Paroles du Très-Haut :
« C’est Lui qui vous a choisis. »
C’est-à-dire : Il vous a élus pour défendre Sa religion et observer strictement Ses ordres. Cette mention vient conforter l’injonction au jihâd : il vous incombe de lutter, puisque Allah vous a privilégiés en ce sens.
Paroles du Très-Haut :
« Et Il n’a rien imposé qui vous mette dans l’embarras en matière de religion. »
Ce passage comporte trois points :
Premièrement – Le terme « haraj » signifie « gêne, étroitesse » ; nous l’avons déjà expliqué dans la sourate al-An‘âm. Ce verset s’applique à de nombreux jugements et constitue un privilège accordé par Allah à cette communauté.
Al-Qatâdah rapporte, par l’intermédiaire de Ma‘mar : « Cette communauté a reçu trois faveurs que seuls les Prophètes recevaient auparavant : on disait à un Prophète : “Pars, aucune gêne ne te pèsera.” Quant à cette communauté, Allah lui dit : “Il n’a rien imposé qui vous mette dans l’embarras en matière de religion.” Ensuite, le Prophète est témoin contre sa communauté, et il est dit à celle-ci : “Afin que vous soyez témoins contre les gens.” Enfin, on disait au Prophète : “Demande, il te sera donné”, et à cette communauté : “Invoquez-Moi, Je vous exaucerai.” »
Deuxièmement – Les savants ont divergé quant à la nature de cette gêne qu’Allah a levée :
• ‘Ikrimah dit qu’il s’agit de la licence accordée en matière d’épouses : deux, trois ou quatre, ainsi que des captives que possède la main droite.
• D’autres estiment que cela renvoie à l’allègement consistant à raccourcir la prière, à rompre le jeûne en voyage, à prier par signes pour qui ne peut faire autrement, à dispenser du jihâd l’aveugle, le boiteux, le malade, le démuni qui ne trouve pas de quoi s’équiper, le débiteur et celui qui a des parents à charge, ainsi qu’à la levée des lourds fardeaux imposés aux Enfants d’Israël. La plupart de ces points ont été détaillés ailleurs.
• Ibn ‘Abbâs et al-Hasan al-Basrî rapportent que le verset vise également l’avance ou le retard dans la constatation des nouvelles lunes relatives au Fitr, à l’Aïd al-Adhâ et au jeûne : si la communauté se trompe dans l’observation du croissant de Dhûl-Hijjah et se tient à ‘Arafah un jour avant ou sacrifie le jour de l’Aïd alors que ce n’est pas le bon, cela reste valable – point que nous avons expliqué dans notre ouvrage al-Muqtabas, commentaire du Muwatta’ de Mâlik. Il en va de même pour l’Aïd al-Fitr et l’Aïd al-Adhâ, conformément au hadith rapporté par Ḥammâd b. Zayd, d’après Ayyûb, d’après Muḥammad b. al-Munkadir, d’après Abû Hurayrah : le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et le salue – a dit :
« Votre rupture du jeûne est le jour où vous rompez, et votre sacrifice est le jour où vous sacrifiez. »
Imâm Abû Dâwûd et ad-Dâraquṭnî l’ont authentifié sous cette formulation. Autrement dit, c’est votre ijtihâd qui prévaut, sans qu’aucune gêne ne vous atteigne.
Troisièmement – Il est rapporté par les imams qu’au Jour du Sacrifice on interrogea le Prophète – qu’Allah le bénisse et le salue – à propos de diverses questions, et pour toute demande... (le texte s’interrompt ici).