Cinquièmement – La parole du Très-Haut : « Écartez-vous du faux témoignage » (v. 30). Le terme « zûr » désigne la fausseté et le mensonge ; on l’a nommé ainsi parce qu’il dévie de la vérité. De là le verset : « le soleil se détournait (tatazawwaru) de leur caverne » (18 : 17) et l’expression « madînatun zawrâ’ », c’est-à-dire une ville inclinée. Tout ce qui s’écarte de la vérité est donc mensonge, fausseté et zûr.
Il est rapporté dans la Sunna que le Prophète — paix et salut d’Allah sur lui — se leva en chaire et dit : « Le faux témoignage équivaut à l’association à Allah. » Il le répéta deux ou trois fois, voulant dire qu’il est rangé, avec l’adoration des idoles, parmi les actes expressément interdits.
Sixièmement – Ce verset comporte une menace contre celui qui porte un faux témoignage. Le juge, lorsqu’il découvre la supercherie d’un témoin, doit le châtier et proclamer son forfait publiquement afin que nul ne se laisse tromper par sa déposition. Le statut de son témoignage après repentir diffère : s’il faisait partie des notables connus pour leur intégrité, son témoignage ne sera plus accepté, car il n’existe aucun moyen de vérifier la sincérité de son repentir — il ne saurait accomplir davantage d’œuvres pies qu’auparavant. S’il était d’un rang moindre mais qu’il redouble d’efforts dans l’adoration et que sa piété augmente, alors son témoignage pourra être reçu.
Il est authentiquement rapporté du Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — qu’il a dit : « Parmi les plus grands péchés majeurs : associer à Allah, être ingrat envers ses parents, le faux témoignage et la parole mensongère. » Le Messager d’Allah — paix et salut sur lui — était alors adossé ; il se redressa et ne cessa de répéter ces paroles jusqu’à ce que nous dîmes : « Plût-à-Allah qu’il se taise ! »
Septièmement – « ḥunafâ’a lillâh » signifie : droits (fermement établis) ou musulmans inclinés vers la vérité. Le mot « ḥunafâ’ » fait partie des termes antinomiques : il peut désigner la droiture comme l’inclination. Ici il est à l’accusatif, occupant la fonction d’état. Certains ont dit qu’il signifie « pèlerins », mais cette restriction n’est étayée par aucune preuve.
Huitièmement – La parole du Très-Haut : « Et quiconque associe à Allah, c’est comme s’il tombait du ciel… » En d’autres termes, au Jour de la Résurrection il sera tel celui qui ne possède pour lui-même ni profit ni capacité de se préserver du mal ou du châtiment, semblable à l’homme qui tombe du ciel sans pouvoir se protéger. L’expression « et que les oiseaux l’enlèvent d’un coup » signifie qu’ils le déchirent de leurs serres.
On a dit encore : cette image renvoie au moment où l’âme sort du corps ; les anges la portent jusqu’au ciel le plus bas, mais les portes ne s’ouvrent pas pour elle, si bien qu’on la rejette vers la terre, comme il est relaté dans le ḥadith de al-Barâ’ que nous avons mentionné dans « At-Tadhkira ».
« As-saḥîq » signifie : « lointain », d’où la parole du Très-Haut : « Qu’ils soient voués à l’éloignement (fasuḥqan) — qu’ils soient voués à l’éloignement — les gens de la Fournaise » (67 : 11), et la parole du Prophète — paix et salut sur lui — : « Fasuḥqan, fasuḥqan (loin, loin). »