On y a ajouté une wāw en raison de l’affinité qui unit, dans l’écriture discrète, les lettres d’allongement et de souplesse ; c’est ce qu’a rapporté Ibn al-Anbârî.
An-Naḥḥâs a dit : la lecture notoire selon Ibn ʿAbbâs est : « وَالَّذِينَ يَأْتُونَ مَا أَتَوْا – ceux qui accomplissent ce qu’ils ont accompli », et c’est la lecture transmise du Prophète ﷺ ainsi que de ʿÂʾicha – qu’Allah l’agrée. Son sens est : ils agissent selon les œuvres qu’ils ont déjà faites, comme cela est rapporté dans le ḥadith.
Le wajal – la crainte révérencielle – est voisin de l’appréhension et de la peur ; aussi, le pieux et le repentant redoutent-ils surtout l’issue finale et ce qui apparaîtra après la mort.
Dans Sa parole : « … parce qu’ils retourneront vers leur Seigneur » (v. 60) se trouve un rappel de la conclusion ultime. Et dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî : « Les œuvres ne valent que par leur terme final. »
Quant à celui qui mêle (le bien et le mal), il doit demeurer dans la crainte que la menace ne s’accomplisse contre lui à cause de ce mélange.
Les maîtres de l’intuition spirituelle ont dit : la crainte qu’éprouve l’initié à propos de son obéissance est plus intense que la crainte qu’il ressent face à sa désobéissance, car la désobéissance est effacée par le repentir, tandis que l’obéissance exige la rectitude de l’intention.
Le terme « أَنَّهُمْ » signifie « parce qu’ils », ou « du fait qu’ils », dans l’expression : « … parce qu’ils retourneront vers leur Seigneur » (v. 60).
« Ceux-là se hâtent vers les bonnes œuvres, et ils y devancent (les autres) » (v. 61) : c’est-à-dire qu’ils rivalisent d’ardeur dans les actes d’obéissance afin de mériter les plus hauts rangs et les demeures élevées.
On a également récité : « يُسْرِعُونَ فِي الْخَيْرَاتِ », c’est-à-dire qu’ils se pressent vers elles. Le verbe « يُسَارِعُونَ » implique l’idée de concurrence : ils se mesurent à quiconque les devance vers ces œuvres, l’objet direct étant sous-entendu.
Az-Zajjâj a dit : « يُسَارِعُونَ » est plus expressif que « يُسْرِعُونَ ».
« Et ils les devancent » : la meilleure explication est qu’ils anticipent leurs moments (prescrits). Cette expression indique que la prière accomplie au début de son temps est préférable, comme cela a déjà été évoqué dans la Sourate al-Baqarah. Quiconque précède à une chose en est donc le devancier, et quiconque retarde par rapport à elle a été précédé et l’a manquée. Ainsi, le lâm dans « لَهَا » revêt ici le sens de « إِلَى » (vers), comme dans la parole divine : « Ton Seigneur lui a révélé » (az-Zalzalah, 5), c’est-à-dire : Lui a révélé à elle.
Sîbawayh a cité le vers suivant :
« Ma chamelle se détourne des vastes étendues du Yamâmah,
Et ne recherche, parmi ses gens, que toi seul. »
D’après Ibn ʿAbbâs, le sens de « وَهُمْ لَهَا سَابِقُونَ » est : le bonheur leur a été décrété par Allah, c’est pourquoi ils se sont empressés dans les bonnes œuvres.
Il a aussi été dit : ils sont des devanciers en raison même des bonnes œuvres.