Ils visent Noé en disant : « Il ne s’agit que d’un homme atteint de folie », c’est-à-dire de démence ; il ne sait pas ce qu’il dit. « Attendez-le donc jusqu’à un certain temps », autrement dit : patientez jusqu’à sa mort. D’autres ont dit : jusqu’à ce que sa folie apparaisse clairement.
Al-Farrâ’ explique que l’expression « temps » n’indique pas ici un moment déterminé ; cela revient à dire : « laisse-le jusqu’à un jour quelconque ».
Lorsqu’ils persistèrent dans leur mécréance, (Noé) dit : « Seigneur ! Secours-moi contre eux parce qu’ils m’ont traité de menteur », c’est-à-dire venge-Toi de ceux qui ne m’ont pas obéi et n’ont pas écouté mon message. « Alors Nous lui révélâmes », c’est-à-dire : Nous lui envoyâmes des messagers d’entre les anges, « fabrique l’arche », comme cela a déjà été exposé.
Parole du Très-Haut : « Introduis-y… », c’est-à-dire fais-y entrer, place-y. On dit : « salaḳtuhu fî kadha / aslaktuhu fîhi » lorsque l’on introduit quelque chose quelque part. ʿAbd Manâf b. Rabîʿ al-Hudhalî a dit :
« Jusqu’à ce qu’ils les fassent pénétrer dans un enclos resserré,
mutilés, comme le chamelier pourchasse la bête rétive. »
« De chaque espèce, un couple, mâle et femelle ». Ḥafṣ lit « min kullin » avec tanwîn, tandis que les autres lisent avec l’annexion ; l’explication en a déjà été donnée.
Al-Ḥasan a dit : Noé n’emporta dans l’arche que ce qui met bas ou pond des œufs ; quant aux puces, aux mouches et aux vers, il n’en emporta rien ; ils sont sortis de la boue. Le propos relatif à l’arche a déjà été exposé en détail ; louange à Allah.
Parole du Très-Haut : « Lorsque toi et ceux qui sont avec toi serez installés sur l’arche, dis : “Louange à Allah qui nous a sauvés du peuple injuste.” »
« Lorsque tu seras installé », c’est-à-dire que tu auras pris place, « toi et ceux qui sont avec toi, sur l’arche » en tant que passagers. « Dis : “Louange à Allah” », autrement dit rendez grâce à Allah pour vous avoir délivrés, « du peuple injuste » et du noyade. « Louange à Allah » est la parole de tout reconnaissant envers Allah ; son explication a déjà précédé dans la Fâtiḥa.
Parole du Très-Haut : « Et dis : Seigneur, fais-moi débarquer à un débarquement béni, et Tu es le meilleur des hôtes. »
La lecture la plus répandue est « munzalan » (avec ḍamma sur le mîm et fatha sur le zāy), pris comme nom verbal signifiant la descente : « fais-moi descendre un débarquement béni ». Zir b. Ḥubaysh et Abû Bakr ont lu différemment (lecture mentionnée plus loin).