Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Les savants sont unanimes quant à son interdiction.

Certains d’entre eux ont déclaré : « C’est comme s’il accomplissait l’acte sur lui-même ; il s’agit d’un péché que le Diable a inventé et qu’il a diffusé parmi les gens jusqu’à ce qu’il devienne un usage répandu ; que n’eût-il jamais été mentionné ! Quand bien même une preuve en établirait la licéité, l’homme d’honneur s’en détournerait en raison de sa bassesse. »

S’il était objecté : « Cela vaut mieux que d’épouser une captive », nous répondrions : « Le mariage avec l’esclave, fut-elle mécréante selon l’avis de certains savants, est meilleur que cela, encore que certains aient également tenu cet avis. L’auto-stimulation (al-istimnâ’) ne repose que sur un argument très faible et constitue une turpitude pour l’homme vil, que dire alors de l’homme vertueux. »

Sixièmement : Sa parole – qu’Il soit exalté :
« … sauf avec leurs épouses… »
Al-Farrâ’ dit : c’est-à-dire : parmi leurs épouses que Dieu leur a rendues licites et au-delà desquelles ils ne dépassent pas.

« … ou ce que possèdent leurs mains droites… »
L’expression est au génitif, coordonnée à « leurs épouses » ; « mâ » est ici masdarîya (introduisant un nom verbal). Cela implique l’interdiction de la fornication, de ce que nous avons mentionné au sujet de l’auto-stimulation, ainsi que du mariage de jouissance (nikâḥ al-mut‘a). En effet, la femme mariée à titre de mut‘a n’a pas le statut d’une épouse : elle n’hérite ni n’est héritée, son enfant n’est pas attribué à l’homme, et elle ne sort pas de cette union par un divorce qui donnerait lieu à un nouveau délai de viduité ; elle n’en sort qu’à l’expiration du terme convenu, devenant alors semblable à une employée louée.

Ibn al-‘Arabî : « Si l’on soutient que le nikâḥ al-mut‘a est permis, la femme est alors une épouse à durée déterminée et le nom d’épouse s’applique à elle. Mais si l’on se conforme à la vérité – sur laquelle la Umma a fait consensus – à savoir l’interdiction du nikâḥ al-mut‘a, elle n’est pas une épouse et ne rentre donc pas dans le verset. »

Je dis : L’utilité pratique de cette divergence est de savoir si l’on applique la peine légale (ḥadd) et si l’enfant n’est pas affilié au père, comme dans l’adultère manifeste, ou bien si l’on repousse la peine en raison du doute et si l’enfant est affilié ; deux avis existent chez nos coreligionnaires. Le mut‘a a, quant à sa permission ou son interdiction, connu plusieurs phases : d’abord licite, puis le Messager de Dieu – que les bénédictions et la paix soient sur lui – l’interdit à l’époque de Khaybar, la permit lors de la conquête de La Mecque, puis l’interdit de nouveau. C’est ce qu’a rapporté Ibn Ḫuwayz Mandâd, l’un des nôtres et d’autres encore, et c’est à cela qu’a fait allusion Ibn al-‘Arabî. Nous avons exposé en détail cette question dans la sourate « An-Nisâ’ ».

Septièmement : Sa parole – qu’Il soit exalté :
« Quiconque recherche au-delà de cela, ceux-là sont les transgresseurs. »
Il a donc qualifié de transgresseur celui qui s’unit à ce qui ne lui est pas licite et a rendu obligatoire contre lui la peine légale pour son agression. Celui qui commet la sodomie est également un transgresseur, selon le Coran et la langue, conformément à Sa parole :
« Bien plus, vous êtes un peuple de transgresseurs. » (ash-Shu‘arâ’ : 166)
— comme cela a déjà été exposé dans la sourate « Al-A‘râf ». Il est donc impératif d’appliquer la peine légale contre eux ; c’est là une évidence qui ne souffre aucune contestation.

