Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il contient huit questions :

Premièrement – La parole du Très-Haut :
« ceux qui ont été expulsés de leurs demeures » (v. 40).
Tel est l’un des torts qu’on leur a faits ; ils n’ont été chassés que pour avoir dit : « Notre Seigneur est Allah, l’Unique. »
L’expression : « sauf parce qu’ils disent : “Notre Seigneur est Allah” » (v. 40) constitue, selon Sîbawayh, une exception disjointe ; c’est-à-dire : « mais uniquement parce qu’ils ont dit : “Notre Seigneur est Allah”. »
Al-Farrâ’ estime qu’elle peut être considérée à l’état de génitif, reprise de la préposition باء ; telle est aussi l’opinion d’Abû Isḥâq az-Zajjâj.
Selon cette interprétation, le sens est : « ceux qui ont été chassés de leurs demeures sans droit, si ce n’est pour avoir proclamé : “Notre Seigneur est Allah” » ; autrement dit, ils furent bannis à cause de leur affirmation de l’unicité, les idolâtres les ayant expulsés.
L’expression « ceux qui ont été expulsés » (v. 40) se trouve alors au génitif, en apposition à « à ceux qu’on combat ».

Deuxièmement – Ibn al-‘Arabî rapporte que nos savants ont dit : avant le pacte d’al-‘Aqabah, le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et le salue – n’avait pas reçu la permission de faire la guerre ; le sang ne lui avait pas été rendu licite. Il était seulement chargé d’appeler à Allah, de patienter face aux vexations et de pardonner à l’ignorant, et ce durant dix années, afin qu’Allah établît contre eux Sa preuve et en accomplissement de Sa promesse dont Il a favorisé les hommes dans Sa parole : « Nous ne châtions jamais un peuple avant d’avoir envoyé un messager » (al-Isrâ’, 15).
Tandis que les gens persévéraient dans la tyrannie sans se laisser convaincre par l’évidence, les Quraysh persécutèrent ceux de sa communauté qui l’avaient suivi parmi les Mouhâjirûn : ils les détournèrent de leur religion et les bannirent de leur terre ; certains se réfugièrent en Abyssinie, d’autres gagnèrent Médine, d’autres enfin supportèrent l’épreuve sur place.
Lorsque les Quraysh s’entêtèrent contre Allah – qu’Il soit exalté – repoussèrent Son ordre, traitèrent Son Prophète de menteur, torturèrent ceux qui avaient cru en lui, unifié Allah, L’avaient adoré, cru Son Prophète et se cramponnaient à Sa religion, Allah permit alors à Son Messager de combattre, de se défendre et de prendre revanche sur ceux qui les avaient lésés, et Il fit descendre : « Il a été permis à ceux qu’on combat, parce qu’ils ont subi injustice… » jusqu’à Sa parole « … les affaires ».

Troisièmement – Cette ayah établit que l’action accomplie par une personne contrainte est imputée à celui qui l’a contrainte ; en effet, Allah attribue ici l’expulsion aux mécréants, car le propos vise à établir la faute et à en faire endosser la responsabilité.
Cette ayah est identique, sur ce point, à Sa parole : « lorsque ceux qui ont mécru l’ont fait sortir » (at-Tawbah, 40) ; l’explication y est la même, comme cela a été exposé dans Sûrat Barâ’ah.
Et louange à Allah.

