On dit : « Qaniʿa l’homme, il est qaniʿ » lorsqu’il se montre satisfait. Quant au « muʿtarr », c’est celui qui gravite autour de toi en quête de ce que tu possèdes, qu’il formule sa demande ou qu’il se taise.
Muḥammad b. Kaʿb al-Quraẓī, Mujāhid, Ibrāhīm, al-Kalbī et al-Ḥasan b. Abī l-Ḥasan ont dit : « Le muʿtarr est celui qui se présente sans rien demander ouvertement. »
Zuhayr a dit :
« C’est chez les plus nantis que se trouve la subsistance de qui les approche,
et chez les moins pourvus résident la libéralité et le don. »
Mālik a déclaré : « La meilleure explication que j’ai entendue est que le qāniʿ désigne le pauvre, tandis que le muʿtarr est le visiteur. »
Il est rapporté de al-Ḥasan qu’il lisait : « wal-muʿtarī », dont le sens est identique à muʿtarr.
On dit : « iʿtarrahu / iʿtarāhu / ʿarrahu / ʿarrāhu » lorsque quelqu’un convoite ce qu’un autre possède ou le sollicite ; cette remarque est de Naḥḥās.
[Sourate al-Ḥajj, 22 : 37]
« Ni leurs chairs ni leurs sangs n’atteindront Allah ; ce qui L’atteint de votre part, c’est la piété. Ainsi les a-t-Il soumis à vous afin que vous proclamiez la grandeur d’Allah pour la guidée qu’Il vous a accordée. Et annonce la bonne nouvelle aux bienfaisants. »
Il y a à ce sujet cinq points :
Premièrement – Sa parole : « Ni leurs chairs n’atteindront Allah… ». Ibn ʿAbbās a dit : Les gens de la Jāhiliyyah aspergeaient la Maison sacrée du sang des chameaux offerts en sacrifice ; les musulmans voulurent en faire autant, alors ce verset fut révélé. Le verbe « atteindre » ne saurait littéralement s’appliquer au Créateur, mais l’expression est employée par métaphore pour signifier l’acceptation ; autrement dit, cela ne Lui parvient pas.
Ibn ʿAbbās a aussi dit : « Cela ne montera pas jusqu’à Lui. »
Ibn ʿĪsā explique : Il n’accepte ni leurs chairs ni leurs sangs, mais Il reçoit de vous la piété, c’est-à-dire l’acte accompli pour Sa Face ; voilà ce qu’Il agrée, élève, entend et pour quoi Il rétribue. Il en va de même du ḥadith : « Les œuvres ne valent que par les intentions. »
La récitation ordinaire lit « lan yanālallāha » et « yanāluhu » à la troisième personne (yāʾ) ; Yaʿqūb les lit à la deuxième personne (tāʾ), en raison du mot « viandes » qui précède.
Deuxièmement – Sa parole : « Ainsi les a-t-Il soumis à vous ». C’est un bienfait qu’Il nous accorde : Il les a rendus dociles, nous permettant d’en disposer alors qu’ils sont plus grands de corps et plus forts de membres que nous. Cela afin que le serviteur comprenne que les affaires ne se déroulent pas selon les apparences de sa propre gestion, mais selon ce que veut le Puissant, le Capable ; ainsi le petit l’emporte sur le grand pour que les créatures sachent que le Vainqueur est Allah, l’Unique, le Contraignant, élevé au-dessus de Ses serviteurs.