Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il s’agit, en effet, de se couper les ongles, de tailler la moustache et, d’une manière générale, de mettre un terme à tout ce qui est interdit à la personne en état d’iḥrām, à l’exception du mariage.

Il ajouta : « Aucun vers poétique recevable à titre de preuve n’a été rapporté sur ce point. »

L’auteur du dictionnaire Al-‘Ayn affirme : « Le “tafath” consiste en la lapidation (des Jamarāt), le rasage, la coupe courte des cheveux, l’immolation, la coupe des ongles, le taillage de la moustache et l’épilation des aisselles. » Az-Zajjāj et Al-Farrā’ ont rapporté un propos similaire ; il me semble qu’ils ne l’ont retenu que des propos des savants.

Qutrub dit : « On dira d’un homme “tafitha” lorsque la saleté qui le couvre devient abondante. »

Et ʾUmayya b. Abī ṣ-Ṣalt a dit :
« Ils ont lissé leurs têtes sans raser leur “tafath”,
et n’ont pas ôté de sur eux poux ni lentes. »

L’explication vers laquelle Qutrub a fait allusion est celle qu’Ibn Wahb rapporte de Mālik ; c’est l’opinion correcte concernant le « tafath ». Voilà pour l’aspect purement linguistique de l’abandon du « tafath ». Quant à sa réalité juridique : lorsque le pèlerin ou le ‘umrah-performant a immolé sa bête sacrificielle, s’est rasé la tête, a ôté sa crasse, s’est purifié, s’est nettoyé, puis s’est rhabillé, il a alors éliminé son « tafath » et acquitté son vœu ; ce dernier étant tout engagement que la personne s’est imposé et auquel elle s’est astreinte.

Je dis : Ce qu’il a rapporté de Qutrub ainsi que le vers cité se trouvent également dans l’exégèse d’Al-Māwardī ; celui-ci mentionne encore un autre hémistiche :
« Ils ont accompli leur tafath et leur vœu, puis sont partis…
vers Najd, sans attendre ‘Aliyy. »

Aṯ-Tha‘labī dit : « À l’origine, le mot “tafath” signifie la saleté ; les Arabes, lorsqu’ils trouvent un homme répugnant, s’exclament : “Mā atfathaka !”, c’est-à-dire : “Que tu es sale et répugnant !” »

Et ʾUmayya b. Abī ṣ-Ṣalt a également dit :
« Le dessous de leurs aisselles brûlant de chaleur, ils n’ont pas rejeté leur tafath…
ni retiré de sur eux poux ni lentes. »

Al-Māwardī rapporte encore qu’on demanda à l’un des vertueux : « Quel est donc le sens de la chevelure éparse du pèlerin ? » Il répondit : « Afin qu’Allah — Très-Haut — soit témoin de ton détachement des soins corporels, et qu’Il voie ainsi la sincérité avec laquelle tu t’offres à Son obéissance. »

Vingt-et-unième point
« Et qu’ils accomplissent leurs vœux. » Ils ont été enjoints d’honorer leurs vœux de manière absolue, sauf si le contenu constitue une désobéissance, conformément à la parole du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue :
« Il n’y a point d’accomplissement d’un vœu qui implique la désobéissance à Allah »,
et à sa parole :
« Quiconque a fait vœu d’obéir à Allah, qu’il Lui obéisse ; et quiconque a fait vœu de Lui désobéir, qu’il ne désobéisse pas. »

« Et qu’ils tournent autour de la Maison Ancienne. »
Le ṭawāf mentionné dans ce verset est le Ṭawāf al-Ifāḍa, qui compte parmi les obligations du ḥajj.

At-Ṭabarī a dit : « Il n’existe à ce sujet aucune divergence entre les exégètes. »

