Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Alors Allah abroge (fayansakhu) ce que le Diable suggère. »
C’est-à-dire : Allah annule ce que le Diable insuffle.

An-Naḥḥās dit : « Il s’agit là de la meilleure, de la plus haute et de la plus noble explication rapportée au sujet de ce verset. » Aḥmad b. Muḥammad b. Ḥanbal a déclaré : « Il existe en Égypte un feuillet d’exégèse transmis par ʿAlî b. Abî Ṭalḥa ; si un homme entreprenait pour l’obtenir un voyage jusqu’en Égypte, ce ne serait pas excessif. »

Son sens est le suivant : chaque fois que le Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui — réfléchissait intérieurement, le Diable s’introduisait, par ruse, dans cette réflexion et disait : « Si seulement tu demandais à Allah, le Puissant et Majestueux, de t’accorder du butin afin que les musulmans disposent d’aisance… » Or Allah — Exalté soit-Il — sait que l’intérêt se trouve ailleurs ; Il fait donc disparaître ce que le Diable suggère, ainsi que l’a expliqué Ibn ʿAbbâs — qu’Allah les agrée tous deux.

Al-Kisâʾî et Al-Farrâʾ rapportent l’un et l’autre que le verbe « tamannâ » signifie « s’entretenir avec soi-même » ; telle est l’acception courante dans la langue. Ils rapportent également que « tamannâ » peut vouloir dire « réciter ». Cette interprétation est aussi attribuée à Ibn ʿAbbâs et adoptée par Mujâhid, Ad-Ḍaḥḥâk et d’autres.

Abû-l-Ḥasan Ibn Mahdî dit : « Ce “souhait” (tamannî) n’a aucun lien avec le Coran ni avec la Révélation. Simplement, lorsque le Prophète — paix et bénédictions sur lui — se trouvait démuni et voyait la gêne de ses Compagnons, il désirait, dans son cœur et sous l’inspiration du Diable, quelque bien matériel. »

Al-Mahdawî rapporte d’Ibn ʿAbbâs que le sens est : « lorsqu’il parlait, le Diable introduisait quelque chose dans son discours » ; c’est l’option retenue par Aṭ-Ṭabarî.

Je (l’auteur) dis : la parole du Très-Haut : « … afin qu’Il fasse de ce que le Diable insuffle une tentation… » réfute l’hypothèse d’une simple pensée intérieure.
Ibn ʿAṭiyya a, en effet, affirmé : « Il n’y a pas divergence : l’intervention du Diable concerne bien des paroles audibles, par lesquelles la tentation s’est produite. » Allah est le plus Savant.

An-Naḥḥâs dit encore : « Quand bien même le ḥadith serait authentique et sa chaîne ininterrompue, son sens resterait correct ; le mot “saha” (il a été distrait) signifierait alors “il a omis”. »

Le passage s’entendrait ainsi : « Voyez-vous al-Lât et al-ʿUzzâ — et la phrase se termine — puis il omet : “et les grues sublimes” (c’est-à-dire les anges). “Leur intercession…” » ; le pronom renverrait alors aux anges.

Quant à la version rapportant : « … car ce sont, certes, les grues sublimes », plusieurs réponses sont possibles : soit une partie de la phrase est ellipsée, procédé fréquent dans la langue arabe ; soit il n’y a pas ellipse et la formule constitue un reproche, puisque précédée de « Voyez-vous… », servant ainsi d’argument contre eux. Et si cela s’était produit pendant la prière, il faut rappeler qu’à cette époque la parole y était permise.

On a rapporté, dans le récit en question, qu’il aurait récité : « Voyez-vous al-Lât et al-ʿUzzâ * et Manât, la troisième, l’autre ? * et les grues sublimes ? * Leur intercession est certes escomptée. » Un texte au sens équivalent est transmis de Mujâhid.

Al-Ḥasan a dit : « Par les “grues sublimes” il visait les anges » ; al-Kalbî a expliqué de même que le terme désignait les anges, les mécréants croyant que les idoles — et les anges — étaient les filles d’Allah.

