Il commit une inadvertance et prononça :
« Certes, on espère leur intercession. »
Les polythéistes ainsi que ceux dont les cœurs sont malades le rencontrèrent alors, le saluèrent et se réjouirent. Il déclara aussitôt :
« Cela vient de Satan. »
Alors Allah, Exalté soit-Il, révéla :
« Nous n’avons jamais envoyé avant toi ni Messager ni Prophète… » – jusqu’à la fin du verset.
An-Nahhâs dit : « Ce hadith est interrompu ; il renferme, de plus, cette grave question. Il en est de même du récit rapporté par Qatâdah, lequel ajoute : “Et, en vérité, elles sont bien les Garânîq sublimes.” »
Plus choquant encore est ce qu’a rapporté al-Wâqidî d’après Kathîr ibn Zayd, d’après al-Muttalib ibn ‘Abd-Allâh : « Tous les polythéistes se prosternèrent, à l’exception d’al-Walîd ibn al-Mughîrah ; celui-ci prit de la poussière, la porta à son front et se prosterna dessus, car c’était un vieillard. »
On rapporte aussi qu’il s’agissait d’Abû Uhayshah Sa‘îd ibn al-‘Âs, jusqu’à ce que Jibrîl – paix sur lui – descendît et que le Prophète – bénédictions et paix d’Allah sur lui – lui récita (les versets). L’ange lui dit alors :
« Je ne t’ai pas apporté cela ! »
Et Allah révéla :
« Il s’en est fallu de peu que tu t’inclines vers eux, ne fût-ce qu’un instant. » (Al-Isrâ’, 74)
An-Nahhâs affirme : « Ce hadith est réprouvé et interrompu, surtout venant d’al-Wâqidî. Dans le Sahîh de al-Bukhârî, il est rapporté que celui qui prit une poignée de terre et la leva jusqu’à son front était Umayyah ibn Khalaf. Nous citerons l’exposé complet d’an-Nahhâs au terme du chapitre, si Allah le veut. »
Ibn ‘Atiyyah dit : « Le hadith comportant la formule “ce sont les Garânîq sublimes” figure dans les livres de tafsîr et assimilés, mais ni al-Bukhârî ni Muslim ne l’ont intégré, et, à ma connaissance, aucun auteur réputé ne l’a mentionné. La méthodologie des gens du hadith implique seulement que le Diable a soufflé (des paroles), sans préciser cette cause ou une autre. Il n’y a pas de controverse quant au fait que l’insinuation satanique concerne des paroles audibles qui ont suscité la tentation. Les opinions divergent ensuite sur la manière de cette insinuation ; l’avis répandu dans les tafsîrs – c’est celui que l’on cite le plus – est que le Prophète, bénédiction et paix sur lui, prononça ces paroles de sa propre bouche.
Mon père – qu’Allah lui fasse miséricorde – m’a rapporté avoir rencontré, en Orient, des cheikhs parmi les savants théologiens qui disaient : « Cela est impossible de la part du Prophète – bénédiction et paix sur lui – car il est infaillible dans la transmission. En réalité, c’est Satan qui a prononcé une parole que les mécréants entendirent lorsque le Prophète – bénédiction et paix sur lui – récita :
“Avez-vous donc considéré al-Lât et al-‘Uzzâ, ainsi que Manât, la troisième, l’autre ?” (An-Najm, 19-20)
Il rapprocha alors sa voix de celle du Prophète – bénédiction et paix sur lui – de sorte que l’affaire se confondit pour les polythéistes, qui dirent : “Muhammad l’a récitée.” Un tel commentaire est, dit-on, rapporté de l’imâm Abû al-Ma‘âlî.
On a également soutenu que l’insinuation provenait d’un “Satan humain”, à l’instar de la parole du Très-Haut :
« Faites du tumulte à son propos. » (Fussilat, 26)
Qatâdah dit : « C’est ce qu’il récita alors qu’il somnolait. »