Quatrièmement : Cette réprobation (du fait de veiller et de converser après la prière d’al-ʿichâ’) ne concerne que ce qui n’entre pas dans le cadre des actes de rapprochement (qurubât), des évocations (adhkâr), de l’enseignement du savoir, des veillées familiales consacrées à la science, à l’explication des intérêts religieux ou assimilés. A propos de ces dernières, il est rapporté du Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – ainsi que des pieux prédécesseurs, des textes attestant non seulement leur licéité mais encore leur recommandation.
Al-Bukhârî a consacré un chapitre intitulé : « Chapitre : Veiller pour la jurisprudence et le bien après la prière d’al-ʿichâ’. » Il y rapporte que Qurrat ibn Khâlid a dit : « Nous avons attendu al-Ḥasan et il tarda à venir jusqu’à ce que l’heure de sa station nocturne fût proche. Lorsqu’il arriva, il dit : “Ce sont nos voisins qui nous ont invités.” »
Puis il mentionna la parole d’Anas : « Nous avons attendu le Messager d’Allâh – que la bénédiction et la paix d’Allâh soient sur lui – une certaine nuit, jusqu’à ce que la moitié de la nuit fût écoulée. Il vint alors, accomplit la prière puis nous adressa un sermon en ces termes : “Les gens ont déjà prié, or vous demeurez en prière tant que vous attendez la prière.” »
Al-Ḥasan commenta : « Les gens ne cessent d’être dans le bien tant qu’ils attendent le bien. »
Al-Bukhârî ajoute un autre chapitre : « Chapitre : Veiller avec l’hôte et les proches. » Il y cite le ḥadîth d’Abû Bakr ibn ʿAbd ar-Raḥmân selon lequel les Aṣḥâb aṣ-Ṣuffa étaient pauvres… (le ḥadîth). Muslim l’a également rapporté.
Par ailleurs, il est largement connu dans les récits ce qui concerne la garde des frontières et la protection des troupes, la nuit, quant aux immenses récompenses et au grand mérite qui y sont attachés ; nous en avons déjà mentionné un ensemble à la fin de la sourate « Âl ʿImrân ». Louange à Allâh seul.
(68) « N’ont-ils donc pas médité la Parole, ou leur est-il venu quelque chose qui n’était jamais venu à leurs premiers ancêtres ? »
Parole du Très-Haut : « N’ont-ils donc pas médité la Parole » : c’est-à-dire le Coran. Cela rejoint Sa parole : « Ne méditent-ils donc pas le Coran ? » (an-Nisâ’, 82). Le Coran est appelé « Parole » parce qu’ils y sont interpellés.
« Ou bien leur est-il venu ce qui n’était pas venu à leurs premiers ancêtres » et qu’ils ont, pour cela, rejeté et délaissé la méditation. Ibn ʿAbbâs a dit : le sens en est : Ou bien est-ce parce qu’il leur est parvenu quelque chose de nouveau auquel leurs pères n’avaient jamais été confrontés, de sorte qu’ils l’ont renié et ont négligé de le considérer ? On a aussi dit : « am » ici signifie « mais », c’est-à-dire : mais est-il arrivé à leurs ancêtres ce qui leur donnerait sûreté contre le châtiment, si bien qu’ils s’en sont détournés ?
(69) « Ou bien ne reconnaissent-ils pas leur Messager, de sorte qu’ils le renient ? »