Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le Très-Haut dit :

« Nous les avons certes saisis par le châtiment. »

Ad-Daḥḥāk a dit : « par la famine. »
D’autres ont dit : « par les maladies, la pauvreté et la faim. »
Et d’autres encore : « par le massacre et la disette. »

« Mais ils ne se sont point soumis à leur Seigneur » : autrement dit, ils ne se sont pas humiliés.
« et ils ne se sont pas montrés suppliants » : c’est-à-dire qu’ils n’ont pas fait preuve d’humilité envers Allah – glorifié soit-Il – quand les épreuves les frappaient.

Ibn ʿAbbās rapporte : ce verset fut révélé au sujet de Thumāma ibn Athāl. Lorsqu’un détachement l’eut capturé, il embrassa l’islam et le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – le libéra. De retour, il coupa à La Mecque l’accès au ravitaillement et déclara : « Par Allah, il ne vous parviendra pas un seul grain de blé du Yamāma tant que le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – n’y aura pas consenti. » Allah frappa Quraych de sécheresse et de famine, si bien qu’ils mangèrent les charognes, les chiens et l’al-ʿilhiz.

On demanda : « Qu’est-ce que l’al-ʿilhiz ? » Il répondit : « Ils prenaient de la laine et du poil, les imbibaient de sang, puis les faisaient rôtir et les mangeaient. »

Abū Sufyān lui dit : « Je t’adjure par Allah et par nos liens de parenté ! Ne prétends-tu pas qu’Allah t’a envoyé comme miséricorde pour les mondes ? » Il répondit : « Certes. » Abū Sufyān reprit : « Par Allah, je ne vois que tu as fait périr les pères par l’épée et les fils par la faim. » Alors fut révélé : « Et si Nous avions eu pitié d’eux et levé le mal qui les atteint, ils persisteraient certes, aveuglément, dans leur transgression. » (23/75)

Le Très-Haut dit encore :

« Jusqu’à ce que, lorsque Nous ouvrîmes pour eux une porte menant à un châtiment terrible, les voilà soudain désespérés. » (23/77)

ʿIkrima a dit : « Il s’agit d’une porte parmi les portes de la Géhenne, gardée par quatre cent mille anges, au visage noirci, aux dents proéminentes, dépourvus de toute miséricorde ; lorsqu’ils l’atteindront, Allah – glorifié soit-Il – l’ouvrira sur eux. »

Ibn ʿAbbās a dit : « Il s’agit de leur mise à mort par l’épée le jour de Badr. »

Mujāhid a dit : « C’est la sécheresse qui les frappa, les contraignant à manger l’al-ʿilhiz, comme mentionné plus haut. »

D’autres ont dit : « Il s’agit de la conquête de La Mecque. »

« Les voilà alors, devant lui, frappés de désespoir » : c’est-à-dire qu’ils sont sans espoir, perplexes, ne sachant que faire, tel celui qui désespère de tout soulagement ou de tout bien. Cette explication a déjà été évoquée dans la sourate al-Anʿām.

Enfin, le Très-Haut dit :

« C’est Lui qui vous a accordé l’ouïe, la vue et les cœurs ; combien vous êtes peu reconnaissants ! » (23/78)

قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلَقَدْ أَخَذْناهُمْ بِالْعَذابِ) قَالَ الضَّحَّاكُ: بِالْجُوعِ. وَقِيلَ: بِالْأَمْرَاضِ وَالْحَاجَةِ وَالْجُوعِ. وَقِيلَ: بِالْقَتْلِ وَالْجُوعِ. (فَمَا اسْتَكانُوا لِرَبِّهِمْ) أَيْ مَا خَضَعُوا. (وَما يَتَضَرَّعُونَ) أَيْ مَا يَخْشَعُونَ لِلَّهِ عَزَّ وَجَلَّ فِي الشَّدَائِدِ تُصِيبُهُمْ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: نَزَلَتْ فِي قِصَّةِ ثُمَامَةَ بْنِ أَثَالٍ لَمَّا أَسَرَتْهُ السَّرِيَّةُ وَأَسْلَمَ وَخَلَّى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سَبِيلَهُ، حَالَ بَيْنَ مَكَّةَ وَبَيْنَ الْمِيرَةِ وَقَالَ: وَاللَّهِ لَا يَأْتِيكُمْ مِنَ الْيَمَامَةِ حَبَّةُ حِنْطَةٍ حَتَّى يَأْذَنَ فِيهَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَأَخَذَ اللَّهُ قُرَيْشًا بِالْقَحْطِ وَالْجُوعِ حَتَّى أَكَلُوا الْمَيْتَةَ وَالْكِلَابَ وَالْعِلْهِزَ، قِيلَ: وَمَا الْعِلْهِزُ؟ قَالَ: كَانُوا يَأْخُذُونَ الصُّوفَ وَالْوَبَرَ فَيَبُلُّونَهُ بِالدَّمِ ثُمَّ يَشْوُونَهُ وَيَأْكُلُونَهُ. فَقَالَ لَهُ أَبُو سُفْيَانَ: أَنْشُدُكَ اللَّهَ وَالرَّحِمَ! أَلَيْسَ تَزْعُمُ أَنَّ اللَّهَ بَعَثَكَ رَحْمَةً لِلْعَالَمِينَ؟ قَالَ (بَلَى) . قَالَ: فَوَاللَّهِ مَا أَرَاكَ إِلَّا قَتَلْتَ الْآبَاءَ بِالسَّيْفِ، وَقَتَلْتَ الْأَبْنَاءَ بِالْجُوعِ، فَنَزَلَ قَوْلُهُ: " وَلَوْ رَحِمْناهُمْ وَكَشَفْنا مَا بِهِمْ مِنْ ضُرٍّ لَلَجُّوا فِي طُغْيانِهِمْ يَعْمَهُونَ" . [[سورة المؤمنون (٢٣) : آية ٧٧]] حَتَّى إِذا فَتَحْنا عَلَيْهِمْ بَابًا ذَا عَذابٍ شَدِيدٍ إِذا هُمْ فِيهِ مُبْلِسُونَ (٧٧) قَوْلُهُ تَعَالَى: (حَتَّى إِذا فَتَحْنا عَلَيْهِمْ بَابًا ذَا عَذابٍ شَدِيدٍ) قَالَ عِكْرِمَةُ: هُوَ بَابٌ مِنْ أَبْوَابِ جَهَنَّمَ، عَلَيْهِ مِنَ الْخَزَنَةِ أَرْبَعُمِائَةِ أَلْفٍ، سُودٌ وُجُوهُهُمْ، كَالِحَةٌ أَنْيَابُهُمْ، وَقَدْ قُلِعَتِ الرَّحْمَةُ مِنْ قُلُوبِهِمْ، إِذَا بَلَغُوهُ فَتَحَهُ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ عَلَيْهِمْ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: هُوَ قَتْلُهُمْ بِالسَّيْفِ يَوْمَ بَدْرٍ. مُجَاهِدٌ: هُوَ الْقَحْطُ الَّذِي أَصَابَهُمْ حَتَّى أَكَلُوا الْعِلْهِزَ مِنَ الْجُوعِ، عَلَى مَا تَقَدَّمَ. وَقِيلَ: فَتْحُ مَكَّةَ. (إِذا هُمْ فِيهِ مُبْلِسُونَ) أي يأيسون متحيرون لا يدرون ما يصنعون، كالآئس مِنَ الْفَرَجِ وَمِنْ كُلِّ خَيْرٍ. وَقَدْ تَقَدَّمَ في " الانعام «١» " . [[سورة المؤمنون (٢٣) : آية ٧٨]] وَهُوَ الَّذِي أَنْشَأَ لَكُمُ السَّمْعَ وَالْأَبْصارَ وَالْأَفْئِدَةَ قَلِيلاً مَا تَشْكُرُونَ (٧٨)
(١). راجع ج ٦ ص ٤٢٦.

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