La Maison sacrée (Bayt al-Maqdis) s’étend depuis l’Égypte jusqu’à ʿAylah¹.
Concernant le terme « Sînā’ », les avis divergent :
– Qatādah dit : « Son sens est : beau (al-ḥasan) » ; d’après cette interprétation, le mot « aṭ-Ṭūr » devrait être indéterminé et porter la tanwīn, puisqu’il serait alors adjectif.
– Mujāhid dit : « Il signifie : béni (mubārak). »
– Maʿmar, rapportant l’avis d’un groupe, dit : « Il signifie : arbres » ; selon eux aussi, « aṭ-Ṭūr » devrait être marqué de la tanwīn.
– L’avis majoritaire est qu’il s’agit du nom propre du mont, tout comme on dit : « la montagne de Uḥud ».
– D’après Mujāhid également : « Sînā’ » est une pierre particulière ; la montagne a été rattachée à ce nom parce qu’on y trouve cette pierre.
– Muqātil dit : « Tout mont portant des fruits est appelé “Sînā’”, c’est-à-dire “bon, agréable”. »
Les lecteurs de Kūfa prononcent avec l’ouverture de la lettre sīn, sur le schème faʿlā’. Ce patron est fréquent en arabe et, qu’il soit défini ou indéfini, il est indéclinable, car il se termine par l’alif du féminin, laquelle ne se sépare jamais du mot. On n’emploie pas le schème faʿlā’ (avec ʿayn muškala) dans la langue courante ; cependant, celui qui lit « Sīnā’ » avec la kasrah de la sīn l’assimile au schème « fiʿlā’ », et le hamza final y est comparable à celui de « ḥirbā’ ». On ne l’a pas décliné dans ce verset, parce qu’on en a fait le nom d’un lieu précis. Al-Akhfash prétend qu’il s’agit d’un nom d’origine étrangère.
Deuxième question – Parole du Très-Haut : « tanbutu bi-d-duhni » (elle pousse en produisant de l’huile).
Le grand nombre (al-ǧumhūr) lit « tanbutu » en ouvrant le tā’ et en fermant le bā’ ; le sens est alors : « elle pousse et avec elle se trouve l’huile », comme on dit : « Zayd sortit avec son arme ».
Ibn Kathīr et Abū ʿAmr lisent en fermant le tā’ et en cassant le bā’. Les exégètes divergent sur l’analyse de cette lecture :
• Abū ʿAlī al-Fārisī dit : l’estimation est : « Elle fait pousser son fruit, et avec celui-ci se trouve l’huile », le complément d’objet direct étant sous-entendu.
• D’autres ont dit : la bā’ est surérogatoire, comme dans la parole : « et ne vous jetez pas (bi-aydīkum) vous-mêmes dans la perdition » (al-Baqarah, 195). C’est l’opinion d’Abū ʿUbaydah.
Un poète a dit :
« Nous frappons avec l’épée et espérons la délivrance. »
Un autre :
« Ce sont des femmes libres, non des porteuses de voiles… Aux yeux aux noirs orbites, elles ne lisent pas les sourates. »
C’est dans ce sens également qu’est allé Abū ʿAlī, comme il a été mentionné plus haut.
• On a encore dit : « nabata » et « anbata » ont la même signification ; le sens rejoint donc celui qu’indique la lecture majoritaire. C’est l’avis d’al-Farrā’ et d’Abū Isḥāq.
Cela se trouve aussi dans le vers de Zuhayr :
« … jusqu’à ce que le brin d’herbe ait poussé. »