[Sourate al-Mu’minûn (23), verset 62]
« Nous n’imposons à aucune âme que ce qu’elle peut supporter. Et auprès de Nous se trouve un Livre qui expose la vérité, et nul ne sera lésé. » (62)
Le Très-Haut a dit : « Nous n’imposons à aucune âme que ce qu’elle peut supporter. » – Il a déjà été question, dans la sourate al-Baqarah (2), du fait que ce verset abroge tout ce qui, dans la Loi, semblait impliquer la charge de l’insupportable.
« Et auprès de Nous se trouve un Livre qui expose (litt. : parle) avec vérité. » – L’explication la plus manifeste est qu’il s’agit du registre recensant les œuvres, que les anges élèvent vers Allah. Il l’a attribué à Lui-même parce que ces anges n’y inscrivent les actes des serviteurs que par Son ordre ; ce registre « parle avec vérité ». Le verset contient ainsi une menace et ôte tout espoir d’injustice ou de partialité. Employer le terme « parler » à propos d’un livre est permis ; l’intention est que les prophètes exposent ce qu’il renferme. – Et Allah est plus savant.
On a aussi dit qu’il s’agit de la Table préservée où tout est consigné et dont rien n’est outrepassé. D’autres ont soutenu que l’expression « un Livre auprès de Nous » désigne le Coran. – Allah sait parfaitement ; chacune de ces interprétations est possible, la première demeurant toutefois la plus évidente.
[Sourate al-Mu’minûn (23), versets 63-65]
« Mais leurs cœurs sont plongés dans une insouciance profonde à l’égard de cela. Ils ont cependant des actes, autres que ceux-là, qu’ils accompliront. (63) Jusqu’à ce que, lorsque Nous saisissons leurs nantis par le châtiment, voilà qu’ils implorent en gémissant ! (64) – “N’implorez pas aujourd’hui ! Assurément vous ne trouverez auprès de Nous nul secours.” » (65)
Le Très-Haut a dit : « Mais leurs cœurs sont dans une immersion (ghamrah) à l’égard de cela. » – Mujâhid explique : dans un voile, une insouciance, une cécité vis-à-vis du Coran. On dit : « l’eau l’a submergé (ghamarahu) » lorsqu’elle le recouvre entièrement ; de même, on qualifie un fleuve de « ghamir » lorsqu’il couvre celui qui s’y engage ; et l’on dit d’un homme « ghamir » quand l’opinion d’autrui le submerge.
D’aucuns ont dit que « ghamrah » est employé parce qu’elle recouvre le visage ; de là les expressions « entrer dans la foule (ghimâr) » ou « dans leur voile (khimâr) », c’est-à-dire dissimulé au sein de la multitude.
Il a aussi été dit : « leurs cœurs sont dans une ghamrah », c’est-à-dire dans la perplexité et l’aveuglement à l’égard des œuvres de piété mentionnées plus haut, selon Qatâdah, ou à l’égard du Livre qui expose la vérité.
« Et il est pour eux des actes, en dehors de cela, qu’ils accompliront forcément. » – Qatâdah et Mujâhid disent : il s’agit de fautes qu’ils ne manqueront pas de commettre, en dehors de la vérité. Al-Hasan et Ibn Zayd commentent : « Ils ont des œuvres détestables qu’ils n’ont pas encore accomplies… »