Cinquièmement –
Parole du Très-Haut :
« Annonce la bonne nouvelle aux bienfaisants. »
On rapporte que ce verset fut révélé au sujet des quatre califes bien-guidés, comme cela a déjà été mentionné à propos du verset précédent. Cependant, l’expression littérale implique la généralité et englobe tout bienfaisant.
Sourate al-Hajj (22), verset 38 :
« Allah défend certes ceux qui ont cru ; Allah n’aime pas tout traître ingrat. »
Il est rapporté que ce verset fut révélé pour les croyants : lorsque leur nombre augmenta à La Mecque, que les polythéistes les maltraitèrent et qu’une partie d’entre eux émigra en Abyssinie, certains croyants demeurés à La Mecque envisagèrent d’assassiner tout mécréant qu’ils pourraient atteindre, de les surprendre, de les trahir et de ruser. Alors Allah fit descendre ce verset jusqu’à Sa parole : « ingrat », par lequel Il leur promit Sa défense et interdit, de la façon la plus explicite, la trahison et la perfidie. Dans la sourate « Al-Anfâl »¹, il a déjà été fait mention de la rigueur à l’égard de la perfidie, et qu’« un étendard sera dressé pour le traître au niveau de son postérieur, proportionnellement à sa trahison ; l’on dira : “Voici la perfidie d’Untel.” »²
On a dit encore : le sens est qu’Il protège les croyants en perpétuant pour eux la réussite, jusqu’à ce que la foi s’implante fermement dans leurs cœurs ; ainsi, les mécréants ne pourront pas les détourner de leur religion. Et s’ils subissent la contrainte, Il les préservera de sorte qu’ils ne renient pas intérieurement.
On a dit également : Il les défend en les élevant par la preuve. Quant au meurtre d’un croyant par un mécréant, il est rare ; et s’il se produit, Allah défend ce croyant en le recevant auprès de Sa miséricorde.
Nâfi‘ a récité : « yudâfi‘u » et « walawlâ difâ‘u… » ; Abû ʿAmr et Ibn Kathîr ont récité : « yadfaʿu » et « walawlâ dafʿu… » ; ʿÂsim, Ḥamza et Al-Kisâʾî ont récité : « yudâfiʿu » et « walawlâ dafʿu llâh… ». Le verbe yudâfiʿu a le même sens que yadfaʿu, comme dans l’expression « ʿâqa btu al-lissa » (j’ai châtié le voleur) ou « ʿâfâhu llâh » ; le nom d’action est dafʿan. Az-Zahrâwî rapporte que « difâʿan » est également le masdar de « dafaʿa », de même que « ḥisâban » l’est de « ḥasaba ».
Sourate al-Hajj (22), verset 39 :
« Il a été permis à ceux qu’on combat parce qu’ils ont été lésés ; et Allah est certes capable de leur accorder la victoire. »
Ce verset comporte deux questions :
Premièrement – La parole du Très-Haut : « Il a été permis à ceux qu’on combat… »
On a dit : il s’agit là d’une explication de Sa parole : « Allah défend ceux qui ont cru », c’est-à-dire qu’Il repousse contre eux les agressions des mécréants en leur rendant licite le combat et en leur accordant la victoire. Il y a dans l’expression une ellipse, à savoir