Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quatorzièmement : La plupart des savants estiment qu’il est recommandé de faire aumône d’un tiers, de servir un tiers en nourriture, et que lui-même ainsi que sa famille consomment le tiers restant.

Ibn al-Qâsim rapporte de l’imâm Mâlik : « Pour les bêtes sacrifiées, nous ne connaissons pas de part déterminée et définie. »

Mâlik dit encore dans son propos : « Il m’est parvenu d’Ibn Masʿûd, mais l’usage ne s’appuie pas sur cet avis. »

Al-Bukhârî et Abû Dâwûd rapportent que le Messager d’Allâh – qu’Allâh le bénisse et le salue – immola une brebis puis dit : « Ô Thawbân, apprête la viande de cette brebis. » Thawbân dit : « Je n’ai cessé de lui en servir jusqu’à ce qu’il arrivât à Médine. » Ceci constitue un texte explicite touchant à l’obligation (de la consommation).

Les propos de l’imâm ash-Shâfiʿî divergent à ce sujet ; une fois, il affirma : « Il en mange la moitié et en fait aumône de l’autre moitié », en se fondant sur la parole du Très-Haut : « Mangez-en donc et faites en manger le besogneux pauvre », où deux catégories sont mentionnées.

Une autre fois, il déclara : « Il en mange un tiers, en offre un tiers et en nourrit un tiers », conformément à la parole du Très-Haut : « Mangez-en donc et faites en manger le résigné et le nécessiteux qui se présente » (Al-Hajj, 36), où trois catégories sont évoquées.

Quinzièmement : Le voyageur est concerné par la prescription de l’uḍḥiyya au même titre que le résident, car le principe veut que l’adresse légale soit générale ; tel est l’avis de l’ensemble des savants. Abû Ḥanîfa, an-Nakhaʿî – et il en est rapporté quelque chose de semblable d’Alî – s’y sont opposés, mais le hadith constitue une preuve contre eux.

Mâlik excepte, parmi les voyageurs, le pèlerin séjournant à Minâ : il ne lui voit pas l’obligation de l’uḍḥiyya ; c’est aussi l’avis d’an-Nakhaʿî. Il en est rapporté la même chose des deux califes Abû Bakr et ʿUmar ainsi que d’un groupe de pieux prédécesseurs – qu’Allâh les agrée –, car le pèlerin est originellement interpellé par le hady ; s’il souhaite sacrifier, il le considère comme un hady. Quant aux non-pèlerins, ils ont été enjoints au sacrifice pour ressembler aux gens de Minâ et obtenir ainsi une part de leur récompense.

Seizièmement : Les savants ont divergé, au sujet de la conservation (de la viande), en quatre opinions. Il est authentiquement rapporté d’Alî et d’Ibn ʿUmar – qu’Allâh les agrée – qu’il n’est pas permis de conserver la viande des sacrifices au-delà de trois jours ; ils l’ont attribué au Prophète – qu’Allâh le bénisse et le salue –, comme on le verra.

Un groupe a dit : L’interdiction de conserver est abrogée ; il est donc permis de la garder aussi longtemps qu’on le veut. C’est l’avis d’Abû Saʿîd al-Khuḍrî et de Burayda al-Aslamî.

Un autre groupe a déclaré : Il est permis d’en manger en toute circonstance.

Un quatrième groupe a affirmé : S’il existe un besoin réel des gens pour cette viande, il n’est pas permis de la conserver, car l’interdiction n’avait été établie qu’à cause d’une raison, conformément à la parole du Prophète – paix et salut sur lui – : « Je ne vous en ai interdit la conservation qu’à cause de la troupe (dâffa) qui est arrivée. » Lorsque cette cause disparaît, l’interdiction primitive disparaît aussi, non point par abrogation mais par disparition de son motif.

De là naît une question usûlienne, à savoir :

