Je dis :
Abou Bakr al-Anbârî a mentionné ce récit dans son livre de réfutation. Mon père – qu’Allah lui fasse miséricorde – m’a rapporté qu’‘Alî b. Harb nous transmit, d’après Sufyân b. ‘Uyaynah, d’après ‘Amr, d’après Ibn ‘Abbâs – qu’Allah les agrée – qu’il lisait :
« … et Nous n’avons envoyé avant toi ni Messager, ni Prophète, ni Inspiré (muhaddath). »
Abou Bakr déclara : ce hadith ne saurait être retenu pour affirmer qu’il s’agit d’une lecture coranique. Le « muhaddath » est celui à qui il est révélé dans son sommeil, car le songe des prophètes constitue une révélation.
Deuxièmement – Les savants ont signalé que ce verset soulève une double difficulté.
Premièrement, certains estiment qu’il se trouve parmi les prophètes – salut et bénédictions d’Allah sur eux – des envoyés et d’autres qui ne le sont pas, tandis que d’autres jugent qu’il n’est pas permis d’appeler quelqu’un « prophète » sans qu’il soit également « envoyé ». La preuve en faveur de cette dernière opinion est la parole d’Allah, Exalté soit-Il : « Nous n’avons envoyé avant toi ni Messager ni Prophète », car Il attribue ainsi au Prophète – paix et salut sur lui – la mission de messager. Le terme « nabiyy » signifie « celui qui informe de la part d’Allah », et informer de la part d’Allah implique, en soi, l’envoi.
Al-Farrâ’ a dit : le Messager (rasûl) est celui vers qui Jibrîl – paix sur lui – est dépêché de façon visible auprès des créatures ; le Prophète (nabiyy) est celui dont la prophétie se réalise par inspiration ou par rêve. En conséquence, tout Messager est nécessairement Prophète, alors que tout Prophète n’est pas forcément Messager.
Al-Mahdawî a confirmé que telle est l’opinion correcte : tout Messager est Prophète, mais tout Prophète n’est pas Messager. De même, le Qâdî ‘Iyâd le rapporte dans « al-Shifâ’ » et précise que telle est la position de la majorité écrasante, se fondant sur le hadith d’Abû Dharr selon lequel les Messagers parmi les Prophètes sont au nombre de trois cent treize, le premier étant Âdam et le dernier Muhammad – qu’Allah le couvre d’éloges et de salut.
L’autre dimension problématique – qui constitue la troisième question – concerne les hadiths relatifs à la circonstance de la révélation de ce verset ; aucun d’entre eux n’est authentique. Les mécréants égarèrent leurs masses en disant : « Il sied aux prophètes de ne jamais se trouver impuissants ; pourquoi donc Muhammad ne nous fait-il pas descendre le châtiment alors que nous avons redoublé d’hostilité à son égard ? » Ils disaient encore : « Il ne convient pas qu’ils connaissent l’inadvertance ou l’erreur. » Le Seigneur – glorifié soit-Il – leur a donc montré qu’ils demeurent des êtres humains, que Celui qui fait venir le châtiment est Allah – Très-Haut – quand Il le veut, et que l’oubli, la distraction et l’erreur peuvent atteindre les humains jusqu’à ce qu’Allah parachève Ses versets et anéantisse les artifices de Satan.
Al-Layth a rapporté, d’après Yûnus, d’après az-Zuhrî, d’après Abû Bakr b. ‘Abd ar-Rahmân b. al-Hârith b. Hishâm, qu’il a dit : Le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – récita :
« Par l’étoile quand elle décline »,
et lorsqu’il parvint à :
« Que pensez-vous d’al-Lât et d’al-‘Uzzâ, et de Manât, la troisième, la dernière ? »