Et l’on rapporte que les mots : « Ceux que Nous avons solidement établis sur la terre… » désignent quatre compagnons du Messager d’Allah – qu’Allah le couvre d’éloges et de paix – car à ce moment-là il n’y avait, sur terre, personne d’autre qu’eux.
Ibn ʿAbbâs dit : il s’agit des Emigrés (al-Muhâjirûn), des Auxiliaires (al-Ansâr) et de ceux qui les suivent d’une belle manière.
Qatâda dit : ce sont les compagnons de Muhammad – paix et bénédictions sur lui.
ʿIkrima dit : ce sont les gens qui accomplissent les cinq prières obligatoires.
Al-Ḥasan et Abû l-ʿÂliya disent : il s’agit de cette communauté ; lorsqu’Allah lui ouvre (les contrées), elle y établit la prière.
Ibn Abî Najîḥ dit : on vise par là les gouvernants.
Ad-Ḍaḥḥâk dit : c’est la condition qu’Allah – Exalté soit-Il – a posée à quiconque Il confère la royauté ; et cette explication est pertinente.
Sahl ibn ʿAbd Allâh dit : ordonner le bien et interdire le mal est un devoir qui incombe au souverain et aux savants qui se présentent à lui. Il n’appartient pas au commun des gens d’enjoindre au souverain, car cela lui est intrinsèquement obligatoire ; pas davantage d’enjoindre aux savants, la preuve étant déjà établie contre eux.
(Sourate al-Hajj, 22 : 42-44)
« Et s’ils te traitent de menteur, avant eux le peuple de Noé, les ʿÂd et les Thamûd ont traité (leurs prophètes) de menteurs (42), de même que le peuple d’Ibrahim, le peuple de Lût (43), les habitants de Madyan ; et Moïse fut, lui aussi, traité de menteur. J’accordai alors un délai aux mécréants, puis Je les saisis : et quel fut Mon châtiment ! (44) »
Ces versets viennent consoler et réconforter le Prophète – paix et bénédictions sur lui : des prophètes avant toi furent qualifiés de menteurs ; ils patientèrent jusqu’à ce qu’Allah anéantît leurs négateurs. Imite-les donc et sois patient.
« Et Moïse fut traité de menteur » : c’est-à-dire par Pharaon et son peuple. Quant aux enfants d’Israël, ils ne le traitèrent pas de menteur ; c’est pourquoi le texte ne dit pas « et le peuple de Moïse » comme pour les autres.
« Je leur accordai un délai » : Je différé la sanction.
« Puis Je les saisis » : Je les châtiai.
« Et quel fut Mon châtiment ! » : interrogation qui exprime l’effroi ; autrement dit, contemple comment J’ai transformé les bienfaits dont ils jouissaient en supplice et en perdition ; ainsi agirai-Je également envers les négateurs de Quraych.
Al-Jawharî dit : an-nakîr et al-inkâr signifient le changement de ce qui est blâmable ; al-munkar est le singulier du pluriel manâkîr.
(Sourate al-Hajj, 22 : 45)
« Que de cités Nous avons anéanties alors qu’elles étaient injustes, et les voilà effondrées sur leurs toits ; combien de puits abandonnés et de palais bien bâtis ! » (45)