Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Certes, ceux qui, par crainte de leur Seigneur, sont emplis de crainte ».

Lorsque le texte eut terminé d’évoquer les mécréants et de les menacer, il enchaîna aussitôt par le rappel des croyants qui rivalisent dans les bonnes œuvres, leur annonça la bonne nouvelle (de la récompense) et mentionna cela au moyen des plus nobles de leurs qualités.

« Mushfiqûn » signifie : craintifs, anxieux devant ce par quoi Allah – qu’Il soit exalté – les a mis en garde.

« Et ceux qui croient aux signes de leur Seigneur ; ceux qui n’associent rien à leur Seigneur ; et ceux qui donnent ce qu’ils donnent tandis que leurs cœurs sont pleins d’appréhension » (versets 58 à 60).

Al-Ḥasan a dit : « Ils offrent (leurs œuvres) avec sincérité mais redoutent qu’elles ne soient pas acceptées. »

At-Tirmidhî rapporte d’Aʿïcha – qu’Allah l’agrée, l’épouse du Prophète ﷺ – qu’elle dit : « J’interrogeai le Messager d’Allah ﷺ à propos de ce verset : “Et ceux qui donnent ce qu’ils donnent tandis que leurs cœurs sont pleins d’appréhension” (60). Je demandai : “S’agit-il de ceux qui boivent du vin et dérobent ?” Il répondit : “Non, ô fille d’Aṣ-Ṣiddîq ! Ce sont plutôt ceux qui jeûnent, prient et font l’aumône, tout en craignant que cela ne soit pas accepté d’eux ; ce sont eux qui se hâtent dans les bonnes œuvres.” »

Al-Ḥasan dit encore : « Nous avons connu des gens dont la crainte que leurs bonnes actions leur soient rejetées était plus grande que la vôtre concernant d’éventuels châtiments pour vos mauvaises actions. »

ʿÂʾicha, Ibn ʿAbbâs et An-Nakhaʿî ont récité : « Et ceux qui viennent avec ce qu’ils ont accompli » (yaʾtūna mâ ataw)
(2) au lieu de « yuʾtūna ».

Al-Farrâʾ dit : « Si cette lecture est bien authentique d’ʿÂʾicha, elle ne contredit pas la récitation de la communauté, car certains Arabes maintiennent l’alif après toute hamza dans l’écriture. Ils écrivent ainsi “suʾila” avec une alif après le sîn, “yastahziʾūna” avec une alif entre le zây et le wāw, de même “shayʾ” avec une alif après le yâʾ. Il n’est donc pas étonnant, selon leur méthode, d’écrire “yuʾtūna” avec une alif après le yâʾ ; une telle graphie peut alors se lire de deux manières : “yuʾtūna mâ ātaw” et “yaʾtūna mâ ataw”. »

La lecture adoptée par la majorité offre, quant à elle, deux interprétations possibles :

  1. Ceux qui donnent ce qu’ils donnent – en zakât et en aumônes – tandis que leurs cœurs demeurent anxieux ;
  2. Ceux qui présentent aux anges chargés d’inscrire les œuvres des serviteurs ce qu’ils ont accompli, et dont les cœurs sont emplis d’appréhension. Le complément d’objet est ici omis tant le sens est clair, à l’instar de la parole du Très-Haut : « Là, les gens seront abreuvés, et là ils pressent » (Yūsuf, 49) – c’est-à-dire qu’ils pressent le sésame et le raisin ; l’objet a été élidé car son sens ressort de lui-même.

