Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le Qâdî ‘Iyâḍ déclare dans son ouvrage « al-Shifâ’ », après avoir exposé la preuve de la véracité du Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — et rappelé que la Umma a unanimement reconnu, dans tout ce qui relève de la transmission du Message, qu’il est protégé contre toute information contraire à la réalité, qu’il ne peut la proférer ni par intention, ni volontairement, ni par oubli, ni par erreur :
« Sache — qu’Allah te comble de Sa grâce — que nous possédons, pour traiter la difficulté que pose ce ḥadith, deux approches : la première consiste à en affaiblir la base même, la seconde à en admettre l’authenticité à titre d’hypothèse.
Première approche : il te suffit de savoir que ce récit n’a été rapporté par aucun savant des ḥadîths authentiques ; nul ne l’a transmis avec une chaîne de garants saine, continue et digne de confiance. Seuls s’y sont attachés — comme à des récits similaires — certains exégètes et historiens friands de tout ce qui est étrange, recueillant dans les feuillets tout ce qui est sain aussi bien que ce qui est défectueux.
Abû Bakr al-Bazzâr a dit : « Nous ne connaissons aucune version de ce ḥadith attribuée au Prophète — salla Allahu ‘alayhi wa sallam — avec une isnâd continue qu’il soit permis de citer, sinon celle rapportée par Shu‘ba, d’après Abû Bishr, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs — selon toute apparence ; or, un doute subsiste dans cette narration qui dit que le Prophète — salla Allahu ‘alayhi wa sallam — se trouvait à La Mecque… », puis il mentionna l’histoire. Personne, hormis Umayya ibn Khâlid, ne l’a reliée explicitement à Shu‘ba ; les autres la transmettent de façon mursal à partir de Sa‘îd ibn Jubayr. Cette version n’est connue que par la voie du Kalbî, d’après Abû Ṣâliḥ, d’après Ibn ‘Abbâs. Abû Bakr — qu’Allah lui fasse miséricorde — t’a donc montré qu’elle ne se trouve par aucune chaîne recevable en dehors de celle-ci, laquelle comporte la faiblesse qu’il a signalée, jointe au doute que nous avons évoqué ; on ne peut s’y fier, elle est dépourvue de toute assise authentique. Quant au récit transmis par le Kalbî, il est de ceux qu’il n’est pas permis de rapporter ni de mentionner, en raison de sa grande fragilité et de son caractère mensonger, ainsi que l’a indiqué al-Bazzâr — qu’Allah lui fasse miséricorde.
Le seul élément que recèle le Ṣaḥîḥ est que le Prophète — salla Allahu ‘alayhi wa sallam — récita la sourate « an-Najm » à La Mecque ; il se prosterna, et les musulmans, les polythéistes, les djinns et les hommes se prosternèrent avec lui. Tel est l’affaiblissement du récit par la voie de la transmission.
Deuxième approche : elle repose sur l’acceptation hypothétique du ḥadith, quand bien même — qu’Allah nous préserve qu’il soit authentique. Quoi qu’il en soit, les imams des musulmans ont apporté diverses réponses à cette question, bonnes ou moins bonnes. Ce qui apparaît le plus probant, si l’on admet le récit, c’est que le Prophète — salla Allahu ‘alayhi wa sallam — récitait le Coran en observant les pauses et la psalmodie, ainsi que son Seigneur le lui avait ordonné : « Récite le Coran avec ordre et mesure », détaillant les versets selon un rythme que les rapporteurs dignes de confiance ont décrit. Il est donc concevable que le diable ait guetté ces silences et y ait insinué les paroles qu’il inventa, imitant la modulation du Prophète — salla Allahu ‘alayhi wa sallam — de telle sorte que ceux des mécréants qui se tenaient proches de lui l’entendirent et crurent que ces mots provenaient du Messager d’Allah ; ils les propagèrent alors dans la rumeur publique.