(فَيَنْسَخُ اللَّهُ مَا يُلْقِي الشَّيْطانُ) قَالَ: فَيُبْطِلُ اللَّهُ مَا يُلْقِي الشَّيْطَانُ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذَا مِنْ أَحْسَنِ مَا قِيلَ فِي الْآيَةِ وَأَعْلَاهُ وَأَجَلُّهُ. وَقَدْ قَالَ أَحْمَدُ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ حَنْبَلٍ بِمِصْرَ صَحِيفَةٌ فِي التَّفْسِيرِ، رَوَاهَا عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَلْحَةَ لَوْ رَحَلَ رَجُلٌ فِيهَا إِلَى مِصْرَ قَاصِدًا مَا كَانَ كَثِيرًا. وَالْمَعْنَى عَلَيْهِ: أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ إِذَا حَدَّثَ نَفْسَهُ أَلْقَى الشَّيْطَانُ فِي حديثه على جهة الحيلة فَيَقُولُ: لَوْ سَأَلْتَ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ أَنْ يُغْنِمَكَ لِيَتَّسِعَ الْمُسْلِمُونَ، وَيَعْلَمُ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ أَنَّ الصَّلَاحَ فِي غَيْرِ ذَلِكَ، فَيُبْطِلُ مَا يُلْقِي الشَّيْطَانُ كَمَا قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا. وَحَكَى الْكِسَائِيُّ وَالْفَرَّاءُ جَمِيعًا: " تَمَنَّى" إِذَا حَدَّثَ نَفْسَهُ، وَهَذَا هُوَ الْمَعْرُوفُ فِي اللُّغَةِ. وَحُكِيَا أَيْضًا " تَمَنَّى" إِذَا تَلَا. وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَيْضًا وَقَالَهُ مُجَاهِدٌ وَالضَّحَّاكُ وغيرهما. وقال أبو الحسن ابن مَهْدِيٍّ: لَيْسَ هَذَا التَّمَنِّي مِنَ الْقُرْآنِ وَالْوَحْيِ في شي، وَإِنَّمَا كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا صَفِرَتْ يَدَاهُ مِنَ الْمَالِ، وَرَأَى مَا بِأَصْحَابِهِ مِنْ سُوءِ الْحَالِ، تَمَنَّى الدُّنْيَا بِقَلْبِهِ وَوَسْوَسَةِ الشَّيْطَانِ. وَذَكَرَ الْمَهْدَوِيُّ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَنَّ الْمَعْنَى: إِذَا حَدَّثَ أَلْقَى الشَّيْطَانُ فِي حَدِيثِهِ، وَهُوَ اخْتِيَارُ الطَّبَرِيِّ. قُلْتُ: قَوْلُهُ تَعَالَى: " لِيَجْعَلَ مَا يُلْقِي الشَّيْطانُ فِتْنَةً" الْآيَةَ، يَرُدُّ حَدِيثَ النَّفْسِ، وَقَدْ قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: لَا خِلَافَ أَنَّ إِلْقَاءَ الشَّيْطَانِ إِنَّمَا هُوَ لِأَلْفَاظٍ مَسْمُوعَةٍ، بِهَا وَقَعَتِ الْفِتْنَةُ، فَاللَّهُ أَعْلَمُ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَلَوْ صَحَّ الْحَدِيثُ وَاتَّصَلَ إِسْنَادُهُ لَكَانَ الْمَعْنَى فِيهِ صَحِيحًا، وَيَكُونُ مَعْنَى سَهَا أَسْقَطَ، وَيَكُونُ تَقْدِيرُهُ: أَفَرَأَيْتُمُ اللَّاتَ وَالْعُزَّى، وَتَمَّ الْكَلَامُ، ثُمَّ أَسْقَطَ (وَالْغَرَانِيقُ الْعُلَا) يَعْنِي الْمَلَائِكَةَ (فَإِنَّ شَفَاعَتَهُمْ) يَعُودُ الضَّمِيرُ عَلَى الْمَلَائِكَةِ. وَأَمَّا مَنْ رَوَى: فَإِنَّهُنَّ الْغَرَانِيقُ الْعُلَا، فَفِي رِوَايَتِهِ أَجْوِبَةٌ، مِنْهَا أَنْ يَكُونَ الْقَوْلُ مَحْذُوفًا كَمَا تَسْتَعْمِلُ الْعَرَبُ فِي أَشْيَاءَ كَثِيرَةٍ، وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ بِغَيْرِ حَذْفٍ، وَيَكُونُ تَوْبِيخًا، لِأَنَّ قَبْلَهُ " أَفَرَأَيْتُمْ" وَيَكُونُ هَذَا احْتِجَاجًا عَلَيْهِمْ، فَإِنْ كَانَ فِي الصَّلَاةِ فَقَدْ كَانَ الْكَلَامُ مُبَاحًا فِي الصَّلَاةِ. وَقَدْ رَوَى فِي هَذِهِ الْقِصَّةِ أَنَّهُ كَانَ مِمَّا يَقْرَأُ: أَفَرَأَيْتُمُ اللَّاتَ وَالْعُزَّى. وَمَناةَ الثَّالِثَةَ الْأُخْرى. وَالْغَرَانِقَةَ الْعُلَا. وَأَنَّ شَفَاعَتَهُنَّ لَتُرْتَجَى. رَوَى مَعْنَاهُ عَنْ مُجَاهِدٍ. وَقَالَ الْحَسَنُ: أَرَادَ بِالْغَرَانِيقِ الْعُلَا الْمَلَائِكَةَ، وَبِهَذَا فَسَّرَ الْكَلْبِيُّ الْغَرَانِقَةَ أَنَّهَا الملائكة. وذلك أن الكفار كانوا يعتقدون [أن] الْأَوْثَانَ وَالْمَلَائِكَةَ بَنَاتِ

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