إِنَّهُ قَصُّ الْأَظْفَارِ وَأَخْذُ الشَّارِبِ وَكُلُّ مَا يَحْرُمُ عَلَى الْمُحْرِمِ إِلَّا النِّكَاحَ. قَالَ: وَلَمْ يجئ فِيهِ شِعْرٌ يُحْتَجُّ بِهِ. وَقَالَ صَاحِبُ الْعَيْنِ: التَّفَثُ هُوَ الرَّمْيُ وَالْحَلْقُ وَالتَّقْصِيرُ وَالذَّبْحُ وَقَصُّ الْأَظْفَارِ وَالشَّارِبِ وَالْإِبْطِ. وَذَكَرَ الزَّجَّاجُ وَالْفَرَّاءُ نَحْوَهُ، وَلَا أَرَاهُ أَخَذُوهُ إِلَّا مِنْ قَوْلِ الْعُلَمَاءِ. وَقَالَ قُطْرُبٌ: تَفِثَ الرَّجُلُ إِذَا كَثُرَ وَسَخُهُ. قال أمية بن أبي الصلت: حفوا رؤوسهم لَمْ يَحْلِقُوا تَفَثًا ... وَلَمْ يَسُلُّوا لَهُمْ قَمْلًا وَصِئْبَانَا وَمَا أَشَارَ إِلَيْهِ قُطْرُبٌ هُوَ الَّذِي قاله ابْنُ وَهْبٍ عَنْ مَالِكٍ، وَهُوَ الصَّحِيحُ فِي التَّفَثِ. وَهَذِهِ صُورَةُ إِلْقَاءِ التَّفَثِ لُغَةً، وَأَمَّا حَقِيقَتُهُ الشَّرْعِيَّةُ فَإِذَا نَحَرَ الْحَاجُّ أَوِ الْمُعْتَمِرُ هَدْيَهُ وَحَلَقَ رَأْسَهُ وَأَزَالَ وَسَخَهُ وَتَطَهَّرَ وَتَنَقَّى وَلَبِسَ فَقَدْ أَزَالَ تَفَثَهُ وَوَفَّى نَذْرَهُ، وَالنَّذْرُ مَا لَزِمَ الْإِنْسَانَ وَالْتَزَمَهُ. قُلْتُ: مَا حَكَاهُ عَنْ قُطْرُبٍ وَذَكَرَ مِنَ الشِّعْرِ قَدْ ذَكَرَهُ فِي تَفْسِيرِهِ الْمَاوَرْدِيُّ. وَذَكَرَ بَيْتًا آخَرَ فَقَالَ: قَضَوْا تَفَثًا وَنَحْبًا «١» ثُمَّ سَارُوا ... إِلَى نَجْدٍ وَمَا انْتَظَرُوا عَلِيَّا وَقَالَ الثَّعْلَبِيُّ: وَأَصْلُ التَّفَثِ فِي اللُّغَةِ الْوَسَخُ، تَقُولُ الْعَرَبُ لِلرَّجُلِ تَسْتَقْذِرُهُ: مَا أَتْفَثَكَ أَيْ مَا أَوْسَخَكَ وَأَقْذَرَكَ. قَالَ أُمَيَّةُ بْنُ أَبِي الصَّلْتِ: سَاخِّينَ «٢» آبَاطَهُمْ لَمْ يَقْذِفُوا تَفَثًا ... وَيَنْزِعُوا عَنْهُمْ قَمْلًا وَصِئْبَانَا الْمَاوَرْدِيُّ: قِيلَ لِبَعْضِ الصُّلَحَاءِ: مَا الْمَعْنَى فِي شَعَثِ الْمُحْرِمِ؟ قَالَ: لِيَشْهَدَ اللَّهُ تَعَالَى مِنْكَ الْإِعْرَاضَ عَنِ الْعِنَايَةِ بِنَفْسِكَ فَيَعْلَمَ صِدْقَكَ فِي بَذْلِهَا لِطَاعَتِهِ. الْحَادِيَةُ وَالْعِشْرُونَ- (وَلْيُوفُوا نُذُورَهُمْ) أُمِرُوا بِوَفَاءِ النَّذْرِ مُطْلَقًا إِلَّا مَا كَانَ مَعْصِيَةً، لِقَوْلِهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (لَا وَفَاءَ لِنَذْرٍ فِي مَعْصِيَةِ اللَّهِ) ، وَقَوْلُهُ: (مَنْ نَذَرَ أَنْ يُطِيعَ اللَّهَ فَلْيُطِعْهُ وَمَنْ نَذَرَ أَنْ يَعْصِيَهُ فَلَا يَعْصِهِ) . (وَلْيَطَّوَّفُوا بِالْبَيْتِ الْعَتِيقِ) الطَّوَافُ الْمَذْكُورُ فِي هَذِهِ الْآيَةِ هُوَ طَوَافُ الْإِفَاضَةِ الَّذِي هُوَ مِنْ وَاجِبَاتِ الْحَجِّ. قَالَ الطَّبَرِيُّ: لَا خِلَافَ بَيْنِ المتأولين في ذلك.
(١). من معاني النحب: الحاجة والنذر. (٢). ساخين: تاركين.

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