Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

«Combien de cités Nous avons anéanties…» ; c’est-à-dire : Nous avons fait périr leurs habitants. L’expression «Ka-’ayyin» a déjà été commentée dans la sourate Âl ‘Imrân.

«… alors qu’elles étaient injustes» : c’est-à-dire plongées dans la mécréance.

«… si bien qu’elles se retrouvent désertes, effondrées sur leurs toits» : le sujet a été abordé dans la sourate al-Kahf.

«… et combien de puits abandonnés et de palais édifiés ! »

Al-Zajjâj explique que l’expression «et (combien de) puits abandonnés» se coordonne à «de cité» ; autrement dit : «combien d’habitants de cité et combien d’habitants de puits». Al-Farrâ’ considère, quant à lui, que «et (combien de) puits» se coordonne à «leurs toits».

Al-Aṣma‘î rapporte : «J’ai interrogé Nāfi‘ b. Abî Nu‘aym : ‘Doit-on prononcer la hamza dans les mots bi’r (puits) et dhi’b (loup) ?’ Il répondit : ‘Si les Arabes les prononcent avec la hamza, alors prononce-les ainsi.’» La plupart des transmetteurs citent Nāfi‘ avec la hamza, à l’exception de Warsh, dont la transmission l’omet pour ces deux termes ; l’original, toutefois, comporte bien la hamza.

Le terme «mu‘aṭṭalah» («abandonné») signifie : délaissé — ainsi l’a expliqué al-Ḍaḥḥâk. Il a également été dit : vide de ses habitants parce qu’ils ont péri ; ou encore : dont l’eau est tarie ; ou bien : dépourvu de seaux et de cordes ; toutes ces significations sont proches.

Quant au «palais mashîd», Qatâdah, al-Ḍaḥḥâk et Muqâtil disent qu’il s’agit d’un édifice élevé et haut. Ghudâ b. Zayd déclame :
«Il l’éleva en marbre, l’enduisit de chaux ;
aux cimes, les oiseaux trouvent refuge.»
— autrement dit : il l’a rehaussé.

Sa‘îd b. Jubayr, ‘Atâ’, ‘Ikrimah et Mujâhid affirment : «mashîd» signifie «enduí au plâtre», le terme shîd désignant le gypse (plâtre). Le poète a dit :
«Ne me tiens pas, fût-ce un homme novice,
pour l’eau mêlée d’argile et de plâtre.»

Imru’ al-Qays a encore dit :
«Ni aucune forteresse, sinon un édifice dressé de pierre taillée.»

Ibn ‘Abbâs commente : «mashîd» signifie «inexpugnable» — avis partagé par al-Kalbî. Le mot est de la forme «maf‘il» avec le sens de «maf‘ûl», à l’instar de «mabî‘» (vendu).

Al-Jawharî précise : «mashîd» désigne ce qui est construit au moyen de shîd ; et «shîd» (avec la kasra) est toute matière — plâtre ou carrelage — dont on enduit un mur, tandis qu’avec la fatha il s’agit du nom d’action. On dit : shâdahu yashîduhu shaydan, c’est-à-dire : il l’a plâtré. «al-mushayyad» (avec gémination) signifie : l’édifice surélevé.

Al-Kisâ’î ajoute : «mashîd» est employé pour le singulier, comme dans la parole divine : «… et un palais mashîd», tandis que «mushayyad» s’emploie pour le pluriel, comme dans : «dans des tours fortifiées (burûj mushayyadah)» (an-Nisâ’ : 78).

