Elles ne sont pas détruites dans les territoires d’Islam lorsqu’elles appartiennent aux gens soumis au pacte (Ahl adh-Dhimmat), car elles sont assimilées à leurs demeures et à leurs biens pour lesquels ils se sont, par l’accord, engagés à en assurer la sauvegarde. Il n’est toutefois pas permis de les laisser agrandir, car cela reviendrait à rendre apparentes les causes de la mécréance. Il est en revanche permis de démolir une mosquée pour la rebâtir ; c’est ce qu’accomplit ʿUthmân – qu’Allah l’agrée – à propos de la Mosquée du Prophète – qu’Allah lui accorde Sa prière et Son salut.
Sixièmement – Le verbe « lahuddimat » (« elle aurait été détruite ») se récite soit avec un dâl léger, soit avec un dâl redoublé.
« Ṣawâmiʿ » est le pluriel de ṣawmaʿah, sur le schème fawʿalah ; il désigne un édifice élevé au sommet pointu. On dit : « ṣammaʿa ath-tharîdah » – il en a relevé la tête et l’a affûtée. De même, on qualifie d’« aṣmaʿ al-qalb » un homme d’une vive intelligence, et « al-aṣmaʿ » parmi les hommes est celui dont la parole est tranchante. On a également dit qu’il s’agit de celui qui a de petites oreilles, qu’il s’agisse d’êtres humains ou d’autres. Avant l’Islam – rapporte Qatâdah – le terme était réservé aux ermites chrétiens et aux adorateurs sabéens ; il fut ensuite employé pour désigner le minaret des musulmans.
« Al-Biyaʿ » est le pluriel de bayʿah ; c’est l’église des chrétiens. At-Tabarî rapporte qu’on y a vu les synagogues des juifs, puis une opinion attribuée à Mujâhid a été avancée qui ne va pas dans ce sens.
« Wa ṣalawât » – Az-Zajjâj et Al-Ḥasan disent qu’il s’agit des synagogues juives, appelées en hébreu ṣalûtâ. Abû ʿUbaydah, pour sa part, affirme que les « ṣalawât » sont des oratoires que les chrétiens édifient dans les steppes pour y prier lorsqu’ils voyagent ; on les nommait ṣalûtâ, puis le mot fut arabisé en « ṣalawât ».
Pour ce terme, Ibn ʿAtiyyah a relevé neuf lectures : ṣulawât, ṣalwât, ṣilawât, ṣulûlî (sur le schème fuʿûlî), ṣulûb (pluriel de ṣalîb), ṣulûth (avec thâ’ pointée), ṣuluwât (avec ḍamma sur le ṣād et le lâm et un alif après le wāw), ṣulūthâ (mêmes ḍamma avec alif brève après la thâ’), et ṣuluythâ (avec kasra sur le ṣād, lâm asukkuné, wāw kasséra, yâ’, thâ’ pointée, puis alif). An-Naḥḥâs mentionne encore qu’ʿĀṣim al-Jahdarî lisait « wa ṣulūbun », et qu’Ad-Ḍaḥḥāk récitait « wa ṣalūthun » avec thâ’ à trois points, sans qu’il sache s’il ouvrait ou fermait le ṣād. Ainsi, dit l’auteur, l’on parvient ici à dix lectures.
Ibn ʿAbbâs déclare : le mot « ṣalawât » renvoie aux églises. Selon Abû Al-ʿĀliyah, il désigne les mosquées des Sabéens. D’après Ibn Zayd, il s’agit des prières des musulmans qui cessent lorsque l’ennemi les envahit et que les mosquées sont détruites ; le terme « démolition » est alors employé par métaphore pour indiquer que les prières sont interrompues, ou bien il a voulu parler du lieu des prières et a omis le mot annexé. D’après l’opinion d’Ibn ʿAbbâs, d’Az-Zajjâj et d’autres encore, la démolition