Il se peut donc que l’orthographe originelle, telle qu’elle figure dans l’Imam (l’original), soit « yaʾtūna » avec une alif substituée à la hamza, d’où l’écriture de l’alif.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّ الَّذِينَ هُمْ مِنْ خَشْيَةِ رَبِّهِمْ مُشْفِقُونَ) لَمَّا فَرَغَ مِنْ ذِكْرِ الْكَفَرَةِ وَتَوَعَّدَهُمْ عَقِبَ ذَلِكَ بِذِكْرِ الْمُؤْمِنِينَ الْمُسَارِعِينَ فِي الْخَيْرَاتِ وَوَعَدَهُمْ، وَذَكَرَ ذَلِكَ بِأَبْلَغِ صِفَاتِهِمْ. وَ (مُشْفِقُونَ) خَائِفُونَ وَجِلُونَ مِمَّا خَوَّفَهُمُ اللَّهُ تَعَالَى. (وَالَّذِينَ هُمْ بِآياتِ رَبِّهِمْ يُؤْمِنُونَ. وَالَّذِينَ هُمْ بِرَبِّهِمْ لَا يُشْرِكُونَ. وَالَّذِينَ يُؤْتُونَ مَا آتَوْا وَقُلُوبُهُمْ وَجِلَةٌ) ٦٠ - ٥٨ قَالَ الْحَسَنُ: يُؤْتُونَ الْإِخْلَاصَ وَيَخَافُونَ أَلَّا يُقْبَلَ مِنْهُمْ. وَرَوَى التِّرْمِذِيُّ عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا زَوْجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَتْ: سَأَلْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ هَذِهِ الْآيَةِ " وَالَّذِينَ يُؤْتُونَ مَا آتَوْا وَقُلُوبُهُمْ وَجِلَةٌ ٦٠" قَالَتْ عَائِشَةُ: أَهُمُ الَّذِينَ يَشْرَبُونَ الْخَمْرَ وَيَسْرِقُونَ؟ قَالَ: (لَا يَا بِنْتَ الصِّدِّيقِ وَلَكِنَّهُمُ الَّذِينَ يَصُومُونَ وَيُصَلُّونَ وَيَتَصَدَّقُونَ وَهُمْ يَخَافُونَ أَلَّا يُقْبَلَ مِنْهُمْ أُولَئِكَ الَّذِينَ يُسَارِعُونَ فِي الْخَيْرَاتِ (. وَقَالَ الْحَسَنُ: لَقَدْ أَدْرَكْنَا «١» أَقْوَامًا كَانُوا مِنْ حَسَنَاتِهِمْ أَنْ تُرَدَّ عَلَيْهِمْ أَشْفَقَ مِنْكُمْ عَلَى سَيِّئَاتِكُمْ أَنْ تُعَذَّبُوا عَلَيْهَا. وَقَرَأَتْ عَائِشَةُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا وَابْنُ عَبَّاسٍ وَالنَّخَعِيُّ: " وَالَّذِينَ يَأْتُونَ مَا أَتَوْا" «٢» مَقْصُورًا مِنَ الْإِتْيَانِ. قَالَ الْفَرَّاءُ: وَلَوْ صَحَّتْ هَذِهِ الْقِرَاءَةُ عَنْ عَائِشَةَ لَمْ تُخَالِفْ قِرَاءَةَ الْجَمَاعَةِ، لِأَنَّ الْهَمْزَ مِنَ الْعَرَبِ مَنْ يَلْزَمُ فِيهِ الْأَلِفَ فِي كُلِّ الْحَالَاتِ إِذَا كَتَبَ، فَيَكْتَبُ سُئِلَ الرَّجُلُ بِأَلِفٍ بَعْدَ السِّينِ، وَيَسْتَهْزِئُونَ بِأَلِفٍ بين الزاي والواو، وشئ وشئ بِأَلِفٍ بَعْدَ الْيَاءِ، فَغَيْرُ مُسْتَنْكَرٍ فِي مَذْهَبِ هَؤُلَاءِ أَنْ يُكْتَبَ " يُؤْتُونَ" بِأَلِفٍ بَعْدَ الْيَاءِ، فَيَحْتَمِلُ هَذَا اللَّفْظُ بِالْبِنَاءِ عَلَى هَذَا الْخَطِّ قِرَاءَتَيْنِ " يُؤْتُونَ مَا آتَوْا ٦٠" وَ " يَأْتُونَ مَا أَتَوْا" . وَيَنْفَرِدُ مَا عَلَيْهِ الْجَمَاعَةُ بِاحْتِمَالِ تَأْوِيلَيْنِ: أَحَدُهُمَا- الَّذِينَ يُعْطُونَ مَا أَعْطَوْا مِنَ الزَّكَاةِ وَالصَّدَقَةِ وَقُلُوبُهُمْ خَائِفَةٌ. وَالْآخَرُ- وَالَّذِينَ يُؤْتُونَ الْمَلَائِكَةَ الَّذِينَ يَكْتُبُونَ الْأَعْمَالَ عَلَى الْعِبَادِ مَا آتَوْا وَقُلُوبُهُمْ وَجِلَةٌ، فَحُذِفَ مَفْعُولٌ فِي هَذَا الْبَابِ لِوُضُوحِ مَعْنَاهُ، كَمَا حُذِفَ فِي قَوْلِهِ عَزَّ وجل: " فِيهِ يُغاثُ النَّاسُ وَفِيهِ يَعْصِرُونَ" [يوسف: ٤٩] وَالْمَعْنَى يَعْصِرُونَ السِّمْسِمَ وَالْعِنَبَ، فَاخْتُزِلَ الْمَفْعُولُ لِوُضُوحِ تَأْوِيلِهِ. وَيَكُونُ الْأَصْلُ فِي الْحَرْفِ عَلَى هِجَائِهِ الوجود فِي الْإِمَامِ " يَأْتُونَ" بِأَلِفٍ مُبْدَلَةٍ مِنَ الْهَمْزَةِ فكتبت الالف
(١). في ب وك: أدركت. (٢). راجع ج ٩ ص ٢٠٤ فما بعد.

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