Quatrièmement – La parole du Très-Haut : « Et si Allah ne repoussait pas les hommes les uns par les autres… » : c’est-à-dire que, si Allah n’avait pas prescrit aux prophètes et aux croyants de combattre leurs ennemis, les polythéistes auraient pris le dessus et auraient aboli les lieux de culte que les détenteurs des religions avaient instaurés. Mais Allah a fait échec à leur domination en rendant le combat obligatoire, afin que les gens de la religion puissent se consacrer à l’adoration. Le Jihâd est donc une prescription ancienne au sein des nations ; par lui les législations se sont maintenues et les pratiques cultuelles se sont rassemblées. C’est comme s’Il disait : « La permission de combattre est accordée ; que les croyants combattent. »
Puis ce commandement au combat est renforcé par Sa parole : « Et si Allah ne repoussait pas les hommes… », c’est-à-dire que, sans le combat et le Jihâd, la vérité aurait été dominée dans chaque communauté. Celui qui, parmi les chrétiens ou les sabéens, réprouve le Jihâd se contredit lui-même ; car, sans le combat, la religion qu’il défendrait n’existerait plus.
Par ailleurs, les lieux évoqués – édifiés avant leurs falsifications et leurs altérations, et avant que ces anciennes religions ne soient abrogées par l’Islam – ont été mentionnés dans ce but : sans cette riposte, les églises auraient été démolies à l’époque de Moïse, les ermitages et les oratoires à l’époque de Jésus, et les mosquées à l’époque de Muḥammad – que la prière et la paix soient sur lui.
« Seraient certes démolis » procède du verbe « démolir un bâtiment », c’est-à-dire le renverser jusqu’à effondrement. Ibn ʿAṭiyya a dit : « C’est là l’explication la plus correcte de ce verset. »
Il est rapporté de ʿAlî ibn Abî Ṭâlib – qu’Allah l’agrée – qu’il a dit : « N’eût été le fait qu’Allah repousse, par les compagnons de Muḥammad – ṣallallâhu ʿalayhi wa sallam –, les mécréants loin des générations suivantes… » Bien que cela exprime la protection d’un peuple par un autre, le sens du combat y demeure plus approprié, comme il a été expliqué précédemment.
Mujâhid a dit : « Sans qu’Allah ne repousse l’injustice d’un peuple par le témoignage des justes… »
Un autre groupe a dit : « Sans qu’Allah ne repousse l’injustice des injustes par la justice des gouvernants… »
Abû ad-Dardâ’ a dit : « Si Allah – Glorifié soit-Il – ne protégeait, par ceux qui se trouvent dans les mosquées, ceux qui n’y sont pas, et par ceux qui partent en expédition, ceux qui n’y partent pas, le châtiment leur parviendrait assurément. »
Un autre groupe encore a dit : « Sans qu’Allah ne détourne le châtiment grâce à l’invocation des vertueux et des pieux… », et ainsi de suite dans les détails qui explicitent le sens du verset ; car le verset implique nécessairement un « repoussé » parmi les hommes et un « repoussé pour qui », méditez-le.
Cinquièmement – Ibn Khuwayz Mandâd a dit : Ce verset comporte l’interdiction de démolir les églises, les oratoires et les temples du feu appartenant aux gens du pacte (Ahl adh-Dhimma). On ne les autorise pas non plus à ériger ce qui n’existait pas, ni à agrandir leurs bâtiments, ni en largeur ni en hauteur. Les musulmans ne doivent pas y entrer ni y accomplir leur prière, et toute extension qu’ils y ajouteraient doit être démantelée. De même, seront détruites les églises et les oratoires que l’on trouverait dans les territoires ennemis. Et s’il n’a pas été démoli