Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Tout ce qui se situe en contrebas des lieux apparents, des hauteurs toutes entières … et la dissimulation – hélas ! que c’est disparate et lointain ! »

Il existe donc dix formes dialectales pour ce vocable.

• Celui qui prononce « hayhâta » en ouvrant la lettre tâ’ le considère comme les particules ayna (« où ») et kayfa (« comment »).

• On a aussi dit : ces deux mots constituent une locution composée, à l’instar de « khamsata ‘ashara » (quinze), « Ba‘labakk » ou « Râma-Hurmuza » ; on fait alors la pause sur le second élément avec le h , comme l’on dit : « khamsa ‘ashrata », « sab‘a ‘ashrata ».

Al-Far­râ’ a déclaré : son érection (au cas accusatif) suit la même règle que pour « thammata » et « rub­bata ». Il est également permis de justifier l’ouverture par une simple harmonisation avec l’alif et la fatha qui la précède. Celui qui met la kasra à la tâ’ la traite comme « amsi » (hier) et « hâ’ulâ’i » (ceux-ci).

Puis il récita :
« Hayhâta, hayhâta, retour vers toi ! »

Al-Kisâ’î dit : celui qui brise la tâ’ s’arrête dessus au moyen d’un h , et dira : « hayhâh ». Celui qui la prononce fatha s’arrête sur la tâ’, ou, s’il le souhaite, sur le h . Celui qui la met en ḍammah la traite comme « mundhu », « qaṭṭu » ou « ḥaythu ».

• Celui qui lit « hayhâta » avec tanwîn l’entend comme un pluriel employé pour indéfinir la notion ; c’est comme s’il disait : « loin, bien loin ! »

• D’autres ont affirmé que l’abaissement et la nunation répondent à l’analogie des onomatopées, telles que « ghâqa » ou « ṭâqa ».

Al-Akhfash ajoute : « hayhâta » peut être entendu comme un plural féminin ; la tâ’ y serait alors la marque du collectif.

• Quiconque le lit « hayhâta » peut le considérer comme un nom pleinement décliné véhiculant l’idée d’éloignement, sans en faire un verbe figé.

• On a encore soutenu que la tâ’ y ressemble à la tâ’ du pluriel, comme dans la parole divine : « Lorsque vous déferlez depuis ‘Arafāt » (al-Baqarah, 198).

Al-Far­râ’ déclare : « Il me semble préférable de faire la pause sur la tâ’, car certains Arabes la prononcent toujours avec kasra ; elle devient alors comparable à ‘Arafāt, Malakût et semblables. » Mujâhid, ‘Isâ b. ‘Umar, Abû ‘Amr b. al-‘Alâ’, al-Kisâ’î et Ibn Kathîr s’arrêtaient dessus en disant : « hayhâh » avec le h . Il est néanmoins rapporté d’Abû ‘Amr qu’il marquait parfois la pause avec la tâ’, comme le font la majorité des récitateurs, au motif qu’il s’agit d’une particule.

Ibn al-Anbârî précise : celui qui considère les deux termes comme une seule particule indivisible ne s’arrête pas sur le premier, mais sur le second avec le h ; il dira donc : « hayhâta hayhâh », à l’image de « khamsa ‘ashrata », ainsi qu’on l’a déjà indiqué. Celui qui envisage de séparer l’un de l’autre fera la pause, dans les deux cas, aussi bien sur le h que sur la tâ’, le h étant originairement une tâ’.

[Coran, 23 : 37]
« Il n’est pour nous d’autre vie que notre vie d’ici-bas ; nous mourons et nous vivons, et l’on ne nous ressuscitera point. »

