v. 90) : c’est-à-dire une parole véridique, à l’opposé des assertions des mécréants qui affirment l’existence d’un associé [à Allah] et nient la résurrection.
« Et certes, eux sont des menteurs » : lorsqu’ils prétendent que les anges seraient les filles d’Allah.
Allah – Exalté soit-Il – dit ensuite :
« Allah ne S’est point attribué d’enfant » – la préposition « مِنْ » est ici explétive – ;
« et il n’existe point avec Lui de divinité » – la seconde « مِنْ » est également surérogatoire.
Le sens est : Allah n’a pas pris d’enfant, comme vous le prétendez, et aucune divinité ne partage avec Lui la création. Il y a ici une ellipse ; le sens implicite est : s’il y avait avec Lui d’autres dieux, chaque divinité se serait isolée avec ce qu’elle a créé.
« Et les unes auraient pris le dessus sur les autres » : le plus fort aurait dominé le plus faible, comme c’est la coutume entre rois et souverains ; le faible, dominé, ne mériterait pas la divinité.
L’argument qui prouve l’impossibilité d’un associé établit également l’impossibilité pour Allah d’avoir un enfant, car un enfant conteste tout autant le père pour la royauté, à la manière d’un associé.