الرَّابِعَةَ عَشْرَةَ- ذَهَبَ أَكْثَرُ الْعُلَمَاءِ إِلَى أَنَّهُ يُسْتَحَبُّ أَنْ يَتَصَدَّقَ بِالثُّلُثِ وَيُطْعِمَ الثُّلُثَ وَيَأْكُلَ هُوَ وَأَهْلُهُ الثُّلُثَ. وَقَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ عَنْ مَالِكٍ: لَيْسَ عِنْدَنَا فِي الضَّحَايَا قَسْمٌ مَعْلُومٌ مَوْصُوفٌ. قَالَ مَالِكٌ فِي حَدِيثِهِ: وَبَلَغَنِي عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ، وَلَيْسَ عَلَيْهِ الْعَمَلُ. رَوَى الصَّحِيحَ وَأَبُو دَاوُدَ قَالَ: ضَحَّى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِشَاةٍ ثُمَّ قَالَ: (يَا ثَوْبَانُ، أَصْلِحْ لَحْمَ هَذِهِ الشَّاةِ) قَالَ: فَمَا زِلْتُ أُطْعِمُهُ مِنْهَا حَتَّى قَدِمَ الْمَدِينَةَ. وَهَذَا نَصٌّ فِي الْفَرْضِ. وَاخْتَلَفَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ، فَمَرَّةً قَالَ: يَأْكُلُ النِّصْفَ وَيَتَصَدَّقُ بِالنِّصْفِ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: " فَكُلُوا مِنْها وَأَطْعِمُوا الْبائِسَ الْفَقِيرَ" فَذَكَرَ شَخْصَيْنِ. وَقَالَ مُرَّةُ: يَأْكُلُ ثُلُثًا وَيُهْدِي ثُلُثًا وَيُطْعِمُ ثُلُثًا، لِقَوْلِهِ تَعَالَى: " فَكُلُوا مِنْها وَأَطْعِمُوا الْقانِعَ وَالْمُعْتَرَّ" [الحج: ٣٦] فَذَكَرَ ثَلَاثَةً. الْخَامِسَةَ عَشْرَةَ- الْمُسَافِرُ يُخَاطَبُ بِالْأُضْحِيَّةِ كَمَا يُخَاطَبُ بِهَا الْحَاضِرُ، إِذِ الْأَصْلُ عُمُومُ الْخِطَابِ بِهَا، وَهُوَ قَوْلُ كَافَّةِ الْعُلَمَاءِ. وَخَالَفَ فِي ذَلِكَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالنَّخَعِيُّ، وَرُوِيَ عَنْ عَلِيٍّ، وَالْحَدِيثُ حُجَّةٌ عَلَيْهِمْ. وَاسْتَثْنَى مَالِكٌ مِنَ الْمُسَافِرِينَ الْحَاجَّ بِمِنًى، فَلَمْ يَرَ عَلَيْهِ أُضْحِيَّةً، وَبِهِ قَالَ النَّخَعِيُّ. وَرُوِيَ ذَلِكَ عَنِ الْخَلِيفَتَيْنِ أَبِي بَكْرٍ وَعُمَرَ وَجَمَاعَةٍ مِنَ السَّلَفِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ، لِأَنَّ الْحَاجَّ إِنَّمَا هُوَ مُخَاطَبٌ فِي الْأَصْلِ بِالْهَدْيِ. فَإِذَا أَرَادَ أَنْ يُضَحِّيَ جَعَلَهُ هَدْيًا، وَالنَّاسُ غَيْرُ الْحَاجِّ إِنَّمَا أُمِرُوا بِالْأُضْحِيَّةِ لِيَتَشَبَّهُوا بِأَهْلِ مِنًى فَيَحْصُلُ لَهُمْ حَظٌّ مِنْ أَجْرِهِمْ. السَّادِسَةَ عَشْرَةَ- اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي الِادِّخَارِ عَلَى أَرْبَعَةِ أَقْوَالٍ. رُوِيَ عَنْ عَلِيٍّ وَابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا مِنْ وَجْهٍ صَحِيحٍ أَنَّهُ لَا يُدَّخَرُ مِنَ الضَّحَايَا بَعْدَ ثَلَاثٍ. وَرَوَيَاهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَسَيَأْتِي. وَقَالَتْ جَمَاعَةٌ: مَا رُوِيَ مِنَ النَّهْيِ عَنِ الِادِّخَارِ مَنْسُوخٌ، فَيَدَّخِرُ إِلَى أَيِّ وَقْتٍ أَحَبَّ. وَبِهِ قَالَ أَبُو سَعِيدٍ الْخُدْرِيُّ وَبُرَيْدَةُ الْأَسْلَمِيُّ. وَقَالَتْ فِرْقَةٌ: يَجُوزُ الْأَكْلُ مِنْهَا مُطْلَقًا. وَقَالَتْ طَائِفَةٌ: إِنْ كَانَتْ بِالنَّاسِ حَاجَةٌ إِلَيْهَا فَلَا يُدَّخَرُ، لِأَنَّ النَّهْيَ إِنَّمَا كَانَ لِعِلَّةٍ وَهِيَ قَوْلُهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (إِنَّمَا نَهَيْتُكُمْ مِنْ أَجْلِ الدَّافَّةِ الَّتِي دَفَّتْ) «١» وَلَمَّا ارْتَفَعَتِ ارْتَفَعَ الْمَنْعُ الْمُتَقَدِّمُ لِارْتِفَاعِ مُوجِبِهِ، لَا لِأَنَّهُ منسوخ. وتنشأ هنا مسألة أصولية وهى:
(١). الدافة: القوم يسيرون جماعة سيرا ليس بالشديد. والدافة: قوم من الاعراب يريدون المصر، يريد أنهم قوم قدموا المدينة عند الأضحى، فنهاهم عن ادخار لحوم الأضاحي ليفرقوها ويتصدفوا بها فينتفع أولئك القادمون بها. (ابن الأثير).

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