Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le tawâf d’entrée, lorsqu’il est suivi du sa‘iy, tient lieu de tawâf al-ifâḍa pour celui qui est rentré dans son pays après l’avoir accompli avec son offrande sacrificielle (al-hady), tout comme le tawâf al-ifâḍa assorti du sa‘iy tient lieu de tawâf al-qudûm pour celui qui, à son arrivée à La Mecque avec son hady, n’avait ni tourné autour de la Maison ni parcouru le sa‘iy.

Et ceux qui avancent cette opinion disent : si l’on a qualifié de « obligatoire » le tawâf d’entrée et le tawâf al-ifâḍa, c’est parce que chacun d’eux peut se substituer à l’autre ; de plus, il est rapporté de Mâlik qu’une personne qui a omis l’un des deux doit revenir de son pays, comme nous l’avons mentionné. En outre, Allāh – Exalté soit-Il – n’a imposé au pèlerin qu’un seul tawâf, selon Sa parole : « Et proclame aux gens le pèlerinage » (al-Ḥajj, 27), puis, dans la continuité du verset : « … et qu’ils tournent autour de la Maison ancienne ». Or, la conjonction « wa » dans ce verset – comme dans d’autres – n’implique pas, selon eux, un ordre chronologique, sauf preuve textuelle.

Aṭ-Ṭabarī rapporte, avec sa chaîne, d’‘Amr b. Abī Salama : « J’ai interrogé Zuhayr au sujet de la parole du Très-Haut : “… et qu’ils tournent autour de la Maison ancienne”, et il répondit : “Il s’agit du tawâf d’adieu.” » Cela prouve qu’il est obligatoire ; tel est l’un des deux avis rapportés d’aš-Šâfi‘ī, car le Prophète – paix et bénédictions sur lui – a accordé une dispense à la femme réglée de partir sans l’accomplir, or on ne dispense que d’une obligation.

Vingt-troisième point : les exégètes ont divergé sur le sens de la qualification de la Maison par « al-‘atīq ».

– Mujâhid et al-Ḥasan disent : al-‘atīq signifie « ancien ». On dit : « sayfun ‘atīq » (une épée ancienne) ; « ‘atiqa » c’est-à-dire « qaduma » (elle est ancienne). Cette opinion est corroborée par la raison, et il est authentiquement rapporté (dans le Ṣaḥīḥ) que la Ka‘ba est « la première mosquée posée sur terre ».

– Il a aussi été dit : elle est appelée « ‘atīq » parce qu’Allāh l’a affranchie (a‘taqahā) de tout tyran qui aurait voulu porter atteinte à sa dignité jusqu’à la fin des temps ; c’est l’explication donnée par Ibn az-Zubayr et Mujâhid.

Dans le Sunan at-Tirmidhī, d’après ‘Abd Allāh b. az-Zubayr, le Messager d’Allāh – paix et bénédictions sur lui – a dit : « La Maison a été appelée al-‘atīq parce qu’aucun tyran ne l’a jamais dominée. » At-Tirmidhī dit : « Ḥadîth bon et authentique. » Il en existe également une version mursal attribuée au Prophète – paix sur lui.

Si d’aucuns invoquent le cas d’al-Ḥajjâj b. Yûsuf, qui dressa les catapultes contre la Ka‘ba au point de l’endommager, on leur répondra : elle n’a été affranchie que des tyrans mécréants. Ceux-ci, lorsqu’ils viennent eux-mêmes, rebelles, sans croire à la sacralité de la Maison et qu’ils visent la Ka‘ba avec de mauvaises intentions, celle-ci est préservée d’eux et leurs mains ne l’atteignent pas ; cela indique qu’Allāh – Glorifié soit-Il – les en a détournés par contrainte. Quant aux musulmans qui reconnaissent sa sacralité, s’ils s’abstiennent de l’endommager, cela ne manifeste pas sa place auprès d’Allāh comme le ferait le détournement des ennemis. Aussi Allāh – Très-Haut – a-t-Il limité cette catégorie (les croyants) à l’interdiction et à la menace, sans aller jusqu’à les contraindre par la force et la nécessité.

