Il s’y trouve quatre questions :
Premièrement – La parole du Très-Haut : « Et certes, cette communauté qui est la vôtre est une communauté unique. » Le sens en est : ce qui vient d’être mentionné constitue votre religion et votre confession ; attachez-vous-y. Le terme « umma » signifie ici : la religion – comme on l’a déjà exposé – et c’est dans ce sens qu’Allâh dit : « Nous avons trouvé nos pères attachés à une umma » (az-Zukhruf, 22), c’est-à-dire à une religion. Le poète an-Nâbigha a dit :
« J’ai juré sans laisser place au moindre soupçon…
Un homme appartenant à une religion peut-il encourir un blâme alors qu’il obéit ? »
Deuxièmement – On a lu « wa-inna hâdhihi » avec la kasra de « inna » – pause oratoire – et avec sa fatha suivie du redoublement du nûn. Al-Khalîl a expliqué qu’elle se trouve à la place d’un accusatif du fait de la suppression de la préposition ; c’est-à-dire : « Je sais que ceci est votre religion, celle à laquelle Je vous ai ordonné de croire. » Al-Farrâ’ dit : « anna » dépend d’un verbe sous-entendu dont le sens est : « Sachez que cette communauté est la vôtre. » Selon Sîbawayh, elle dépend de Sa parole : « Craignez-Moi », le sens étant : « Craignez-Moi, car votre communauté est unique. » Il en est de même pour la parole divine : « Et parce que les mosquées appartiennent à Allâh, n’invoquez donc avec Allâh personne d’autre » (al-Jinn, 18), c’est-à-dire : parce que les mosquées appartiennent à Allâh, n’y invoquez aucun autre. De même : « Pour le covenant établi avec Quraych » (Quraych, 1), c’est-à-dire : qu’ils adorent donc le Seigneur de cette Maison en reconnaissance du covenant accordé à Quraych.
Troisièmement – Ce verset vient confirmer que la parole du Très-Haut : « Ô Messagers ! » s’adresse à tous les messagers, comme s’ils étaient présents ensemble. Si l’on considère que « Ô Messagers ! » ne s’adresse qu’à Muḥammad – paix et bénédictions sur lui –, la liaison avec le verset présent ainsi qu’avec « Ils se sont divisés » devient heurtée. En effet, même si « Et Je suis votre Seigneur, craignez-Moi » s’adresse aux prophètes, leurs communautés y sont incluses par le sens ; il est donc opportun que vienne ensuite « Ils se sont divisés », c’est-à-dire : ils se sont fractionnés – les communautés – et ont fait de leur religion des religions multiples alors qu’il leur avait été ordonné de s’unir. Allâh évoque ensuite que chacun d’eux se complaît dans son opinion et son égarement ; c’est là l’aboutissement de l’égarement.
Quatrièmement – Ce verset renvoie à la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui : « Sachez que ceux qui vous ont précédés parmi les Gens du Livre se sont divisés en soixante-douze sectes ; et cette communauté se divisera en soixante-treize : soixante-douze iront au Feu et une seule sera au Paradis ; c’est la Jamâ‘a (la voie du consensus). » Hadith rapporté par Abû Dâwûd, etc.