Les autres lecteurs le déclinent à l’accusatif, par coordination avec Sa parole : « ce qui est sur la terre ».
« Et Il retient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur la terre » : c’est-à-dire, de peur qu’il ne tombe. Les grammairiens koufiens disent : afin qu’il ne tombe pas. Le fait qu’Il le retienne consiste pour Lui à créer en lui la stabilité, instant après instant.
« Sauf par Sa permission » : autrement dit, sauf si Allah lui donne l’autorisation de s’écrouler ; alors il tombera par Sa permission, c’est-à-dire par Sa volonté et Son abandon.
« En vérité, Allah est, à l’égard des gens, Compatissant et Miséricordieux » : c’est-à-dire en ce qui concerne les bienfaits qu’Il a soumis à leur service.
[Coran 22 – al-Hajj : 66]
« C’est Lui qui vous a fait vivre, puis Il vous fera mourir, puis Il vous redonnera la vie. Certes, l’être humain est bien ingrat. »
Parole du Très-Haut :
« C’est Lui qui vous a fait vivre » : après que vous n’étiez que des gouttes de sperme.
« Puis Il vous fera mourir » : à l’expiration de vos délais.
« Puis Il vous redonnera la vie » : pour le Jugement, la récompense et la sanction.
« Certes, l’être humain est bien ingrat » : c’est-à-dire qu’il nie les signes évidents attestant Sa puissance et Son unicité.
Ibn ʿAbbâs a dit : il vise par là al-Aswad ibn ʿAbd al-Asad, Abû Jahl ibn Hishâm, al-ʿÂs ibn Hishâm ainsi qu’un groupe de polythéistes.
On a également dit que cette expression est employée parce que, chez l’être humain, l’ingratitude à l’égard des bienfaits prédomine, comme le Très-Haut l’a affirmé : « Et rares sont Mes serviteurs qui sont reconnaissants » (Saba’ : 13).
[Coran 22 – al-Hajj : 67]
« À chaque communauté Nous avons assigné un rite qu’ils mettent en pratique. Qu’ils ne te disputent donc pas à ce sujet ; et appelle à ton Seigneur, car tu es assurément sur une guidée droite. »
Parole du Très-Haut :
« À chaque communauté Nous avons assigné un rite » : c’est-à-dire une législation.
« Qu’ils mettent en pratique » : c’est-à-dire qu’ils le mettent en œuvre.
« Qu’ils ne te disputent donc pas à ce sujet » : autrement dit, qu’aucun d’entre eux ne te conteste au sujet de ce qui est prescrit à ta communauté, car il y eut des législations à chaque époque.
Un groupe a rapporté que ce verset fut révélé à propos de la polémique des mécréants sur les animaux sacrifiés. Ils disaient aux croyants : « Vous consommez ce que vous égorgez, mais vous ne consommez pas la bête qu’Allah a fait mourir (la charogne) ; or ce qu’Allah a tué est plus digne d’être mangé que ce que vous tuez vous-mêmes avec vos couteaux. » Le verset descendit donc à l’occasion de cette contestation. Cette question a déjà été traitée dans la sourate « al-Anʿâm » – louange à Allah.
Il a également été mentionné plus haut, dans cette sourate, les avis des savants concernant Sa parole : « mansakan » [al-Hajj : 34].
Sa parole : « qu’ils mettent en pratique » indique que le terme mansak est ici un nom verbal ; s’il avait désigné un lieu, Il aurait dit : « qu’ils y sont pratiquants (nâsikûna fîhi) ».