الدُّخُولِ مَعَ السَّعْيِ يَنُوبُ عَنْ طَوَافِ الْإِفَاضَةِ لِمَنْ رَجَعَ إِلَى بَلَدِهِ مَعَ الْهَدْيِ، كَمَا يَنُوبُ طَوَافُ الْإِفَاضَةِ مَعَ السَّعْيِ لِمَنْ لَمْ يَطُفْ وَلَمْ يَسْعَ حِينَ دُخُولِهِ مَكَّةَ مَعَ الْهَدْيِ أَيْضًا عَنْ طَوَافِ الْقُدُومِ. وَمَنْ قَالَ هَذَا قَالَ: إِنَّمَا قِيلَ لِطَوَافِ الدُّخُولِ وَاجِبٌ وَلِطَوَافِ الْإِفَاضَةِ وَاجِبٌ لِأَنَّ بَعْضَهُمَا، يَنُوبُ عَنْ بَعْضٍ، وَلِأَنَّهُ قَدْ رُوِيَ عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ يَرْجِعُ مَنْ نَسِيَ أَحَدَهُمَا مِنْ بَلَدِهِ عَلَى مَا ذَكَرْنَا، وَلِأَنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ لَمْ يَفْتَرِضْ عَلَى الْحَاجِّ إِلَّا طَوَافًا وَاحِدًا بِقَوْلِهِ: " وَأَذِّنْ فِي النَّاسِ بِالْحَجِّ" ، وَقَالَ فِي سِيَاقِ الْآيَةِ: " وَلْيَطَّوَّفُوا بِالْبَيْتِ الْعَتِيقِ" وَالْوَاوُ عِنْدَهُمْ فِي هَذِهِ الْآيَةِ وَغَيْرِهَا لَا تُوجِبُ رُتْبَةً إِلَّا بتوقيف. وأسند الطبري عن عمرو ابن أَبِي سَلَمَةَ قَالَ: سَأَلْتُ زُهَيْرًا عَنْ قَوْلِهِ تَعَالَى: " وَلْيَطَّوَّفُوا بِالْبَيْتِ الْعَتِيقِ" فَقَالَ: هُوَ طَوَافُ الْوَدَاعِ. وَهَذَا يَدُلُّ عَلَى أَنَّهُ وَاجِبٌ، وَهُوَ أَحَدُ قَوْلَيِ الشَّافِعِيِّ، لِأَنَّهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ رَخَّصَ لِلْحَائِضِ أَنْ تَنْفِرَ دُونَ أَنْ تَطُوفَهُ، وَلَا يُرَخَّصُ إِلَّا فِي الْوَاجِبِ. الثَّالِثَةُ وَالْعِشْرُونَ- اخْتَلَفَ الْمُتَأَوِّلُونَ فِي وَجْهِ صِفَةِ الْبَيْتِ بِالْعَتِيقِ، فَقَالَ مُجَاهِدٌ وَالْحَسَنُ: الْعَتِيقُ الْقَدِيمُ. يُقَالُ: سَيْفٌ عَتِيقٌ، وَقَدْ عَتُقَ أَيْ قَدُمَ، وَهَذَا قَوْلٌ يُعَضِّدُهُ النَّظَرُ. وَفِي الصَّحِيحِ (أَنَّهُ أَوَّلُ مَسْجِدٍ وُضِعَ فِي الْأَرْضِ) . وَقِيلَ: عَتِيقًا لِأَنَّ اللَّهَ أَعْتَقَهُ مِنْ أَنْ يَتَسَلَّطَ عَلَيْهِ جَبَّارٌ بِالْهَوَانِ إِلَى انْقِضَاءِ الزَّمَانِ، قَالَ مَعْنَاهُ ابْنُ الزُّبَيْرِ وَمُجَاهِدٌ. وَفِي التِّرْمِذِيِّ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الزُّبَيْرِ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (إِنَّمَا سُمِّيَ الْبَيْتُ الْعَتِيقَ لِأَنَّهُ لَمْ يَظْهَرْ عَلَيْهِ جَبَّارٌ) قَالَ: هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ «١» ، وَقَدْ رُوِيَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُرْسَلًا. فَإِنْ ذَكَرَ ذَاكِرٌ الْحَجَّاجَ بْنَ يُوسُفَ وَنَصْبَهُ الْمَنْجَنِيقَ عَلَى الْكَعْبَةِ حَتَّى كَسَّرَهَا قِيلَ لَهُ: إِنَّمَا أَعْتَقَهَا عَنْ كُفَّارِ الْجَبَابِرَةِ، لِأَنَّهُمْ إِذَا أَتَوْا بِأَنْفُسِهِمْ مُتَمَرِّدِينَ وَلِحُرْمَةِ الْبَيْتِ غَيْرَ مُعْتَقِدِينَ، وَقَصَدُوا الْكَعْبَةَ بِالسُّوءِ فَعُصِمَتْ مِنْهُمْ وَلَمْ تَنَلْهَا أَيْدِيهِمْ، كَانَ ذَلِكَ دَلَالَةً عَلَى أَنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ صَرَفَهُمْ عَنْهَا قَسْرًا. فَأَمَّا الْمُسْلِمُونَ الَّذِينَ اعْتَقَدُوا حُرْمَتَهَا فَإِنَّهُمْ إِنْ كَفُّوا عَنْهَا لَمْ يَكُنْ فِي ذَلِكَ مِنَ الدَّلَالَةِ عَلَى مَنْزِلَتِهَا عِنْدَ اللَّهِ مِثْلُ مَا يَكُونُ مِنْهَا فِي كَفِّ الْأَعْدَاءِ، فَقَصَرَ اللَّهُ تَعَالَى هَذِهِ الطَّائِفَةَ عَنِ الْكَفِّ بِالنَّهْيِ وَالْوَعِيدِ، وَلَمْ يَتَجَاوَزْهُ إِلَى الصَّرْفِ بِالْإِلْجَاءِ وَالِاضْطِرَارِ،
(١). في ب وج وط وك: عريب.

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