Et luttez pour la cause d’Allah comme Il mérite qu’on lutte pour Lui. C’est Lui qui vous a choisis ; Il n’a placé sur vous, en matière de religion, aucune gêne. Suivez la voie de votre père Abraham ; c’est Lui qui, jadis et dans ce Livre, vous a appelés « musulmans » afin que le Messager soit témoin contre vous et que vous soyez, vous-mêmes, témoins contre les hommes. Accomplissez donc la prière, acquittez la zakât et attachez-vous fermement à Allah. Il est votre Maître ; quel excellent Maître, et quel excellent Secours !
Parole du Très-Haut :
« Et luttez pour la cause d’Allah comme Il mérite qu’on lutte pour Lui. »
Il a été dit : il s’agit du combat contre les mécréants.
Il a aussi été dit : c’est une invitation à se conformer à tout ce qu’Allah a ordonné et à s’abstenir de tout ce qu’Il a interdit ; en d’autres termes, luttez contre vos passions pour rester dans l’obéissance d’Allah, repoussez les suggestions de Satan, mettez fin aux injustices des oppresseurs et répondez à l’incroyance des mécréants.
Ibn ʿAṭiyya rapporte que Muqātil a déclaré que ce verset est abrogé par la parole d’Allah : « Craignez Allah autant que vous le pouvez » (at-Taghāboun, 16).
De même, Hibat-Allah soutient que l’expression « comme Il mérite qu’on lutte pour Lui » et le verset : « comme Il mérite qu’on Le craigne » (Āl ʿImrān, 102) sont abrogés par l’allégement ramenant l’obligation à la capacité. Il n’est cependant nul besoin de recourir à l’idée d’abrogation ; tel était le sens voulu dès l’origine, car « comme Il mérite qu’on lutte pour Lui » signifie : sans qu’aucune gêne n’incombe au serviteur.
Saʿīd ibn al-Mousayyib rapporte que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Le meilleur de votre religion est ce qu’elle a de plus aisé. »
Abou Jaʿfar an-Naḥḥās ajoute : cela ne peut être abrogé, car c’est une obligation permanente pour l’être humain, comme le confirme le hadith rapporté par Ḥaywah ibn Chourayḥ, attribué au Prophète – paix et salut sur lui – : « Le véritable combattant est celui qui lutte contre son âme pour Allah, le Puissant, le Majestueux. »
Abou Ghālib rapporte d’après Abou Oumāmah qu’un homme interrogea le Prophète – paix et salut sur lui – : « Quel est le meilleur des combats ? » Il le questionna près de la première jamrah, et il ne lui répondit pas ; puis près de la seconde jamrah, sans réponse non plus ; enfin près de la jamrah de l’ʿAqabah. Le Prophète – paix et salut sur lui – dit alors : « Où est donc celui qui posait la question ? » Il répondit : « Me voici. » Le Prophète déclara : « Une parole de justice auprès d’un souverain tyrannique. »