Troisième point –
Parole du Très-Haut :
« … afin que vous proclamiez la grandeur d’Allah pour la guidée qu’Il vous a accordée ».
Dans le verset précédent, Allah – exalté soit-Il – a mentionné le fait de prononcer Son Nom sur les bêtes, lorsqu’Il dit : « Invoquez le Nom d’Allah sur elles » ; ici, Il évoque le takbîr. Ibn ʿUmar – qu’Allah l’agrée, lui et son père – joignait les deux formules lorsqu’il immolait son hady ; il disait : « Bismi Llâh, Allahu Akbar ». Ceci témoigne de sa clairvoyance juridique.
Dans le Ṣaḥîḥ, Anas rapporte : « Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – sacrifia deux béliers blancs mouchetés, cornicés. Je le vis les égorger de sa propre main ; il posa son pied sur leurs flancs, prononça le Nom (d’Allah) et proclama Sa grandeur ».
Les savants ont divergé à ce sujet. Abû Thawr a considéré que la basmala est obligatoire, à l’instar du takbîr dans la prière ; la majorité la juge simplement recommandée. S’il prononce une autre formule où figure l’un des Noms d’Allah – avec l’intention de la basmala – cela est valable ; de même s’il dit seulement « Allahu Akbar » ou « Lâ ilâha illâ Llâh », selon Ibn Ḥabîb. Mais s’il ne vise pas la basmala, cela ne tient pas lieu de basmala et la bête n’est pas licite à la consommation ; tel est l’avis d’al-Shâfiʿî et de Muḥammad b. al-Ḥasan.
Tous les savants – parmi nos compagnons et les autres – ont jugé répréhensible de prier sur le Prophète – paix et salut sur lui – au moment de la basmala ou de le mentionner alors ; ils disent : « Ici, seul Allah doit être cité ». Al-Shâfiʿî, toutefois, l’a autorisé.
Quatrième point –
La majorité estime permise la formule de l’officiant : « Allahumma taqabbal minnî » (Ô Allah, accepte-le de ma part). Abû Ḥanîfa l’a jugée répréhensible, mais la preuve décisive contre lui est le ḥadith authentique d’ʿÂʾisha – qu’Allah l’agrée – où il est dit : puis il dit : « Bismi Llâh, Allahumma taqabbal min Muḥammad, wa ʾâli Muḥammad, wa min ummati Muḥammad », puis il sacrifia.
Certains ont recommandé de reprendre textuellement le verset : « Seigneur, accepte-nous ; certes, Tu es l’Audient, l’Omniscient » (al-Baqarah : 127).
Mâlik a réprouvé la formule : « Allahumma minka wa ilayka » (Ô Allah, de Toi et pour Toi), la qualifiant d’innovation. Ibn Ḥabîb – parmi nos condisciples – et al-Ḥasan l’ont néanmoins permise, se fondant sur le ḥadith rapporté par Abû Dâwûd d’après Jâbir b. ʿAbdillâh :
« Le Prophète – paix et salut sur lui – immola, le Jour du sacrifice, deux béliers cornicés, castrés, blancs mouchetés ; lorsqu’il les orienta (vers la qiblah), il dit :
“Je tourne mon visage vers Celui qui a créé les cieux et la terre, dans une foi pure… – et il récita jusqu’à : ‘Je suis le premier des Musulmans’ – Allahumma minka wa laka, de la part de Muḥammad et de sa communauté ; Bismi Llâh, Allahu Akbar”,
puis il les égorgea. »
Il se peut donc que ce récit ne soit pas parvenu à Mâlik, ou qu’il ne l’ait pas jugé authentique, ou qu’il ait constaté une pratique contraire ; c’est ce que laisse entendre sa qualification de « bidʿa ». Allah est plus Savant.