Et le terme « ṣawāff » est, selon la lecture de la majorité des récitateurs, prononcé avec une fatha sur la lettre fâ et une gémination, et il provient du verbe « ṣaffa – yaṣuffu » (mettre en rang, aligner). Le singulier de « ṣawāff » est « ṣâffah », tandis que le singulier de « ṣawâfî » est « ṣâfiyah ».
Ibn Masʿûd, Ibn ʿAbbâs, Ibn ʿUmar et Abû Jaʿfar Muḥammad b. ʿAlî lisent « ṣawâfin » (avec un nûn final), pluriel de « ṣâfinah ». On ne dit cependant pas « ṣâfin » au singulier, car la forme « fâʿil » ne se met au pluriel sur le modèle « fawâʿil » que dans quelques noms particuliers – qui ne font pas école – tels que fâris/fawâris, hâlik/hawâlik et khâlif/khawâlif.
La « ṣâfinah » est la bête à laquelle on a relevé puis entravé l’une des pattes avant pour l’empêcher de s’agiter. De là la parole du Très-Haut : « des chevaux racés, tenus immobiles » (Ṣâd : 31).
ʿAmr b. Kulthûm a dit :
« Nous avons laissé les coursiers campés autour de lui,
Leurs brides suspendues, rangés en lignes. »
On rapporte aussi :
« Ses chevaux ne cessent de le pleurer tout le jour,
Leurs brides suspendues, rangées en lignes. »
Un autre poète a dit :
« Il s’est accoutumé à l’immobilité ; on le voit sans cesse
Debout sur trois pattes, comme s’il était légèrement boiteux. »
Abû ʿAmr al-Jarmî déclare : « Le ṣâfin est un nerf situé à l’avant de la jambe ; lorsqu’on le frappe, le cheval lève la patte. »
Al-Aʿshâ dit :
« Tout alezan, tel un tronc élancé,
Fixe la lance du regard lorsque, immobile, il se dresse. »
Cinquièmement – Ibn Wahb rapporte : Ibn Abî Dh’îb m’a informé avoir interrogé Ibn Shihâb au sujet de « ṣawâff ». Il répondit : « Tu l’entraves, puis tu la fais se tenir en rang. » Mâlik b. Anas m’a donné la même explication. L’ensemble des savants ont recommandé cette pratique, à l’exception d’Abû Ḥanîfa et de Sufyân ath-Thawrî, qui ont estimé qu’il était permis d’immoler la chamelle aussi bien agenouillée que debout. ʿAṭâʾ, de façon isolée, a divergé en jugeant préférable de l’égorger agenouillée. L’avis correct est celui de la majorité, conformément à la parole du Très-Haut : « Puis, lorsqu’elles se seront écroulées sur le flanc » – c’est-à-dire lorsqu’elles tombent après avoir été égorgées, comme on dit : « le soleil wajabat » (s’est couché).
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, il est rapporté que Ziyâd b. Jubayr vit un homme immoler sa chamelle agenouillée ; Ibn ʿUmar lui dit : « Fais-la se lever, entravée ; telle est la Sunna de votre Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui. » Abû Dâwûd relate, d’après Abû z-Zubayr et Jâbir, ainsi que d’après le témoignage de ʿAbd ar-Raḥmân b. Sâbiṭ, que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – et ses Compagnons immolaient la chamelle debout, la patte avant gauche entravée, reposant sur les autres pattes.