Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

En vérité, c’est dans la prière que se trouvent tout le bien et toute la supériorité,
car c’est par elle que les membres¹ se soumettent à Allah.
Elle fut la première prescription de la loi de notre religion
et sera la dernière à subsister lorsque la religion sera retirée.
Quiconque se lève pour prononcer le takbîr reçoit aussitôt la miséricorde,
et se trouve tel un esclave frappant à la porte de son Maître.
Lorsqu’il se tient en prière, il converse en secret avec le Seigneur du Trône ;
heureux serait-il, ô combien heureux, s’il faisait preuve de crainte révérencielle !

Abû ‘Imrân al-Jawnî² rapporte : On demanda à ‘Â’isha : « Quelle était la conduite du Messager d’Allah — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui ? »
Elle répondit : « Lisez-vous la sourate Al-Mu’minûn ? » — « Oui », lui dit-on.
Elle reprit : « Lisez-la. »
On lui récita alors : « Certes ont réussi les croyants… » jusqu’au verset « … qui s’y acquittent avec préservation. »³

An-Nasâ’î rapporte, d’après Ibn ‘Abbâs — qu’Allah les agrée — :
« Le Messager d’Allah — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui — jetait, pendant sa prière, un regard à droite et à gauche, sans tourner la nuque vers l’arrière. »

Ka‘b ibn Mâlik rapporte, dans son long hadith :
« Je priais alors près de lui — le Prophète — et je le guettais du regard ; quand je me concentrais sur ma prière, il me regardait, et lorsque je tournais les yeux vers lui, il détournait les siens de moi. » … Fin du récit ; il ne lui ordonna pas de refaire sa prière.

Troisièmement : Les savants ont divergé sur la question du khushû‘ : est-il une obligation de la prière ou une de ses vertus et compléments ? Il existe deux avis. L’opinion correcte est la première : le khushû‘ est obligatoire, son siège est le cœur et il sera la première œuvre retirée aux gens. Ceci fut affirmé par ‘Ubâda ibn As-Sâmit, dans un hadith rapporté par At-Tirmidhî d’après Jubayr ibn Nufayr, lui-même le tenant d’Abû Ad-Dardâ’. At-Tirmidhî déclara : « Ce hadith est bon et singulier. »
An-Nasâ’î l’a également rapporté, par une chaîne authentique, de Jubayr ibn Nufayr d’après ‘Awf ibn Mâlik al-Ashja‘î³.

Abû ‘Isâ (At-Tirmidhî) dit : « Mu‘âwiya⁴ ibn Sâliḥ est digne de confiance auprès des spécialistes du hadith ; nous ne connaissons personne qui l’ait critiqué hormis Yahyâ ibn Sa‘îd al-Qaṭṭân. »

Je (l’auteur) dis : Mu‘âwiya ibn Sâliḥ, Abû ‘Amr — ou Abû ‘Umar — al-Ḥaḍramî, de Ḥimṣ, fut juge en Andalousie. Abû Ḥâtim Ar-Râzî, interrogé à son sujet, répondit : « Son hadith est acceptable ; on l’écrit mais on ne s’y appuie pas comme preuve décisive. » L’avis de Yahyâ ibn Ma‘în à son sujet est rapporté de manière divergente. ‘Abd ar-Raḥmân ibn Mahdî, Aḥmad ibn Ḥanbal et Abû Zur‘a ar-Râzî l’ont déclaré fiable ; Muslim l’a cité comme autorité dans son Ṣaḥîḥ.

La signification des termes “laghw” (vain propos) et “zakât” a déjà été exposée dans la sourate Al-Baqarah ; il n’y a donc pas lieu d’y revenir.

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¹ Al-â’râb : pluriel de al-ʾurub, « le membre », c.-à-d. les organes.
² L’un des rapporteurs cités précédemment.
³ Jusqu’au verset : « … et qui s’y conforment avec assiduité. »
⁴ Il s’agit de l’un des maillons de la chaîne de transmission évoquée plus haut.