— Le passage comporte encore un élément elliptique.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَكَأَيِّنْ مِنْ قَرْيَةٍ أَهْلَكْناها) أَيْ أَهْلَكْنَا أَهْلَهَا. وَقَدْ مَضَى فِي " آلِ عِمْرَانَ" «١» الْكَلَامُ فِي كَأَيِّنْ. (وَهِيَ ظالِمَةٌ) أَيْ بِالْكُفْرِ. (فَهِيَ خاوِيَةٌ عَلى عُرُوشِها) تَقَدَّمَ فِي الْكَهْفِ «٢» . (وَبِئْرٍ مُعَطَّلَةٍ وَقَصْرٍ مَشِيدٍ) قَالَ الزَّجَّاجُ: " وَبِئْرٍ مُعَطَّلَةٍ" مَعْطُوفٌ عَلَى " مِنْ قَرْيَةٍ" أَيْ وَمِنْ أَهْلِ قَرْيَةٍ وَمِنْ أَهْلِ بِئْرٍ. وَالْفَرَّاءُ يَذْهَبُ إِلَى أَنَّ " وَبِئْرٍ" مَعْطُوفٌ عَلَى " عُرُوشِها" . وَقَالَ الْأَصْمَعِيُّ: سَأَلْتُ نَافِعَ بْنَ أَبِي نُعَيْمٍ أَيُهْمَزُ الْبِئْرُ وَالذِّئْبُ؟ فَقَالَ: إِنْ كَانَتِ الْعَرَبُ تَهْمِزُهُمَا فَاهْمِزْهُمَا. وَأَكْثَرُ الرُّوَاةِ عَنْ نَافِعٍ بِهَمْزِهِمَا، إِلَّا وَرْشًا فَإِنَّ رِوَايَتَهُ عَنْهُ بِغَيْرِ هَمْزٍ فِيهِمَا، وَالْأَصْلُ الْهَمْزُ. وَمَعْنَى " مُعَطَّلَةٍ" مَتْرُوكَةٌ، قَالَهُ الضَّحَّاكُ. وَقِيلَ: خَالِيَةٌ مِنْ أَهْلِهَا لِهَلَاكِهِمْ. وَقِيلَ: غَائِرَةُ الْمَاءِ. وَقِيلَ: مُعَطَّلَةٌ مِنْ دِلَائِهَا وَأَرْشِيَتِهَا، وَالْمَعْنَى مُتَقَارِبٌ. (وَقَصْرٍ مَشِيدٍ) قَالَ قَتَادَةُ وَالضَّحَّاكُ وَمُقَاتِلٌ: رفيع طويل. قال غدى بْنُ زَيْدٍ: شَادَهُ مَرْمَرًا وَجَلَّلَهُ كِلْ ... سًا فَلِلطَّيْرِ فِي ذُرَاهُ وُكُورُ أَيْ رَفَعَهُ. وَقَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ وَعَطَاءٌ وَعِكْرِمَةُ وَمُجَاهِدٌ: مُجَصَّصٌ، من الشيد وهو الجص. قال الراجز «٣» : لا تحسبني وإن كنت امرأ غمرا ... كحينة الْمَاءِ بَيْنَ الطِّينِ وَالشِّيدِ وَقَالَ امْرُؤُ الْقَيْسِ: وَلَا أُطُمًا إِلَّا مَشِيدًا بِجَنْدَلِ «٤» وَقَالَ ابْنُ عباس: (مَشِيدٍ) أي حصين، وقاله الْكَلْبِيُّ. وَهُوَ مَفْعِلٌ بِمَعْنَى مَفْعُولٍ كَمَبِيعٍ بِمَعْنَى مَبْيُوعٍ. وَقَالَ الْجَوْهَرِيُّ: وَالْمَشِيدُ الْمَعْمُولُ بِالشِّيدِ. وَالشِّيدُ (بالكسر) : كل شي طَلَيْتَ بِهِ الْحَائِطَ مِنْ جِصٍّ أَوْ بَلَاطٍ، وَبِالْفَتْحِ الْمَصْدَرُ. تَقُولُ: شَادَهُ يَشِيدُهُ شَيْدًا جَصَّصَهُ. وَالْمُشَيَّدُ (بِالتَّشْدِيدِ) الْمُطَوَّلُ. وَقَالَ الْكِسَائِيُّ: " الْمَشِيدُ" لِلْوَاحِدِ، مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى: " وَقَصْرٍ مَشِيدٍ" ، وَالْمُشَيَّدُ لِلْجَمْعِ، من قوله تعالى: " فِي بُرُوجٍ مُشَيَّدَةٍ" «٥» . [النساء: ٧٨] . وفى الكلام مضمر
(١). راجع ج ٤ ص ٢٢٨. (٢). راجع ج ١٠ ص ٤١٠. (٣). البيت للشماخ. كما في اللسان من البسيط وليس برجز. والغمر (بفتح الغين وكسر الميم) لغة في الغمر (بضم الغين وسكون الميم) وهو الغر الذي لم يجرب الأمور. (٤). هذا عجز البيت. وصدره: وتيهاء لم يترك بها جذع نخلة (٥). راجع ج ٥ ص ٢٨٢.

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