الْعُلَمَاءِ عَلَى تَحْرِيمِهِ. وَقَالَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ: إِنَّهُ كَالْفَاعِلِ بِنَفْسِهِ، وَهِيَ مَعْصِيَةٌ أَحْدَثَهَا الشَّيْطَانُ وَأَجْرَاهَا بَيْنَ النَّاسِ حَتَّى صَارَتْ قِيلَةً، وَيَا لَيْتَهَا لَمْ تُقَلْ، وَلَوْ قَامَ الدَّلِيلُ عَلَى جَوَازِهَا لَكَانَ ذُو الْمُرُوءَةِ يُعْرِضُ عَنْهَا لِدَنَاءَتِهَا. فَإِنْ قِيلَ: إِنَّهَا خَيْرٌ مِنْ نِكَاحِ الْأَمَةِ، قُلْنَا: نِكَاحُ الْأَمَةِ وَلَوْ كَانَتْ كَافِرَةً عَلَى مَذْهَبِ بَعْضِ الْعُلَمَاءِ خَيْرٌ مِنْ هَذَا، وَإِنْ كَانَ قَدْ قَالَ بِهِ قَائِلٌ أَيْضًا، وَلَكِنِ الِاسْتِمْنَاءُ ضَعِيفٌ فِي الدَّلِيلِ، عَارٌ بِالرَّجُلِ الدَّنِيءِ «١» فَكَيْفَ بِالرَّجُلِ الْكَبِيرِ. السَّادِسَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِلَّا عَلى أَزْواجِهِمْ) قَالَ الْفَرَّاءُ: أَيْ مِنْ أَزْوَاجِهِمُ اللَّاتِي أَحَلَّ اللَّهُ لَهُمْ لَا يُجَاوَزُونَ «٢» . (أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمانُهُمْ) فِي مَوْضِعِ خَفْضٍ مَعْطُوفَةٍ عَلَى " أَزْواجِهِمْ ٢٤٠" وَ " مَا" مَصْدَرِيَّةٌ. وَهَذَا يَقْتَضِي تَحْرِيمَ الزنى، وَمَا قُلْنَاهُ مِنَ الِاسْتِنْمَاءِ، وَنِكَاحِ الْمُتْعَةِ، لِأَنَّ الْمُتَمَتَّعَ بِهَا لَا تَجْرِي مَجْرَى الزَّوْجَاتِ، لَا تَرِثُ وَلَا تُورَثُ، وَلَا يَلْحَقُ بِهِ وَلَدُهَا، وَلَا يُخْرَجُ مِنْ نِكَاحِهَا بِطَلَاقٍ يُسْتَأْنَفُ لَهَا، وَإِنَّمَا يُخْرَجُ بِانْقِضَاءِ الْمُدَّةِ الَّتِي عُقِدَتْ عَلَيْهَا وَصَارَتْ كَالْمُسْتَأْجَرَةِ. ابْنُ الْعَرَبِيِّ: إِنْ قُلْنَا إِنَّ نِكَاحَ الْمُتْعَةِ جَائِزٌ فَهِيَ زَوْجَةٌ إِلَى أَجَلٍ يَنْطَلِقُ عَلَيْهَا اسْمُ الزَّوْجِيَّةِ. وَإِنْ قُلْنَا بِالْحَقِّ الَّذِي أَجْمَعَتْ عَلَيْهِ الْأُمَّةُ مِنْ تَحْرِيمِ نِكَاحِ الْمُتْعَةِ لَمَا كَانَتْ زَوْجَةً فَلَمْ تَدْخُلْ فِي الْآيَةِ. قُلْتُ: وَفَائِدَةُ هَذَا الْخِلَافِ هَلْ يَجِبُ الْحَدُّ وَلَا يَلْحَقُ الْوَلَدُ كَالزِّنَى الصَّرِيحِ، أَوْ يُدْفَعُ الْحَدُّ لِلشُّبْهَةِ وَيُلْحَقُ الْوَلَدُ؟ قَوْلَانِ لِأَصْحَابِنَا. وَقَدْ كَانَ لِلْمُتْعَةِ فِي التَّحْلِيلِ وَالتَّحْرِيمِ أَحْوَالٌ، فَمِنْ ذَلِكَ أَنَّهَا كَانَتْ مُبَاحَةً ثُمَّ حَرَّمَهَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ زَمَنَ خَيْبَرَ، ثُمَّ حَلَّلَهَا فِي غَزَاةِ الْفَتْحِ، ثُمَّ حَرَّمَهَا بَعْدُ، قَالَهُ ابْنُ خُوَيْزِ مَنْدَادٍ مِنْ أَصْحَابِنَا وَغَيْرُهُ، وَإِلَيْهِ أَشَارَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ. وَقَدْ مَضَى فِي " النِّسَاءِ" الْقَوْلُ فِيهَا مُسْتَوْفًى «٣» . السَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَمَنِ ابْتَغى وَراءَ ذلِكَ فَأُولئِكَ هُمُ العادُونَ) فَسَمَّى مَنْ نَكَحَ مَا «٤» لَا يَحِلُّ عَادِيًا، وَأَوْجَبَ عَلَيْهِ الْحَدَّ لِعُدْوَانِهِ، وَاللَّائِطُ عَادٍ قُرْآنًا وَلُغَةً، بِدَلِيلِ قَوْلِهِ تَعَالَى: " بَلْ أَنْتُمْ قَوْمٌ عادُونَ" [الشعراء: ١٦٦] وَكَمَا تَقَدَّمَ فِي " الْأَعْرَافِ «٥» " ، فَوَجَبَ أَنْ يُقَامَ الْحَدُّ عَلَيْهِمْ، وَهَذَا ظَاهِرٌ لَا غُبَارَ عَلَيْهِ.
(١). في ب: البهي. (٢). في ب وط: يجاوزن. (٣). راجع ج ٥ ص ١٢٩. [ ..... ] (٤). في ك: من لا تحل. (٥). راجع ج ٧ ص ٢٤٢ فما بعد.

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