par obéissance à Allah, — soit dans un état de divagation, soit en Lui portant préjudice.
Al-A‘mach disait :
« Lorsque tu vois un vieil homme qui n’écrit pas le ḥadith, gifle-le, car il fait partie des “cheikhs de la lune”, c’est-à-dire ceux qui se réunissent les nuits de clair de lune pour deviser des époques des califes et des gouverneurs, tandis qu’aucun d’eux ne sait même pratiquer correctement les ablutions pour la prière. »
Troisièmement :
Muslim rapporte d’après Abû Barzah :
« Le Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — retardait la ṣalât al-‘Ichâ’ jusqu’au premier tiers de la nuit et il réprouvait qu’on dorme avant elle ou qu’on bavarde après. »
Les savants expliquent :
La réprobation du sommeil avant ‘Ichâ’ vise à ne pas risquer de laisser passer la prière, soit totalement, soit en dehors de son temps le plus méritoire. Pour cette raison ‘Umar disait : « Que l’œil de celui qui dort (avant ‘Ichâ’) ne goûte jamais le sommeil ! » — il le répéta trois fois. Parmi ceux qui ont désapprouvé le sommeil avant ‘Ichâ’ : ‘Umar, son fils ‘Abd Allâh, Ibn ‘Abbâs et d’autres encore ; tel est également l’avis de Mâlik. Certains, comme ‘Alî, Abû Mûsâ et d’autres, l’ont permis ; c’est l’avis des juristes de Koufa. D’aucuns ont posé la condition qu’on se fasse accompagner de quelqu’un capable de vous réveiller pour la prière ; cela est rapporté d’Ibn ‘Umar et adopté par Ṭaḥâwî.
Quant à la réprobation du bavardage après ‘Ichâ’, c’est parce que la prière a alors effacé les fautes ; le croyant s’endort en paix, et les scribes (angéliques) ont clos sa page par un acte d’adoration. S’il se met à veiller et à parler, il remplit sa page de futilités et en fait terminer l’écriture par le vain et le faux — ce qui ne sied pas au croyant. De plus, les veillées bavardes font souvent dominer le sommeil en fin de nuit ; on manque alors la prière nocturne, voire la ṣalât al-Ṣubḥ.
On a dit encore : la défaveur du samer après ‘Ichâ’ s’appuie sur le ḥadith rapporté par Jâbir ibn ‘Abd Allâh : « Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et de paix — dit : “Gardez-vous de veiller et deviser après que les pas se sont tus ; nul ne sait ce qu’Allah fait sortir de Ses créatures. Fermez les portes, attachez les outres, couvrez les récipients et éteignez les lampes.” »
Il est rapporté que ‘Umar frappait les gens qui bavardaient après ‘Ichâ’ et disait : « Veillées en début de nuit, puis sommeil à son terme ! Laissez donc reposer vos scribes ! »
On rapporte même d’Ibn ‘Umar qu’il disait : « Quiconque déclame un seul vers de poésie après ‘Ichâ’, sa prière ne sera pas acceptée jusqu’au matin. » Shaddâd ibn Aws en a attribué la chaîne au Prophète — paix et bénédiction sur lui.
On a dit encore : la sagesse de la réprobation du bavardage après ‘Ichâ’ tient à ce qu’Allah, Exalté soit-Il, a fait de la nuit un temps de quiétude ; si l’homme y converse, il en fait comme un jour, lequel est dévolu aux affaires de la subsistance. C’est comme s’il voulait contredire la sagesse divine qui régit l’existence, car Allah dit :
« Et c’est Lui qui a fait pour vous de la nuit un vêtement, du sommeil un repos, et a fait du jour une résurrection (d’activité). » [Sourate al-Furqân, v. 47]