Les « sacralités » visées ici désignent les actes du ḥajj auxquels il est fait allusion dans Sa parole : « Puis qu’ils enlèvent leurs souillures et qu’ils accomplissent leurs vœux ». Relève également de ces sacralités la vénération des lieux saints, ainsi que l’ont indiqué Ibn Zayd et d’autres.
En résumé, on peut dire : les sacralités consistent à se conformer à l’ordre divin, tant pour ses obligations que pour ses pratiques surérogatoires.
Quant à Sa parole : « … cela est meilleur pour lui auprès de son Seigneur » (v. 30), elle signifie que la vénération est pour lui, auprès de son Seigneur, meilleure que la négligence de l’une quelconque de ces sacralités. Certains ont dit : cette vénération est un bien supérieur à ses autres bienfaits dont il tire profit ; il ne s’agit donc pas d’un terme de comparaison mais plutôt d’une promesse de bien.
Deuxième point : Sa parole : « Les bestiaux vous ont été rendus licites » (v. 30), c’est-à-dire qu’il vous est permis d’en manger ; il s’agit des chameaux, des bovins et des ovins. « Sauf ce qui vous est récité » : c’est-à-dire ce que le Livre a déclaré illicite, comme la bête morte, la bête assommée, et leurs semblables. Ce passage s’articule avec la question du ḥajj, puisqu’il y est procédé à l’immolation ; Allah précise donc ce qu’il est licite de sacrifier et de consommer. D’aucuns ont soutenu que l’exception se poursuit ainsi : « … sauf ce qui vous est récité, à savoir la chasse, tant que vous êtes en état de sacralisation ».
Troisième point : Sa parole : « Écartez-vous de l’abomination des idoles » (v. 30). Le terme rijs désigne une chose immonde. Quant à l’idole (wathan), c’est une statue de bois, de fer, d’or, d’argent ou semblable que les Arabes érigeaient et adoraient. Les chrétiens dressent la croix, l’adorent et la vénèrent ; elle tient donc lieu elle aussi de statue. ʿAdiyy ibn Ḥātim rapporte : « Je vins trouver le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – portant à mon cou une croix d’or ; il me dit : “Ôte de toi cette idole !” », c’est-à-dire la croix. Le verbe wathana signifie « installer (quelque chose) à sa place », et la statue est nommée wathan parce qu’elle est dressée et plantée à un endroit sans jamais en bouger. Le verset veut donc dire : « Évitez l’adoration des idoles », comme l’ont rapporté Ibn ʿAbbās et Ibn Jurayj. Il les a qualifiées de rijs parce qu’elles sont cause du rizq, c’est-à-dire du châtiment.
Il a aussi été dit qu’Il les a décrites comme rijs, c’est-à-dire impures ; elles sont donc légalement impures. Or l’impureté n’est pas une caractéristique intrinsèque des objets ; elle est une qualification juridique liée aux prescriptions de la foi, et elle ne disparaît que par la foi, tout comme la purification ne se réalise que par l’eau.
Quatrième point : la particule « min » dans l’expression « min al-awthān » (v. 30) a été comprise comme clarifiant l’espèce ; ainsi l’interdiction ne vise que l’abomination propre aux idoles, tandis que l’interdiction des autres abominations se trouve ailleurs. Elle peut aussi marquer le point de départ : comme s’Il leur interdisait l’abomination de façon générale, puis leur précisait l’origine de celle-ci, à savoir l’adoration des idoles, laquelle concentre toute corruption et toute souillure. Quant à celui qui prétend que « min » exprime la partitive, il altère et corrompt le sens du verset.