أَلَا فِي الصَّلَاةِ الْخَيْرُ وَالْفَضْلُ أَجْمَعُ ... لِأَنَّ بِهَا الْآرَابُ «١» لِلَّهِ تَخْضَعُ وَأَوَّلُ فَرْضٍ مِنْ شَرِيعَةِ دِينِنَا ... وَآخِرُ مَا يَبْقَى إِذَا الدِّينُ يرفع فمن قام للتكبير لاقنه رَحْمَةٌ ... وَكَانَ كَعَبْدٍ بَابَ مَوْلَاهُ يَقْرَعُ وَصَارَ لِرَبِّ الْعَرْشِ حِينَ صَلَاتِهِ ... نَجِيًّا فَيَا طُوبَاهُ لو كان يخشع وروى أبو عمران «٢» الْجَوْنِيَّ قَالَ: قِيلَ لِعَائِشَةَ مَا كَانَ خُلُقُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ؟ قَالَتِ: أَتَقْرَءُونَ سُورَةَ الْمُؤْمِنِينَ؟ قِيلَ نَعَمْ. قَالَتْ: اقْرَءُوا، فَقُرِئَ عَلَيْهَا: " قَدْ أَفْلَحَ الْمُؤْمِنُونَ" - حَتَّى بَلَغَ- " يُحافِظُونَ" . وَرَوَى النَّسَائِيُّ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ: كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَلْحَظُ فِي صَلَاتِهِ يَمِينًا وَشِمَالًا، وَلَا يَلْوِي عُنُقَهُ خَلْفَ ظَهْرِهِ. وَقَالَ كَعْبُ بْنُ مَالِكٍ فِي حَدِيثِهِ الطَّوِيلِ: ثُمَّ أُصَلِّي قَرِيبًا مِنْهُ- يَعْنِي مِنَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ- وَأُسَارِقُهُ النَّظَرَ، فَإِذَا أَقْبَلْتُ عَلَى صَلَاتِي نَظَرَ إِلَيَّ وَإِذَا الْتَفَتُّ نَحْوَهُ أَعْرَضَ عَنِّي ... الْحَدِيثَ، وَلَمْ يَأْمُرْهُ بِإِعَادَةٍ. الثَّالِثَةُ- اخْتَلَفَ النَّاسُ فِي الْخُشُوعِ، هَلْ هُوَ مِنْ فَرَائِضِ الصَّلَاةِ أَوْ مِنْ فَضَائِلِهَا وَمُكَمِّلَاتِهَا عَلَى قَوْلَيْنِ. وَالصَّحِيحُ الْأَوَّلُ، وَمَحَلُّهُ الْقَلْبُ، وَهُوَ أَوَّلُ عمل يُرْفَعُ مِنَ النَّاسِ، قَالَهُ عُبَادَةُ بْنُ الصَّامِتِ، رَوَاهُ التِّرْمِذِيُّ مِنْ حَدِيثِ جُبَيْرِ بْنِ نُفَيْرٍ عَنْ أَبِي الدَّرْدَاءِ، وَقَالَ: هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ غَرِيبٌ. وَقَدْ خَرَّجَهُ النَّسَائِيُّ مِنْ حَدِيثِ جُبَيْرِ بْنِ نُفَيْرٍ أَيْضًا عَنْ عَوْفِ بْنِ مَالِكٍ الْأَشْجَعِيِّ مِنْ طَرِيقٍ صَحِيحَةٍ «٣» . قَالَ أَبُو عِيسَى: وَمُعَاوِيَةُ «٤» بْنُ صَالِحٍ ثِقَةٌ عِنْدَ أَهْلِ الْحَدِيثِ، وَلَا نَعْلَمُ أَحَدًا تَكَلَّمَ فِيهِ غَيْرَ يَحْيَى بْنِ سَعِيدٍ الْقَطَّانِ. قُلْتُ: مُعَاوِيَةُ بْنُ صَالِحٍ أَبُو عَمْرٍو وَيُقَالُ أَبُو عُمَرَ الْحَضْرَمِيُّ الْحِمْصِيُّ قَاضِي الْأَنْدَلُسِ، سُئِلَ عَنْهُ أَبُو حَاتِمٍ الرَّازِيُّ فَقَالَ: صَالِحُ الْحَدِيثِ، يُكْتَبُ حَدِيثُهُ وَلَا يُحْتَجُّ بِهِ. وَاخْتَلَفَ فِيهِ قَوْلُ يَحْيَى بْنِ مَعِينٍ، ووثقه عبد الرحمن بن مهدى أحمد بْنُ حَنْبَلٍ وَأَبُو زُرْعَةَ الرَّازِيُّ، وَاحْتَجَّ بِهِ مُسْلِمٌ فِي صَحِيحِهِ. وَتَقَدَّمَ فِي " الْبَقَرَةِ" مَعْنَى اللغو والزكاة فلا معنى للإعادة «٥» . وقال
(١). الآراب: جمع الارب (بكسر فسكون) وهو العضو. (٢). كذا في أوب وج وط وك. (٣). كذا في كل الأصول وهى لغة الحجاز والتذكير لغة نجد وبها جاء القرآن. (٤). هو أحد رجال سند الحديث المتقدم. (٥). راجع ج ١ ص ٣٤٣، ج ٣ ص ٩٩.

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