وَقَالَ الْقَاضِي عِيَاضٌ فِي كِتَابِ الشِّفَا بَعْدَ أَنْ ذَكَرَ الدَّلِيلَ عَلَى صِدْقِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَأَنَّ الْأُمَّةَ أَجْمَعَتْ فِيمَا طَرِيقُهُ الْبَلَاغُ أَنَّهُ مَعْصُومٌ فِيهِ مِنَ الْإِخْبَارِ عن شي بِخِلَافِ مَا هُوَ عَلَيْهِ، لَا قَصْدًا وَلَا عمدا ولا سهوا أو غلطا: اعْلَمْ أَكْرَمَكَ اللَّهُ أَنَّ لَنَا فِي الْكَلَامِ عَلَى مُشْكِلِ هَذَا الْحَدِيثِ مَأْخَذَيْنِ: أَحَدُهُمَا- فِي تَوْهِينِ أَصْلِهِ، وَالثَّانِي عَلَى تَسْلِيمِهِ. أَمَّا الْمَأْخَذُ الْأَوَّلُ فَيَكْفِيكَ أَنَّ هَذَا حَدِيثٌ لَمْ يُخَرِّجْهُ أَحَدٌ مِنْ أَهْلِ الصِّحَّةِ، وَلَا رَوَاهُ بِسَنَدٍ [صحيح» ] سَلِيمٍ مُتَّصِلٍ ثِقَةٌ، وَإِنَّمَا أُولِعَ بِهِ وَبِمِثْلِهِ الْمُفَسِّرُونَ وَالْمُؤَرِّخُونَ الْمُولَعُونَ بِكُلِّ غَرِيبٍ، الْمُتَلَقِّفُونَ مِنَ الصُّحُفِ كُلَّ صَحِيحٍ وَسَقِيمٍ. قَالَ أَبُو بَكْرٍ الْبَزَّارُ: وَهَذَا الْحَدِيثُ لَا نَعْلَمُهُ يُرْوَى عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِإِسْنَادٍ مُتَّصِلٍ يَجُوزُ ذِكْرُهُ، إِلَّا مَا رَوَاهُ شُعْبَةُ عَنْ أبى بشر عن سعيد ابن جبير عن ابن عباس فيما أحسب، والشك فِي الْحَدِيثِ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ بِمَكَّةَ ... وَذَكَرَ الْقِصَّةَ. وَلَمْ يُسْنِدْهُ عَنْ شُعْبَةَ إِلَّا أُمَيَّةُ بْنُ خَالِدٍ، وَغَيْرُهُ يُرْسِلُهُ عَنْ سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ. وَإِنَّمَا يُعْرَفُ عَنِ الْكَلْبِيُّ عَنْ أَبِي صَالِحٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، فَقَدْ بَيَّنَ لَكَ أَبُو بَكْرٍ رَحِمَهُ اللَّهُ أَنَّهُ لَا يُعْرَفُ مِنْ طَرِيقٍ يَجُوزُ ذِكْرُهُ سِوَى هَذَا، وَفِيهِ مِنَ الضَّعْفِ مَا نَبَّهَ عَلَيْهِ مَعَ وُقُوعِ الشَّكِّ فِيهِ الَّذِي ذَكَرْنَاهُ، الَّذِي لَا يُوثَقُ بِهِ وَلَا حَقِيقَةَ معه. وأما حديث الكلبي فمما لَا تَجُوزُ الرِّوَايَةُ عَنْهُ وَلَا ذِكْرُهُ لِقُوَّةِ ضَعْفِهِ وَكَذِبِهِ، كَمَا أَشَارَ إِلَيْهِ الْبَزَّارُ رَحِمَهُ اللَّهُ. وَالَّذِي مِنْهُ فِي الصَّحِيحِ: أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَرَأَ: " وَالنَّجْمِ" بِمَكَّةَ فَسَجَدَ وَسَجَدَ مَعَهُ الْمُسْلِمُونَ وَالْمُشْرِكُونَ وَالْجِنُّ وَالْإِنْسُ، هَذَا تَوْهِينُهُ مِنْ طَرِيقِ النَّقْلِ. وَأَمَّا الْمَأْخَذُ الثَّانِي فَهُوَ مَبْنِيٌّ عَلَى تَسْلِيمِ الْحَدِيثِ لَوْ صَحَّ. وَقَدْ أَعَاذَنَا اللَّهُ مِنْ صِحَّتِهِ، وَلَكِنْ عَلَى كُلِّ حَالٍ فَقَدْ أَجَابَ أَئِمَّةُ الْمُسْلِمِينَ عَنْهُ بِأَجْوِبَةٍ، مِنْهَا الْغَثُّ وَالسَّمِينُ. وَالَّذِي يَظْهَرُ وَيَتَرَجَّحُ فِي تَأْوِيلِهِ عَلَى تَسْلِيمِهِ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ كَمَا أَمَرَهُ رَبُّهُ يُرَتِّلُ الْقُرْآنَ تَرْتِيلًا، وَيُفَصِّلُ الْآيَ تَفْصِيلًا فِي قِرَاءَتِهِ، كَمَا رَوَاهُ الثِّقَاتُ عَنْهُ، فَيُمْكِنُ ترصد الشيطان لتلك السكتات وَدَسُّهُ فِيهَا مَا اخْتَلَقَهُ مِنْ تِلْكَ الْكَلِمَاتِ، مُحَاكِيًا نَغَمَةَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِحَيْثُ يَسْمَعُهُ مَنْ دَنَا إِلَيْهِ مِنَ الْكُفَّارِ، فَظَنُّوهَا مِنْ قَوْلِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وأشاعوها.
(١). من ك.

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