وَمِنْ دُونِيَ الْأَعْيَانُ وَالْقِنْعُ كُلُّهُ ... وَكِتْمَانُ أَيْهَا مَا أَشَتَّ وَأَبْعَدَا» فَهَذِهِ عَشْرُ لُغَاتٍ. فَمَنْ قَالَ: " هَيْهاتَ" بِفَتْحِ التَّاءِ جَعَلَهُ مِثْلَ أَيْنَ وَكَيْفَ. وَقِيلَ: لِأَنَّهُمَا أَدَاتَانِ مُرَكَّبَتَانِ مِثْلُ خَمْسَةَ عَشَرَ وَبَعْلَبَكَّ وَرَامَ هُرْمُزَ، وَتَقِفُ عَلَى الثَّانِي بِالْهَاءِ، كَمَا تَقُولُ: خَمْسَ عَشْرَةَ وَسَبْعَ عَشْرَةَ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: نَصْبُهَا كَنَصْبِ ثَمَّتْ وَرُبَّتْ، وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ الْفَتْحُ إِتْبَاعًا لِلْأَلِفِ وَالْفَتْحَةِ الَّتِي قَبْلَهَا. وَمَنْ كَسَرَهُ جَعَلَهُ مِثْلَ أَمْسِ وَهَؤُلَاءِ. قَالَ: وَهَيْهَاتَ هَيْهَاتَ «٢» إِلَيْكَ رُجُوعُهَا قَالَ الْكِسَائِيُّ: وَمَنْ كَسَرَ التَّاءَ وَقَفَ عَلَيْهَا بِالْهَاءِ، فَيَقُولُ هَيْهَاهْ. وَمَنْ نَصَبَهَا وَقَفَ بِالتَّاءِ وَإِنْ شَاءَ بِالْهَاءِ. وَمَنْ ضَمَّهَا فَعَلَى مِثْلِ مُنْذُ وَقَطُّ وَحَيْثُ. وَمَنْ قَرَأَ: " هَيْهَاتَ" بِالتَّنْوِينِ فَهُوَ جَمْعٌ ذَهَبَ بِهِ إِلَى التَّنْكِيرِ «٣» ، كَأَنَّهُ قَالَ بُعْدًا بُعْدًا. وَقِيلَ: خُفِضَ وَنُوِّنَ تَشْبِيهًا بِالْأَصْوَاتِ بِقَوْلِهِمْ: غَاقَ وَطَاقَ. وَقَالَ الْأَخْفَشُ: يَجُوزُ فِي " هَيْهاتَ" أَنْ تَكُونَ جَمَاعَةً فَتَكُونَ التَّاءُ الَّتِي فِيهَا تَاءَ الْجَمِيعِ الَّتِي لِلتَّأْنِيثِ. وَمَنْ قَرَأَ: " هَيْهاتَ" جَازَ أَنْ يَكُونَ أَخْلَصَهَا اسْمًا مُعْرَبًا فِيهِ مَعْنَى الْبُعْدِ، وَلَمْ يَجْعَلْهُ اسْمًا لِلْفِعْلِ فَيَبْنِيهِ. وَقِيلَ: شَبَّهَ التَّاءَ بِتَاءِ الْجَمْعِ، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: " فَإِذا أَفَضْتُمْ مِنْ عَرَفاتٍ «٤» " [البقرة: ١٩٨] . قَالَ الْفَرَّاءُ: وَكَأَنِّي أَسْتَحِبُّ الْوَقْفَ عَلَى التَّاءِ، لِأَنَّ مِنَ الْعَرَبِ مَنْ يَخْفِضُ التَّاءَ عَلَى كُلِّ حَالٍ، فَكَأَنَّهَا مِثْلُ عَرَفَاتٍ وَمَلَكُوتٍ وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ. وَكَانَ مُجَاهِدٌ وَعِيسَى بْنُ عُمَرَ وَأَبُو عَمْرِو بْنُ الْعَلَاءِ وَالْكِسَائِيُّ وَابْنُ كَثِيرٍ يَقِفُونَ عَلَيْهَا " هَيْهَاهْ" بِالْهَاءِ. وَقَدْ رُوِيَ عَنْ أَبِي عَمْرٍو أَيْضًا أَنَّهُ كَانَ يَقِفُ عَلَى " هَيْهَاتَ" بِالتَّاءِ، وَعَلَيْهِ بَقِيَّةُ الْقُرَّاءِ لِأَنَّهَا حَرْفٌ. قَالَ ابْنُ الْأَنْبَارِيِّ. مَنْ جَعَلَهُمَا حَرْفًا وَاحِدًا لَا يُفْرَدُ أَحَدُهُمَا مِنَ الْآخَرِ، وَقَفَ عَلَى الثَّانِي بِالْهَاءِ وَلَمْ يَقِفْ عَلَى الْأَوَّلِ، فَيَقُولُ: هَيْهَاتَ هَيْهَاهْ، كَمَا يَقُولُ خَمْسَ عَشْرَةَ، عَلَى مَا تَقَدَّمَ. وَمَنْ نَوَى إِفْرَادَ أَحَدِهِمَا مِنَ الْآخَرِ وَقَفَ فِيهِمَا جَمِيعًا بِالْهَاءِ وَالتَّاءِ، لِأَنَّ أصل الهاء تاء. [[سورة المؤمنون (٢٣) : آية ٣٧]] إِنْ هِيَ إِلاَّ حَياتُنَا الدُّنْيا نَمُوتُ وَنَحْيا وَما نَحْنُ بِمَبْعُوثِينَ (٣٧)
(١). الأعيان والقنع وكتمان، كلها مواضع. وفى ب وج وك بدل" الأعيان" الأعيار. وكذا في اللسان مادة أيه. وفى مادة هبه" الاعراض" والكل مواضع. (٢). كذا في الأصول والذي في اللسان: وهيهات هيهاتا- بالفتح والتنوين. (٣). في ب وج وط وك: التكثير. (٤). راجع ج ٢ ص ٤١٣.

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