فيه ثمان مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (الَّذِينَ أُخْرِجُوا مِنْ دِيارِهِمْ) ٤٠ هَذَا أَحَدُ مَا ظُلِمُوا بِهِ، وَإِنَّمَا أخرجوا لقولهم: ربنا الله وحده. فقوله: " إِلَّا أَنْ يَقُولُوا رَبُّنَا اللَّهُ ٤٠" اسْتِثْنَاءٌ مُنْقَطِعٌ، أي لكن لقولهم ربنا الله، قاله سِيبَوَيْهِ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ يَجُوزُ أَنْ تَكُونَ فِي مَوْضِعِ خَفْضٍ، يُقَدِّرُهَا مَرْدُودَةً عَلَى الْبَاءِ، وَهُوَ قَوْلُ أَبِي إِسْحَاقَ الزَّجَّاجِ، وَالْمَعْنَى عِنْدَهُ: الَّذِينَ أُخْرِجُوا مِنْ دِيَارِهِمْ بِغَيْرِ حَقٍّ إِلَّا بِأَنْ يَقُولُوا رَبُّنَا اللَّهُ، أَيْ أُخْرِجُوا بِتَوْحِيدِهِمْ، أَخْرَجَهُمْ أَهْلُ الْأَوْثَانِ. وَ " الَّذِينَ أُخْرِجُوا ٤٠" فِي مَوْضِعِ خَفْضٍ بَدَلًا مِنْ قَوْلِهِ: " لِلَّذِينَ يُقاتَلُونَ" . الثَّانِيَةُ- قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: قَالَ عُلَمَاؤُنَا كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَبْلَ بَيْعَةِ الْعَقَبَةِ لَمْ يُؤْذَنْ لَهُ فِي الْحَرْبِ وَلَمْ تُحَلَّ لَهُ الدِّمَاءُ، إِنَّمَا يُؤْمَرُ بِالدُّعَاءِ إِلَى اللَّهِ وَالصَّبْرِ عَلَى الْأَذَى وَالصَّفْحِ عَنِ الْجَاهِلِ مُدَّةَ عَشَرَةِ أَعْوَامٍ، لِإِقَامَةِ حُجَّةِ اللَّهِ تَعَالَى عَلَيْهِمْ، وَوَفَاءً بِوَعْدِهِ الَّذِي امْتَنَّ بِهِ بِفَضْلِهِ فِي قَوْلِهِ: " وَما كُنَّا مُعَذِّبِينَ حَتَّى نَبْعَثَ رَسُولًا" «١» [الاسراء: ١٥] . فَاسْتَمَرَّ النَّاسُ فِي الطُّغْيَانِ وَمَا اسْتَدَلُّوا بِوَاضِحِ الْبُرْهَانِ، وَكَانَتْ قُرَيْشٌ قَدِ اضْطَهَدَتْ مَنِ اتَّبَعَهُ مِنْ قَوْمِهِ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ حَتَّى فَتَنُوهُمْ عَنْ دِينِهِمْ وَنَفَوْهُمْ عَنْ بِلَادِهِمْ، فَمِنْهُمْ مَنْ فَرَّ إِلَى أَرْضِ الْحَبَشَةِ: وَمِنْهُمْ مَنْ خَرَجَ إِلَى الْمَدِينَةِ، وَمِنْهُمْ مَنْ صَبَرَ عَلَى الْأَذَى. فَلَمَّا عَتَتْ قُرَيْشٌ عَلَى اللَّهِ تَعَالَى وَرَدُّوا أَمْرَهُ وَكَذَّبُوا نَبِيَّهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ، وَعَذَّبُوا مَنْ آمَنَ بِهِ وَوَحَّدَهُ وَعَبَدَهُ، وَصَدَّقَ نَبِيَّهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ وَاعْتَصَمَ بِدِينِهِ، أَذِنَ «٢» اللَّهُ لِرَسُولِهِ فِي الْقِتَالِ وَالِامْتِنَاعِ وَالِانْتِصَارِ مِمَّنْ ظَلَمَهُمْ، وَأَنْزَلَ " أُذِنَ لِلَّذِينَ يُقاتَلُونَ بِأَنَّهُمْ ظُلِمُوا" - إِلَى قَوْلِهِ- " الْأُمُورِ" . الثَّالِثَةُ- فِي هَذِهِ الْآيَةِ دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ نِسْبَةَ الْفِعْلِ الْمَوْجُودِ مِنَ الْمُلْجَأِ الْمُكْرَهِ إِلَى الَّذِي أَلْجَأَهُ وَأَكْرَهَهُ، لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى نَسَبَ الْإِخْرَاجَ إِلَى الْكُفَّارِ، لِأَنَّ الْكَلَامَ فِي مَعْنَى تَقْدِيرِ الذَّنْبِ وَإِلْزَامِهِ. وَهَذِهِ الْآيَةُ مِثْلُ قَوْلِهِ تَعَالَى: " إِذْ أَخْرَجَهُ الَّذِينَ كَفَرُوا ٤٠" [التوبة: ٤٠] وَالْكَلَامُ فِيهِمَا وَاحِدٌ، وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي " بَرَاءَةٌ" » والحمد لله.
(١). راجع ج ١٠ ص ٢٣١. (٢). هذا دليل قاطع بأن الجهاد شرع لحماية الدعوة. (٣). راجع ج ٨ ص ١٤٣. [ ..... ]

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